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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 09:32


Saint-Malo à la mi-août, son ciel menaçant, ses backpackers à tente dépliables sur les routes et son festival toujours impeccable. La Route du Rock et son légendaire avenir incertain.

Cette année, encore une édition sans nom ronflant, mais une programmation bien alléchante sur le papier, avec des têtes d'affiche comme Dominique A, My Bloody Valentine, The Kills ou Peaches. Et en plus il fait beau.

 


Après une petite halte à la gare de Rennes pour récupérer mes compagnons de fortune, direction le fort de Saint Père à quelques kilomètres de la ville.


Arrivée sur les lieux; les parkings champêtres nous imposent une petite séance de tout-terrain avec la Fiat 500, ça donne un coté un peu aventure. On rencontre sur le parking les indispensables et précieux Fake lovers can't die qui décident de nous accompagner et de nous faire partager leur science de la musique et du bricolage.


Une petite marche pour aller au stand pour retirer les places, ce qui nous permet de nous familiariser (de nous re-familiariser) avec la faune locale, celle qui va écumer le bar VIP, savant mélange de wannabes soucieux de leur mèche et de leurs chaussures pointues (avec le Lomo ou le numérique en sautoir pour la pose arty) et de vieux habitués des festivals au look de pirates.


Après un petit souci de photo, nous voilà en possession des précieux sésames et c'est le moment de se diriger vers le site. Cette année le site est plus grand, et la zone de fouille se trouve bien avant le fort, fouille qui provoque une bonne file d'attente. Sur le coté, une file d'attente réservée aux Converses, craignant une blague, je décide de l'ignorer et de faire la queue avec la foule des gens en chaussures normales (enfin il y a a coté de moi une fille avec des bottes en cuir montantes; je sais bien qu'il faut se faire beau pour aller au festival mais là ça tient du petit fromage sur pattes).


Dans le fort les Crystal Stilts commencent à jouer leur « petit bijou de rock vénéneux, de pop pour poètes urbains » (j'aime les définitions des magazines, serties de perles d'humour involontaire). En tout cas le set des New-yorkais est bien agréable pour commencer le festival, en sirotant une bière, à coté du grand  Christophe Brault qui donne une interview à un confrère chanceux. Je m'aperçois que je n'ai pas amené de crayon, ça va être dur de prendre des notes... Je prends mon bâton de pèlerin et monte à l'espace presse, niché dans une espace de verdure, et armé de mon plus bel air contrit je demande à l'attachée de presse si elle a un crayon auquel elle ne tient pas; bilan un très beau stylo bille à la gloire d'une banque sponsor du festival.


Armé de mon outil, je suis prêt à commencer à travailler, ça tombe bien puisque le deuxième groupe de la soirée commence à jouer, ce sont les américains de Deerhunter, un groupe fuyant l'orthodoxie (sic) et qui joue avec les contrastes (en conférence de presse, le gars parlait de blues suburbain, ça promet).


 Ce soir pas de contraste, on s'ennuie ferme, et c'est un peu plat. Les mimiques du chanteur effrayant n'y font rien, je n'arrive pas à m'intéresser au concert. Tout à coup au milieu du concert, un bon morceau, le public surpris retient son souffle, un moment de grâce ou bien c'est que l'ingénieur du son s'est réveillé et a commencé à toucher les boutons... Ca reste un bon moyen de se mettre doucement dans l'ambiance du festival. Il y a de la reverb dans tous les sens, beaucoup de bruit pour un bien maigre résultat.  


Après une installation rapide, accompagnée par les mix des Magnetic Friends, DJs résidents de la route du rock,c'est au tour des américains de Tortoise, le groupe mythique de postrock de s'installer sur scène.


Le concert commence et je me dis que je vais aller m'asseoir parce que c'est un petit peu musique d'aéroport hypnotique. Le temps de faire un petite passage au stand galette saucisse (première de la soirée), le tout accompagnée d'une bonne bière, je peux m'installer confortablement pour regarder le concert. Sur scène, le groupe fait le boulot, pas exactement le top de la chaleur humaine, je me souviens du printemps de Bourges en 2001 où le guitariste casse une corde, le groupe avait arrêté de jouer, il avait changé sa corde dans un silence de mort et ils avaient recommencé à jouer à l'endroit exact où ils s'étaient arrêtés.


Le concert s'étire un peu en longueur, mais on reste très impressionnés par la maitrise technique parfaite du groupe. Un dernier morceau parfait, alternant des montées et des moments de calme (sans doute une préparation pour le groupe suivant); et le groupe quitte la scène visiblement heureux d'être là puisqu'ils gratifient même le public de quelques mots.


