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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /2009 13:25
Not for tourist Paris déménage!

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Laure et Peter
Par laure dasinieres et Peter K.
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 17:42

Avec la mode de la folk planante, on voit passer beaucoup d'instruments insolites, obsolètes, bricolés ou hybrides. Dent May lui a choisi de prendre à contre-pied le cliché du rocker virile avec sa veste en cuir et sa grosse Gibson : chanteur et frontman, il met le ukulele au coeur de sa musique. Il renoue ainsi avec les Beach Boys, influence principale du groupe. Avec son look de premier de la classe coincé et binoclard, on ne pourra pas l'accuser d'être une fashion victim.

Le nom du groupe est un peu ingrat, car si Dent May est accompagné par son fidèle ukulele, il l'est surtout par trois gaillards plus que compétents. Non seulement arrivent à jouer de la pop avec une énergie rock et du rythme, ils assurent aussi des choeurs très réussis (encore une fois l'influence Beach Boys). Les compositions sont simples et élégantes, Dent May n'a pas une voix ravissante mais une fois bien échauffé il nous prouvera par quelques envolées qu'il maîtrise très bien son sujet.

Idéale pour une soirée d'été écrasante de chaleur, la pop élégante de Dent May et de son groupe puise dans le répertoire des fifties radiophoniques, boys bands, crooners, chansons d'amour et même quart d'heure américain, avec même un slow bien trop guimauve. Le line-up est minimaliste (ukulele/guitare sèche / basse / batterie ), la musique est nettement enrichie par les choeurs. Toutefois leurs morceaux les plus rock et les plus rythmés restent de loin les plus intéressants sur scène. En tout cas, ça groove bien, et encore une fois les anglo-saxons donnent une bonne leçon de pop à la scène française, nous rappelant qu'on peut faire des morceaux très énergiques et mélodiquement riches avec deux bouts de ficelle et pas mal de boulot d'écriture. Leur public est au rendez-vous, et les deux premiers rangs sont composés de groupies.

Si on apprécie la qualité de leurs compositions, c'est justement la richesse mélodique, la préciosité et cette obsession pour les chansonsettes d'amour qui, pour nous, plombera un peu leur performance. Car s'il joue clairement la carte du romantique, Dent May franchit parfois la ligne du ridicule en voulant en faire trop. Un peu de retenue et de sobriété n'aurait pas nui au résultat final. D'autant qu'en voyant ce sosie de Woody Allen danser avec son ukulele, on se demande s'il croit vraiment à son personnage de crooner enamouré... Dent May et son équipe ont beaucoup de talent, mais ils pourraient apprendre quelques trucs d'un Jack Johnson ou d'un Ben Harper.
Par Peter K. - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 13:26
En voyant arriver sur scène, après un interminable changement de plateau du à une lourde machinerie à installer, on voit mal comment le duo canadien Junior Boys, flanqué pour l'occasion d'un batteur hardeux vêtu d'un t-shirt Iron Maiden va remplir le contrat d'une électro pop romantique et fine ainsi que stipulée sur les annonces du concert. Chemise à carreaux et allure d'acteur de buddy movie pour l'un, look et attitude ultra testostéronée pour l'autre.
On s'attend plus à du gros son lourd et qui tâche. Pourtant, il suffit que Jeremy Greenspam commence à chanter pour que le "l'habit ne fait pas le moine" trouve une illustration parfaite.
Aussi ouaté que dansant, fondamentalement ancré dans des racines très 80's, marqué par des arrangements soignés et une certaine fluidité, le son des Junior Boys fait dans la dentelle et tisse des morceaux en demi teinte, positivo mélancoliques, prompts à nous bercer dans la torpeur estivale.
Un cocon en effet que ces morceaux constituent.
Accueillants et familiers, quoique sans grande originalité, on se plaît un moment à se laisser porter par des morceaux au groove ralenti, sans à coup, enveloppants, assez typiques d'une white (wasp?) disco FM, travaillée et propre sur elle.
Lisse, quoiqu'osant une certaine forme de lyrisme dans des envolées de falseto alternant avec des instants de suavité, le chant a quelque chose de précieux, classieux mais ne parvient pas à susciter l'émotion.
On admire la cohérence de l'ensemble, le soin porté au détail, la minutie des compositions, la joliesse du tout. Mais au bout de quelques morceaux, le coup du revival 80's un rien guimauve (on en vient à tisser des comparaisons avec Jimmy Sommerville, c'est dire) lasse et ce ne sont pas les quelques blagues prononcées entre les chansons qui donnent du pep's à l'ensemble. On voudrait que ça décolle, on voudrait moins de superficialité et davantage de ressenti... Malgré quelques nappes électroniques plus puissantes, on reste au niveau de la mer (oui, voilà, les pieds dans le sable, plage pour habitants de marina tropézienne sirotant cocktails au curaçao)
A trop flirter avec le kitsch romantique, Junior Boys l'étreint, l'embrasse (et se roule dans le sable avec lui). Ca a beau être bien joli, presque élégiaque, cette sucrerie synth pop finit par écoeurer plutôt que d'accroître notre gourmandise. On n'attendra pas les rappels. Pour citer Desproges,  "il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche: quand on en abuse, ça fait mal au coeur. ".
Au jeu de la bluette électronique, on vous recommande bien plus l'autrement plus talentueux et investi, James Yuil.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 10:55
Au plus profond de mon subconscient, un chat énorme avec des phares vissés sur la queue s'apprête a dévorer mon élevage de chevaux nains, je me réveille en sursaut, hélas un peu tard pour sauver mes amis équins. C'est l'heure du petit déjeuner de festivalier, riche en sucres lents et en sucres. Aujourd'hui grosse journée avec concerts non-stop de 16h à 4h, avec deux sites, le palais du grand large et le fort de St Père.

