Samedi 8 août 2009
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Après une carrière déjà bien remplie, Neneh Cherry, dont on aimerait bien connaître l’elixir de jouvence (du lion au p’tit
déj’?) revient avec un groupe en forme de collectif familial composé en effet de son mari, Burt Ford (producteur entre autres pointures de Massive Attack), de sa fille Lolita Moon et de son gendre
Karmill, réunis pour exploser les stéréotypes du rock (et de bien d’autres conventions musicales).
Soudée par le plaisir de se produire en live, ensemble, notre dream team nous a offert ce vendredi soir sur le parvis de l’Hôtel de ville dans le cadre du festival FNAC Indétendances un concert
généreux et jouissif devant un public ravi et extrêmement nombreux, remplissant tout le parvis.
Ce groupe hors du commun, dont on a déjà savouré les deux albums, prend véritablement toute son ampleur sur scène, explosif et passionnant, tissant au confins de la world, du trip hop, de
l’ambiant, de la soul et du rock un son unique. leur set exploite tout le spectre des sonorités, des sons électroniques qui marquent leur dernier album, Medicine, à une palette de tonalités
chaleureuses inspirées par la World Music.

S’embrassent ainsi dans une danse chatoyante machines, instruments organiques et voix.
Les riffs acérés du rock et les grosses basses et jeux de synthés du trip hop s’enlacent, avec des passages très
dansants.
Quoiqu’audacieuse et sophistiquée, la musique de Cirkus est d’une efficacité immédiate. Cirkus s'approprie les techniques des musiques actuelles en leur injectant toute la singularité et le goût du
mélange dont ils ont fait leur recette.
Sur scène, le groupe joue la modularité et la complémentarité, les rôles s’échangent notamment autour du synthé et de la
voix, comme pour illustrer l’idée de partage, de fusion et de complicité qui marque leur prestation et plus abstraitement leurs morceaux.
L’éclectisme, chez Cirkus, est cohérent et contagieux, et entre expérimentation et familiarité, densité, complexité
et générosité, il offre véritablement quelque chose de nouveau.
Un baume pour les oreilles difficiles, un bonheur pour le corps... On est comblés.
Par laure dasinieres et Peter K.
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Vendredi 7 août 2009
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13:16
On ne sait pas vous, mais nous les artistes largement estampillés « Folk » commencent à nous lasser et pourtant,
il arrive que nous soyons très agréablement surpris en découvrant des musiciens qui d’une voix, d’une guitare et de quelques autres instruments parviennent à nous captiver et à nous émouvoir.
Vincent Bestaven alias M.Botibol est de ces rares là.
Dans une veine pop folk lo-fi, un rien naïve, un peu bancale et très personnelle, marquée aussi bien par Nick Drake - en moins sombre, Sufjan Steven que par Grizzli Bear, M.Botibol trouve le ton
juste pour nous toucher au coeur tout en nous impressionnant par une maturité vocale et instrumentale singulière.
Le vent, après une journée caniculaire, s’était levé ce jeudi soir sur la plage de Glaz’art constituant un climat des plus propices à accueillir les morceaux fragiles, subtils, aériens et
légèrement mélancoliques du jeune homme, riches de boucles volatiles comme celles jouées au glokenspiel évoquant l’onirisme des carillons éoliens japonais.
Si on le devine timide, il tire d’ailleurs son pseudo d’une nouvelle de Roald Dahl dont le héros sort de la solitude grâce à la musique, M. Botibol s’impose rapidement par une voix magnifique,
frissonnante et versatile qui sait embrasser le grave comme l’aigu avec acuité et authenticité et s’envoler de façon assez vertigineuse. Ce talent vocal remarquable marqué par des intonations soul (voix de tête et aspects très 50’s), il l’exploite de façon modeste, sans jamais en faire trop, tout en délicatesse.
Il appuie son chant sur des arrangements emprunts d’un esprit do it yourself, inventifs, propageant grâce à des samples raffinés une multitude de sonorités et sur un jeu de guitare qui sait
changer de tonalité au sein d’un même morceau créant ainsi une folk song pleine de nuances et d’oscillations, d’embardées exaltées et de plages d’accalmies.
Songwritter discret, mais non moins généreux et malin, M.Botibol distille ainsi un son sobrement irradiant. Un véritable plaisir et une excellente découverte. Emu et rêveur, on trouve son concert
trop court et on espère le revoir très vite.
Par laure dasinieres
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Vendredi 7 août 2009
5
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12:45
L'effet Coriolis décrit l'influence sur les objets de la rotation. Ainsi la rotation de la terre influence-t-elle les
courants et le sphénomènes météo, participant à la naissance de cyclones et de tourbillons.
La volonté de raconter la nature en mouvement et le jeux des forces qui en découle est évidente dans la musique de
Stéphane Pigneul alias Coriolis Force.