Après le départ des Tortoise, le public bruisse de rumeurs sur le groupe suivant; visiblement si on s'en tient au ouï-dire, My Bloody Valentine aurai demandé qu'un Airbus A380 et la joyeuse bande des Bandidos de Malmö viennent jouer avec eux sur scène, ils auraient aussi insisté pour que le haut parleurs soient tous capable de souffler une bougie à dix mètres et même ils sont responsables de la non-venue des Horrors parce qu'ils leur ont fait trop peur (j'arrête d'écouter avant d'apprendre qu'ils ont provoqué le naufrage de l'Artic sea). On se prépare pour le concert, bouchons d'oreille, snus (drogue légale suédoise à base de tabac mariné et cuit à la vapeur) et on s'avance vers la fosse où notre courageux photographe va aller. Le groupe arrive sur scène et là, on entend plus rien, c'est super fort, dans nos oreilles protégées par les bouchons, on n'entend qu'une bouillie de basses sans aucune nuance, les voix sont couvertes par la cacophonie ambiante.

 

On reconnaît vaguement les morceaux, mais souvent on a l'impression d'une version instrumentale vitaminée, comme l'excellent When you sleep expédié en trois minutes et limite bâclé. Dans les premiers rangs, le volume sonore est insoutenable, on décide de se replier vers le fond du site; même la le concert manque un peu de nuance. Je me dis que je suis content de bien connaître les morceaux... On a l'impression d'assister à une répétition géante, impression encore renforcée par la séance de harsh noise d'au moins dix minutes à la fin du concert, une soupe de bruit blanc à un volume inouï qui ferait passer Merzbow ou Sunn o))) pour des esthètes de la nuance et de la mélodie (je crois que je préfère ces deux artistes furieux à MBV). Il semble que Kevin Shield après 50 ans ne joue plus une musique définie, il rejoue son oeuvre fondatrice, en la dégradant toujours un peu plus; on peut se demander ce que pourra bien jouer My Bloody Valentine en 2015 au vu la prestation de ce soir, il y a de grandes chances que les concerts ne se résument qu'à des introductions de trois notes avant les bruits de moteurs. Le plaisir qu'on avait à écouter le groupe résidait sur leur capacité à alterner les moments de grâce, ces mélodies célestes entêtantes et les moments de fureur; maintenant la grâce mise de côté il ne reste que la fureur, une fureur hélas entendue mille fois et déjà usée.  


Le temps de se remettre des irlandais soniques. Les A place to bury strangers arrivent, ils sont américains et un d'entre eux est chef d'entreprise, il fabrique des pédales à bruit; c'est pas encore qu'on va entendre des mélodies célestes. Je me prépare donc à « une expérience sensorielle totale© ».


 Le concert commence bien, un bon point, on entend les voix et il y a même des mélodies. C'est du bon rock à guitares, une bonne surprise, gros son, bonnes chansons. Je me dis que le son est quand même très fort cette année, l'effet My Bloody Valentine? Je me promets de regarder un jour la réglementation concernant les nuisances sonores pour les musiques amplifiées. Sur scène, les A place déroulent leur set, on commence à s'ennuyer un peu. Et là, tout à coup, le guitariste commence a fracasser sa guitare par terre et à triturer les boutons de ses pédales à effets, je suis estomaqué par tant d'audace et par cette capacité hallucinante de création du groupe; le coup de la guitare cassée pour meubler un set c'est toujours efficace. La fin du concert est dispensable, tissu de lieux communs et de déjà vu...

Il est 1h45, et je me sens un peu fatigué, les Horrors ayant annulé, je décide après concertation avec mon équipe de faire l'impasse du concert de Snowflakes (je ne sais plus le nom), pour être plus en forme demain. Dans la voiture qui nous ramène à la maison, les oreilles bourdonnantes nous n'osons parler, un peu déçus de notre première soirée de la route 2009. Pour résumer l'impression générale, beaucoup de bruit pour rien (et vivement demain)
Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Lundi 17 août 2009 1 17 /08 /2009 00:00
  Comme regonflé par le soleil aoûtien (et quelques séjours prolongés chez le glacier), notre agenda se remplume un peu cette semaine! Il est peut être le seul à qui ces  foutus "chassé croisé" des vacances profitent..
Éclectique, fort de bonnes découvertes ou de retrouvailles attendues, de plaisirs musicaux et/ou cinématographiques, il risque bien de vous faire oublier cette carte postale de votre "meilleur" ami envoyée d'Ibiza, votre furtif amour de vacances qui s'est révélée être, sous ses allures de Bimbo, une femme mariée fidèle de l'église St Nicolas du Chardonnay, ou encore vos petits déj' bretons galette/ lait ribot/confiture du jardin...
Excellente semaine à tous! (avec une pensée pour ceux qui reprennent le travail et ceux qui révisent pour la session de rattrapage de septembre...)

Lundi 17 août
  Antonio Farao n’est pas seulement un bon pianiste, c’est un grand pianiste"  a dit de lui Herbie Hancock. Une musique émouvante, énergisante puisée aux racines du jazz noir américain combinée à une sensibilité méditerranéenne, plus qu'attachante. Avec son équipe de choc, il risque de voler encore plus haut... Vertige et émotion au programme du Sunset ce soir...