Sur la scène marque-de-téléphone, un groupe de folk ambiance la foule du dimanche à St-Malo, on croise la grande cantatrice Radite (artiste parisianorennaise) devant la scène qui nous explique qu'elle est encore très perplexe après avoir vu My Bloody Valentine en vrai mais que tant qu'il font quelque chose en laquelle ils croient il faut les respecter. Après le micro intermède folk, direction le palais du grand large, qui est le deuxième 'grand' site du festival où ont lieu des concerts et des conférences l'après-midi. La salle est en fait une sorte de grand amphithéâtre, où le public est assis (et il ya des boutons sur les accoudoirs, sans doute pour piloter le vaisseau spatial).

Sur la scène, des machines et des éléments de batterie, le matériel du premier groupe, le duo de Brooklyn, Telepathe (se prononce telepati).
Les deux filles arrivent sur scène, look 80's, et elle commencent leur set, un mélange de drone de shoegazing et d'électro. Elles ont un gros son et elles chantent toutes les deux avec des voix de souris, qui se croisent et se répondent. Elles enchainent très vite les morceaux, sans pause, je suis bien bercé par leurs voix et leurs rythmiques répétitives.
Dans un état second, je vois cependant un étrange petit bonhomme avec une casquette et un sac à dos s'agiter dans les coulisses, on en reparlera tout à l'heure.

Le concert passe assez vite, pour le dernier morceau, n'y tenant plus une des filles demande au public de se lever pour danser un peu, ce que le public fait assez volontiers car leur chanson finale est plus dansante.

Dés la fin du concert, les techniciens s'affairent pour installer le matériel de Gang Gang Dance le dernier groupe. Le petit bonhomme des coulisses est survolté et semble diriger le placement des instruments selon un plan établi, il virevolte autour de la scène essaie de soulever des retours (mais abandonne rapidement en manquant de périr écrasé).

Un émule d'Eric Serra installe sa guitare, qui est branchée sur de gros synthétiseurs en racks, on va avoir droit à de la guitare midi, ô joie. Il y aussi une batterie avec des pads et un mur de synthés pour compléter le tableau. Le groupe entre sur scène, la chanteuse et le batteur font des étirements, tels des coureurs de 400m. Le concert commence par un très longue intro bruitiste, puis le morceau commence, belle surprise, le mélange de rock et d'électro des américains est super efficace, et on tape tous du pied en rythme.
Début du deuxième morceau, le petit bonhomme de tout à l'heure revient sur scène avec son ticheurte sur la tête, le grand Cornholio, il fait le tour de la scène pendant que le groupe joue et semble les bénir tous (il doit être là pour apaiser Poséidon, qui demande des âmes fraîches pour son goûter). Puis visiblement fatigué, il s'assoit à coté de la batterie pour méditer. La musique de Gang Gang Dance est très inspirée par les musiques tribales et primitives, très percusive, on comprend pourquoi la chanteuse et le batteur ont fait des étirements, une sorte de shoegazing tribal, de la bonne musique de hippies quoi. Les morceaux s'enchainent rapidement, toujours très répétitifs et hypnotiques. Après avoir disparu de scène pendant un petit moment, le grand Cornholio, qui est en fait le 'conseiller spirituel' du groupe revient sur scène muni d'un drapeau confectionné au moyen d'un manche de balai et d'un rouleau de sac poubelles et entreprend une chorégraphie inspirée par les ballets chinois pendant toute la fin du concert et pendant le rappel.

