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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 16:40
Quelque part, sur une carte musicale imaginaire, situé à mi chemin Air et Grandaddy, Syd Matters, Sébatien Tellier et Mogwaï, il y aurait Baden Baden, combo parisien qui enchaîne les concerts et commence à acquérir une jolie petite notoriété.
Méritée? Oui, sans nul doute car si leur son manque parfois (pour le moment...) de personnalité, il n’en recèle pas moins de jolies trouvailles et se révèle d’une bien belle facture soulignant l’importance d’arrangements soignés et de mélodies ciselées pour se démarquer du lot.
Baden Baden gravite avec brio dans la vaste sphère du « post folk » , territoire artificiellement dessiné par les critiques musicales en lacune lexicale pour désigner toute cette fange aussi imprégnée de folk que d’arrangements électroniques en empruntant ici à la shiny pop des 60’s, là, au post rock pour livrer une musique multifacettes, tantôt lumineuse et entraînante, tantôt plus sombre, mélancolique et cotonneuse.
Suivant discrètement et assez modestement, une piste électro pop défrichée par Radiohead, le groupe offre des plages acoustiques oniriques et entêtantes.
On apprécie l’accent mis sur les accompagnements, le subtil esprit ludique qui y règne de façon sagace et bien sentie: même le shaker oeuf trouve sa place sans passer pour l’accessoire rigolo mais vain. Les synthés s’accordent avec intelligence avec les cordes et la section rythmique et si le chant manque un peu de saveur, il n’en est pas moins efficace.
Seulement,  malgré toutes ses qualités, Baden Baden n’a pas encore acquis ce petit truc en plus qui lui permettrait d’afficher une véritable singularité et si l’on tend à se laisser porter par leurs morceaux, notre esprit est détourné par l’envie d’énumérer toutes les références qui nous viennent.
On aime mais on voudrait les voir explorer davantage les voies ouvertes par leurs prédécesseurs. Il leur en faudra sans doute très peu pour passer du stade du bel ouvrage à celui d’oeuvre plus personnelle. Nous, on les suit, en tout cas, et la sorte de statut de groupe phare de la scène folk parisienne est loin d’être usurpée.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 15:19

Le moins qu'on puisse dire de Hold Your Horses! c'est qu'ils ont du caractère.

Projet en forme de famille agrandie dans la grande tradition folk-rock, formation rock avec section de cordes violon/violoncelle et même trompette, le groupe se distingue par la personnalité de ses membres et ne fait rien comme les autres : bassiste rockstar flamboyant qui vole la vedette au chanteur, batteuse qui chante, hilare pendant tout son set, violoncelliste s'éclatant avec des pédales de disto...

C'est un joyeux et sympathique bordel, mais bien rodé.
Leurs morceaux folk rythmés nous emmènent, tantôt mélancoliques et parfois plus rock.
On sent bien leurs influences américaines, du Velvet Underground à Arcade Fire, avec peut-être un peu de Modest Mouse ou de Cold War Kids, guitares minimalistes, rythmique entêtante bien en avant.
Le groupe révèle une grande complicité et un plaisir à jouer ensemble.

S'ils n'ont pas vraiment révolutionné le genre ils jouent avec sincérité et c'est un bonheur pour n'importe quel fan de folk ( et on aimerait bien savoir ce qui fait tellement rire la batteuse...mystère ? ).  On espère les revoir dans quelques temps avec des compositions plus personnelles peut-être, et en tout cas on les gardera à l'oeil. Il n'est jamais facile de trouver son son propre, et ils ont tout le temps devant eux. Ils livrent un set sincère avec énergie, c'est déjà beaucoup.

Les amateurs d'un son plus rock, eux, n'y trouveront pas forcément leur compte, mais seront comblés avant la fin de la soirée par les très attachants Karma Stone.
Par Peter K. - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Samedi 1 août 2009 6 01 /08 /2009 09:24
Petite et un peu foutraque, mais tellement plaisante et accueillante, la Galerie de l’Instant dans le Marais expose, jusqu'au 3 octobre, pour la première fois en France les photos de Dominique Tarlé réalisées entre la fin des 60’s et le début des 70’s auprès de ceux qui étaient en passe de devenir les légendes du Rock: les Stones, Jimmy Hendrix, The Who, Led Zeppelin, The Animals, The Dirty Pretty things, Eric Clapton, Marianne Faithfull, Jeff Beck...