Accompagné de quelques samples ( rythmes simples, nappes aeriennes ), il se sample et empile les boucles pour créer
des paysages sonores, selon une tradition folk moderne qui a fait ses preuves. A la guitare il privilégie des phrases courtes et simples, jouant sur une répétition hypnotique, sensation renforcée
par sa voix, calme et profonde. Le résultat, il faut l'avouer, ne manque ni de charme ni de classe.
Coriolis Force Live @ Glaz'art on
09.07.08 (photo by Valerie Servant)
Le cadre de la plage de Glaz'art à la tombée du jour s'y prête d'ailleurs très bien. Mais au fur et à mesure de son set, on
a l'impression d'une recette certes efficace mais sans cesse réutilisée.
A part de rares envolées, peu de construction mélodique vient varier ces longues compositions certes évocatrices mais trop répétitives.
On en vient à espérer un changement de tonalité ou de tempo, un petit quelquechose qui nous surprenne et nous réveille. Mais on sent bien que nous priver de tout cela fait partie de la tactique de
Coriolis Force, qui préfère nous emmener dans un lent tourbillon...un peu dommage, le public de connaisseurs pointus apprécie, on reste un peu sur notre faim.
Par Peter K.
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Mercredi 5 août 2009
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18:12
Comme une réponse parfaite à toutes les lacunes typiques des groupes estampillés rock que nous croisons quotidiennement
(manque d’enthousiasme, de personnalité, de parti pris, de charisme, de jeu scénique, de liberté), The World/ Inferno friendship society a déboulé ce mardi soir sur une plage de Glaz’art que nous n’avions jamais vue aussi surchauffée et qui a rapidement pris des
allures de festival débridé.
Big band kabaret punk qui mêle instruments typiques du rock punk avec cuivres, accordéons ou claviers, World/inferno friendship society explore avec un esprit fantasque, incisif et piquant de
multiples courants musicaux (klezmer, jazz, folk, gospel, ska, salsa, soul, rock’ab, rock steady, rock pub, goth’, afro beat, funk...) pour nous embarquer dans une chevauchée fantasque et
entraînante, teintée d’esprit malin et de beaucoup d’humour noir.
Varié mais cohérent, parfois enjoué, parfois sombre mais toujours dansant, grisant et amphétaminé, leur son nous saisit de façon quasi immédiate.
Impossible alors de ne pas gagner l’avant fosse et de se déchaîner sur la piste aux côtés des déjà fervents adeptes du groupe (on se converti au culte des World Inferno en l’espace d’un
morceau).
D’autant que malgré sa fougue, sa bizarrerie, son intensité, il n’en est est pas moins attachant et entre en résonance avec nos aspirations.
Elégant aussi, parce que rondement bien mené et maîtrisé, il excelle à hybrider ses influences kaleïdoscopiques pour construire un univers sonore à la fois foutraque et classieux, véritable orgie
musicale qui nous en met plein les yeux et les oreilles et nous invite à une sorte de communion païenne d’une extravagance et d’une frénésie communicatives.
L’hallucinant chanteur qui tient d’un Jack Tim Burtonien nous trimballe dans de petites histoires cruelles, drôles et souvent engagées, sourire démoniaque aux lèvres et plaisir manifeste à être sur
scène et à y faire son numéro, émaillant le concert de monologues ironico politico absurdes.
Chaque membre du groupe est un personnage à part entière investissant la scène chacun avec sa singularité et son caractère.
Impossible de ne pas succomber à cette ronde méphistophélique et savoureuse.
Enorme groupe, énorme concert, foultitude d’émotions, on ressort ayant perdu 10 litres d’eau, maculés de sable et avec quelques bleus, mais ensorcelés, comblés, les zygomatiques courbatus et de
l’énergie à revendre pour danser encore et encore et continuer de chanter à l’unisson.
Par laure dasinieres
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Mercredi 5 août 2009
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18:07
Sur une petite estrade à même le sol, pendant qu'on change le plateau pour faire place à World/Inferno Friendship Society,
débarquent deux extra-terrestres aux intentions étranges mais amicales.
Projet pop-bossa-tropicale aussi improbable que sympathique, Alek et les Japonaises sidère avant de franchement séduire. Le concept est pourtant casse-cou : des morceaux dansants de pop japonaise
ultra-kitsch, accompagnés de guitares bossa, le plus souvent chantées en japonais.
Ajoutez des chorégraphies improbables (particulièrement par Mai, qui comme le dit Alek, vaut une demi-douzaine de japonaises à elle toute seule).
Si Alek et Mai réussissent à nous faire passer un très bon moment, c'est parce qu'ils y vont franco et se donnent à fond. Tous les clichés disco, kitsch et pop japonaise y passent
allégrement, le surréalisme de la chose étant renforcé par les commentaires d'Alek qui joue à fond le faux Belge niais (et livrera d'ailleurs une cover de "L'aventurier", en flamand).
Disco-dada ou bossa japonaise, difficile de trancher :
qu'importe ! on adore. On a un peu honte mais on assume, le mix Kawaï attitude vs Sttella vs Didier Super vs
Groland vs bioman vs Véronique et Davina nous amuse beaucoup.
Par Peter K.
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