On quitte rapidement les lieux pour retourner sur le site principal pour la suite des concerts de la journée. En arrivant sur les lieux, Bill Callahan est déjà en train de jouer, l'ex smog, enchante le public avec sa voix de baryton tristounet, le temps de faire fouiller ma besace, de rentrer sur le site, et de faire un peu de pub pour NFT, le concert s'achève déjà.

Le temps de se préparer et c'est l'arrivée sur la scène d'Andrew Bird, roi de la pop mélodique de l'écurie Fat Possum. Et au niveau pop, on est pas déçu:  c'est riche et luxuriant, si l'album était un peu ennuyeux la prestation live est parfaite. Le groupe est content d'être là et les chansons tubesques s'enchainent. On comprend rapidement que Mr. Bird porte bien son nom de famille, c'est un véritable virtuose du sifflet, Micheline Dax a trouvé son successeur pop! Pour compléter le  tableau, il y a un batteur avec un tête de precheur mormon ou quaker (ou en tout cas l'idée qu'on peut s'en faire), un roadie costaud à moustaches et surtout un Leslie, le fameux haut parleur rotatif. Le concert s'achève et on a passé un très bon moment avec Andrew et sa joyeuse bande de potes, une parfaite préparation pour Dominique A.

Le temps d'une galette saucisse, et c'est au tour de Dominique A, seul sur la grande scène d'affronter le public. Il est seul Dominique, avec sa guitare, ses pédales, ses machines et sa voix profonde. 'Comme un beau diable pailleté sur scène' il enchaine ses chansons impeccables, sa guitare comme seul accompagnement. Le set est impressionnant de maîtrise technique, il jongle avec les effets et les pédales. Une chanson à retenir, Manset, je ne sais sur quel album elle est mais elle m'a bien scotché. Il finit son set, trop trop court par le silence des oiseaux, fabuleuse chanson, une version dansante, mes pieds se dérobent sous moi et je danse avec un air béat au milieu de la foule.

Retour sur terre, le temps de philosopher en buvant un excellent fanta, les fanta de festival sont toujours meilleurs que ceux du travail ou du fastfood.

Déjà Grizzly Bear arrive sur scène, un de mes concerts les plus attendus du festival, leur disques de pop très sophistiquée sont excellents, leur dernière prestation scénique il y a trois ans à la route ne m'avait pas vraiment convaincu, même si leur présence scénique pendant le concert de Franz Ferdinand était bien distrayante. Le concert commence, on sent que c'est bien, on a envie d'adorer, mais on s'ennuie... Je n'arrive pas à me concentrer sur la musique, pourtant ils ont l'air bien sympathiques ces ours là. Mais une nouvelle fois, il vaut mieux écouter leur disques que les voir en concert. Même si ils ont plein d'arrangements bizarres, même si ils racontent des anecdotes de beuveries, même si ils jouent d'une harpe celtico-étrange à clavier. Une petite déception donc, mais au vu de la qualité du week-end, c'est pas insurmontable.

C'est la fin du festival, la foule est plus clairsemée, les mines fatiguées. Au loin sur la scène, on voit les techniciens qui installent le matériel de Simian Mobile Disco, un gros tas de machines, des haut-parleurs et des rampes de lumières, avec néon multicolore et stroboscope intégré. Les Simian Mobile commencent leur set, première constatation, ça tabasse ! Gros gros son, et les stroboscopes aveuglent tout le monde, ça doit être des modèle spéciaux anti émeute... Les deux gars sur scène tournent autour de leur totem de machines avec l'air de s'amuser follement, au moins c'est un live électro pas statique, pas des nerds collés derrière leurs laptops... La fatigue commence à se faire sentir, et les oreilles bourdonnent un peu. On danse encore un petit peu et arrive le moment de dire au revoir au fort du St Père. Retour vers le parking, en échangeant les impressions sur cette édition. En voiture, une nouvelle rencontre avec la maréchaussée, la dernière du weekend, mais cette fois ci ils ont eu l'air plus convaincus par mon 'bonsoir messieurs', du coup pas de tutoiement et un 'c'est bon'. Dans mon lit, je me dis que la route du rock c'est quand même le meilleur festival du monde, et je m'endors en pensant à des maîtres de FengShui vêtus de pagnes en train d'agiter des banderoles à la gloire de Grizzly Bear.
Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 09:42

Après une première journée un peu en deçà de nos espérances, l'équipe joyeuse de Not For Tourist se lève de bon matin, pleine d'espoir pour cette deuxième journée de la route. Après un petit déjeuner frugal, nous allons dans Saint-Malo pour voir ce qui se passe en dehors du fort.