Outre quelques photos de live, ce qui est vraiment intéressant dans le travail de Tarlé, c’est qu’il a cherché, sans pour autant essayer de briser le mythe- aucune vélleité papparrazziesque chez lui, d’accompagner les artistes dans l’intimité de leur travail et de leur vie quotidienne.
Il en résulte des tirages noir et blanc plein d’empathie, pudiques parce que fruits de moment partagés, de vie commune.
Ainsi Tarlé a-t-il été accueilli durant six mois par les Rolling Stones à Villefranche Sur Mer en 1971 durant l’enregistrement d ‘« Exil on Main Street »... Ces clichés pris au petit matin ou lors de soirées témoignent d’une certaine complicité, d’une confiance mutuelle.
Pourtant, et ce n’est pas qu’on aurait voulu voir Keith Richards traîner en pyjama dégueu en train de se taper du camembert, ils demeurent empreints d’une certaine fascination, d’un respect, comme une volonté affichée de ne pas briser les images...
Alors, on a souvent l’impression de quelque chose de très posé, d’une construction iconographique claire avec des volumes et des perspectives réfléchies.
Tarlé est avant tout un amoureux de l’image, et cela se sent... Même si ses photos manquent parfois de naturel, elles ne transmettent pas moins une certaine émotion, notamment dans les regards qu’il sait saisir à merveille.
Du coup, entre simplicité et composition, discrétion et démonstration, Tarlé trouve une tonalité juste et singulière pour rendre compte de cette grande époque du rock.
Par laure dasinieres - Publié dans : exposition - Communauté : webzine musical
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Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 08:51
Fulgurante, magnétique, toujours entre ombre et lumière, pleine de tensions, la musique de Battant continue de nous toucher à vif, de nous prendre au corps.
Son incandescence nous avait galvanisés lors du passage du groupe au Point Ephémère.
Les coups de foudre étant souvent temporaires, il nous a fallu revoir le trio ce mercredi soir au Nouveau Casino pour mettre à l’épreuve notre engouement et vérifier ainsi sa force d’attraction.

Euphémisme que de dire que nous n’avons pas été déçus et la salle, comble et électrisée, nous conforte dans notre position: Battant n’est pas une sensation musicale fugitive dont le microcosme arty bruisse d’éloges neuf jours et demi pour l’oublier aussitôt mais bel et bien un grand groupe, tant sur le plan musical que sur celui de la prestation scénique, qui fait preuve d’une véritable personnalité et d’un charisme rare.

Leur son creuse un sillon entre rock crasseux, animal, brut et instinctif, sonorités new wave sombrement entraînantes, électro minimale robotique et entêtante et  subtiles et paradoxalement sobres intonations discoïdes sans pour autant s’éparpiller en révélant au contraire une cohérence qui confère à leur concert ce quelque chose d’empreignant et d’envoûtant.

Si les musiciens (basse, guitare aiguisée, sobres synthés) savent avec une certaine élégance mêler urgence toute punk à maîtrise et froideur éléctro, le pouvoir d’attraction du trio tient pour beaucoup à sa charismatique chanteuse Chloé, tant androgyne que mutine,  qui déploie sur scène une énergie impétueuse et abrupte et dont la voix trouve la tonalité adéquate en adoptant une élocution saccadée et frontale.

Le cri et la stridence ne lui font pas peur et étrangement, ses poses facétieuses et ses vociférations, qui chez d’autres nous horripileraient, constituent un atout et contribuent à dévoiler un univers à la fois torturé et dansant, provoquant sans être vainement aguicheur, fort, violent et tempétueux.
Forts d’un section rythmique à toute épreuve et de mélodies enivrantes, nombre de morceaux, notamment Radio Rod, constituent de véritables tubes taillés au cordeau qui titillent autant le corps que l’esprit.
Stylé, rageur, sexuel, le son de Battant sidère.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 10:50
Jouissif, hypnotique, halluciné, décomplexé tout autant qu’agaçant, insolent et criard, le trio Lillois Sexual Earthquake in Kobe qui assurait ce mercredi la première partie de Battant au Nouveau Casino ne saurait laisser indifférent, aussi bien positivement que négativement.
Positivement d’abord, parce que leur son singulier qui mêle rock punkisant, électro discoïde, psychédélisme épileptique et rythmique tribale tient la promesse du « tremblement de terre » revendiqué dans le nom du groupe.
« Sexuel », pourquoi pas? Car énergie et sensualité ardentes se mêlent dans la transe sous acide qu’ils nous offrent ce en laissant la marge pour une danse enflammée et suggestive, yeux fermés, sueurs, mouvements lascifs et tensions pulsionnelles, sachant alterner fulgurances et pauses, à-coups explosifs et relâchements voluptueux.
Synthés, beats et basse s’enflamment et déclenchent de manière instantanée et directe de violentes secousses peut être pas orgasmiques, mais pas bien loin...
Sur scène, SEIK marche à flux tendu auto électrifié et totalement investi dans son jeu.

Seulement et allons y donc pour les points négatifs, le chant aigu, gémissant, strident fatigue assez vite, tout comme les gimmicks comportementaux du chanteur qui surjoue de façon quasi caricaturale la rock star délirante sous cocktail speed champi, jeu qui s’il confère à leur musique un trait psychédélique supplémentaire s’avère rapidement agaçant.
Mettons cela sous l’effet d’un petit manque de maturité, aisément effaçable s’il cesse de se complaire dans l’onanisme scénique et laisser place à davantage d’échange avec son public.

Assez pénible aussi, le synthé lorsqu’il abandonne ses totalités cynbernético électroïdes pour livrer une imitation laborieuse des sonorités pop/new wave 80’s (expliquant peut être le « In Kobe » car on en vient à cette électro pop frénétique,  répétitive  et criarde que l’on retrouve dans bon nombre de combos japonais)
Ainsi donc, Sexual Earthquake In Kobe éreinte, en bien comme en mal, mais « post coïtum animal triste » à l’issue du concert, on en voudrait presque encore parce que malgré ses défauts, le groupe a le chic pour faire monter une intense pression et nous galvaniser.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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