Nous croisons d'abord sur notre chemin, à côté du casino, la scène marque-de-téléphone pour les jeunes musiciens.


Ce sont les franciliens de Hold your horses qui s'y collent, de la pop de popin avec batteuse à mèche intégrée et sourire colgate et chanteur à la voix de Garou (j'ai rien trouvé de mieux comme comparaison). On reste pour deux trois chansons, c'est sympathique mais encore un peu trop maladroit et approximatif pour déclencher les passions (après vérification ce n'était pas leur premier 'gros' concert, on peut mettre tout ça sur le dos du temps breton ou du public malouin réputé très difficile).


On se dirige alors vers la plage du Bon-Secours, où on peut écouter de la musique en se prélassant sur le sable. Sur place, un groupe commence à jouer, c'est The Patriotic Sunday et c'est très très bien. De la belle pop mélodique et riche comme on aime. Un peu à l'étroit sur la bande de sable, je décide d'aller faire la planche au large pour mieux profiter de la musique, la morsure du froid est adoucie par les jolies mélodies et je passe donc un très bon moment dans l'eau.


Retour sur la plage et c'est le moment de partir, direction le fort, après la pause Junkfood syndicale.


Arrivée dans les files d'attente du festival, on entend au loin St Vincent qui termine son concert, ça à l'air pas mal mais nous avions besoin de notre apport en calories pour pouvoir assurer la soirée.

 


 

Les techniciens débarrassent la scène pour faire de la place pour le groupe suivant, Papercuts, un groupe de San Francisco, que je ne connais pas. Le concert commence, de la jolie jolie pop, parfaite pour le coucher de soleil sur le fort de St-Père. Le groupe est composé exclusivement de pandas, le panda 1 chante et joue de la guitare, un autre joue de la basse, et il y a aussi un panda guitare et clavier et un batteur. Je suis vraiment conquis pas les jolies chansons du groupe, ainsi que le public, typiquement le genre de groupe attendu à la Route du Rock. Devant moi, une fille avec la parfaite panoplie de l'indie wannabe (wayfarers ou pour les moins argentées copie, chaussures en toile qui puent, jean slim, et accessoire) brandit son lomo flambant neuf et entreprend de prendre en photo des cailloux poussiéreux et le jean de sa copine (qui a un trou a un endroit stratégique) en gloussant et en singeant Chloé Sévigny (elle, je ne sais pas si elle a fait du bien à la mode indie pop ou si elle est le plus grand fléau que la Terre ait porté, coupable d'avoir -mal- inspiré des hordes de wannabes). Lassé de voir toutes ces artistes en herbe, je décide d'aller boire une bonne bière au bar VIP; ça tombe bien c'est open bar Jack Daniels, qui nous rappelle cependant que boire c'est pas bien, ou plutôt que boire trop c'est mal.

Assis sous le soleil qui disparaît, je me prépare à voir les formidables écossais de Camera Obscura. Ils arrivent sur scène visiblement très contents d'être là et le concert commence. De la belle pop lumineuse et joyeuse, sur scène une chanteuse guitariste, une autre au clavier, un duo de basse et guitare au top, très appliqués. Un batteur jovial et un percussionniste très chic complètent la joyeuse bande de Glasgow. Je passe un très bon moment avec Camera Obscura, c'est vrai que c'est un peu sucré et un peu tarte par moment, mais parfois l'overdose de sucre est bien agréable. Le concert se finit un peu trop tôt à mon goût et je me promet d'essayer de les revoir en tête d'affiche.

 


 

Le public s'agite, The Kills arrivent sur la scène. Sur scène le duo reptilien commence très fort, du bon rock a guitare. Ils ne sont que deux, et on a l'impression d'avoir affaire à un groupe complet, rien à voir avec le son creux des Ting Tings; là on a un gros son, une présence scénique incroyable. Le duo fonctionne très bien, ils se répondent, s'observent, se jaugent, on a l'impression de voir deux fauves dans une cage. Je passe un très bon moment en leur compagnie, même si au bout d'un moment, on peut se lasser, car la structure des morceaux, dictée par la boîte à rythmes peut être un peu répétitive à la longue. Le concert passe relativement vite, et pour leur dernière chanson, ils annoncent une reprise. Au grand jeu de la cover, le gagnant de ce soir est: Screamin' Jay Hawkins, avec I put a spell on you. Un super choix, et le groupe s'en sort brillament, le show est bien rodé, déplacements millimétrés, regards de braise et danses lascives ; pour résumer, c'est parfait. On est assez soulagés que leur choix ne se soit pas porté sur un vieux classique ringard, genre You rascal you ou autre. Ils quittent déjà la scène devant un public presque chauffé à blanc par leur prestation.


Une petite pause, et on se retrouve dans les premiers rangs pour un des concerts les plus attendus du week-end, Peaches et son nouveau groupe Sweet Machine, un grand moment de classe et de légèreté en perspective. Arrivée du groupe sur scène au son du générique de l'A-Team (agence tout risques) deux individus masqués comme des catcheurs mexicains et habillés de vêtements pailletés (en fait la guitariste et le clavier du groupe) arrivent sur scène en dansant et en sautant partout, bientôt rejoins par le batteur lui aussi visiblement très en forme. Peaches arrive en dernier sur scène, déguisée en je ne sais pas trop quoi (ou plutôt j'ai pas trop envie de savoir). Et le concert commence sur les chapeaux de roues, un mélange de pop synthétique, de hiphop d'électro clash, pour résumer ça envoie du lourd (sic -mon voisin de concert-). Peaches ondule sur scène et change de vêtements (enfin de « justaucorps ») presque à chaque morceau. Au bout d'un moment elle plonge dans le public, et se met debout sur la foule, et continue à chanter juste (malgré les mains curieuses de son fan club), le set est très efficace et tout le monde dodeline de la tête ou tape des pieds. Les changements de vêtements apportent la petite touche variété internationale à la Britney ou Madonna, mais la miss Peaches tient à son originalité. On peut notamment observer un magnifique justaucorps à poils longs intégrés aux manches, et un autre avec des ailes de chauve souris ou est projeté son visage. A un moment, elle demande au public de shaker ses dicks, le type comateux allongé devant moi dans sa couverture de survie bouge vaguement, sans doute un anglophone... Vers la fin après avoir fait enlever les ticheurtes au public, elle demande si on est pas trop déçus qu'elle n'ait pas fait la 'dirty slut' (personnellement après ce que j'avais vu je ne voyais pas ce qu'elle pouvait faire de plus), et là elle monte sur la batterie, demande le noir complet sur la scène et allume une lumière, et déclare 'this is my pussy trick', une petite veilleuse (enfin plutôt une maglite vu l'intensité de la lumière) posée à un endroit stratégique (sur son pubis pour ceux qui ne sont pas bilingues) qui clignote en suivant le beat de la chanson. Elle quitte la scène peut après, on est assez impressionnés par la présence scénique et le show efficace, le concert est passé très vite.


Il est 2h30 et on commence à fatiguer un peu, et on a un peu peur de la prestation de Four Tet, qui n'est pas exactement le genre d'artiste qui réveille les morts. Il arrive sur scène, le son n'est pas super, il quitte soudain son laptop et va vers la console retour (le 'live' continue sans lui, c'est ce qu'il y a de bien avec les lives electro, on peut juste passer un cd), il parlemente pendant 5 minutes avec les gars, on dirait Marissa Nadler dans un mauvais jour.


 Finalement il revient devant son laptop et nous livre une prestation scénique toute droit venue de la fin des années 90, un mélange d'air machine et de bleeps surannés qui achève de nous épuiser. Si il faut conseiller Kieran Hebden, c'est en disque et seulement en disque, les prestations live sont très dispensables. On s'échappe du fort et on prend la route, me rappelant des conseils des types des vieilles charrues je pars par les routes de campagne pour éviter les barrages, mais maintenant les gendarmes sont retors, on se fait arrêter au milieu de nulle part par des pandores très polis, qui me demandent si j'ai bu, je répond que ma pinte de la soirée est bien lointaine et que je ne bois en principe que de l'eau gazeuse et du sirop de violette ; pas convaincus ils me font souffler dans la boîte. Résultat négatif, finalement les vacances ne vont pas me coûter cher. Dans mon lit, en m'endormant je rêve de chats qui parlent et de filles en bottes avec des phares au bout des seins, demain je mange pas de churros...

 

 

 

Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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