The Legacy Agency en association avec Siege of Amida record et Metal Hammer Magazine présentent le premier Dominatour Européen. Cette année commence fort avec en tête d’affiche ce soir au Batofar les rois du death metal anglais Annotations of An Autopsy et leurs derniers opus déchaînant foules après foules. Trigger The Bloodshed seront également de la partie pour la sortie de leur nouvel album « The Great Depression » alliant rapidité et technique avec brutalité. Les jeunes anglais de Burning Skies et leur death métal teinté habilement de grind et de hardcore devraient remplacer Impending Doom sur la tournée. L’ouverture du tour se fera par les prodiges anglais dénommés Viatrophy qui nous dévoilerons leur nouvel et très attendu album aussi riche que violent. Les premières parties seront assurées par Ite Missa Est, quintète parisien de renom très prometteur proposant un deathcore qui leur est propre, précédée d’Abyss formation de la capitale dévoilant un death mélodique très bien pensé autour du thème des profondeurs.


Une nouvelle et ambitieuse expérience au Baiser Salé pour ces deux fougueux artistes que sont le saxophoniste ténor Samy Thiébault et le batteur Rémi Vignolo ! On ne présente plus ni l'un ni l'autre tant ils ont fait preuve dans leurs domaines respectifs de leur exigence musicale et de leur travail de fond : Samy Thiébault sur un terrain plus coltranien avec ces deux précédents albums salués par le public et la critique et Rémi Vignolo de par sa longue et expérience de sideman (A. Ceccareli, C. Nougaro, J. Loureau, Bojan Z...etc) et son éclectisme incroyable. Ils ont su se retrouver et unir leurs énergies sur un projet très funky et binaire, prenant ses racines dans les groove de 70's et les expériences les plus folles des grands jazzmen de l'époque, ceci afin de les faire revivre et surtout de s'en inspirer pour créer un répertoire original et diablement swinguant !

 Mardi 18 août
 Junior Boys revient sur la scène du Nouveau Casino avec un nouvel opus : « Begone Dull Care ». Le duo formé par Jeremy Greenspan et Matt Didemus, tout en conservant cette ligne electro pop qui les caractérise, ont affiné leur musique en ouvrant les horizons musicaux. Dent May & His Magnificent Ukulele, musicien pop originaire du Mississipi, a une voie unique, mi crooner, mi falsetto. C’est un showman incroyable influencé par ses chanteurs favoris – Prince, Serge Gainsbourg et Lee Hazlewood – pour ne nommer qu’eux.

Soirée Lust & Depravity au Batofar,
L"'homme généreux invente même des raisons de donner."
Publius Syrus... Une nuit électro pour attiser vos sens, assouvir vos envies de célébrations, accroitre vos perceptions...
Et parce que les Lust & Depravity se veulent généreuses, l'entrée sera GRATUITE...
Au programme: Dès 19h
Terrasse Mix
Alberto Balsalm (Reverb / Gutterbroadcast)
A partir de 23h au Club
Dj sets :
GACHETTE OF THE MASTIFF (Tilt!)
www.myspace.com/gachetteofthemastiff
GET THE CURSE (MIKHAEL & OLIBUSTA)
www.getthecurse.com
DORIANDARNER
Live:
MINOISE (Valiza Tools / Rolax)
www.myspace.com/minoise
 Mercredi 19 août
 Vetiver, en concert ce soir au Nouveau Casino,  est un groupe de rock folk americain formé par le songwriter Andy Cabic, auquel se rajoute à l’occasion Devendra Banhart, la violoncelliste Alissa Anderson et le violoniste Jim Gaylord. Le premier album de Vetiver est sorti en 2004 chez DiCristine, petit label indie rock. Depuis la sortie de leur premier album, Vetiver écume les routes comme certains écument les bars, faisant notamment la première partie de Banhart et Joanna Newsom. La musique de Vetiver est souvent décrite comme « suréaliste », « d’un calme ennivrant », « tendre et accessible » et « empreint d’une excentricité conviviale ». 1ère parties assurées par Beach House et Chicros en acoustique.

Direction la Plage de Glaz'art pour découvrir Junior Cony, projet dub de Jean-Mi également connu pour tenir les machines des groupes de punk français Ludwig Von 88 et Bérurier Noir. Il pratique un dub très empreints des nouvelles technologies, mais avec un effort pour garder le son original du dub des années 70/80. Un compromis entre novo dub et roots dub travaillé uniquement avec des platines.

Flow d’prolo, accordéon, violon, machines électro-hip hop et pas de chichis ni fioritures, le MINISTERE DES AFFAIRES POPULAIRES, en concert ce soir au Batofar, c’est de l’artisanal bien de chez nous et bien basané. Fils d’immigrés algériens, enfants du plat pays et citoyens du monde, les 5 saltimbanques ch’timis révolutionnaires du MAP composent, avec leurs cultures, leurs racines et leurs réalités au pays du vin, du boursin, des discriminations raciales et des injustices sociales, en occupant le terrain avec militantisme, impertinence et musicalité. Avec un rap teinté de chanson et de musique orientale le MAP réinvente un bal populaire plus militant et plus contestataire sans en oublier la dimension festive. Leur devise: « Révolte et Espoir».

La Bellevilloise accueille pour la première fois le Festival Tréteaux Nomades pour cinq soirées théâtrales dans la salle du Forum.La mise en scène est variable pour multiplier les plaisirs mais le principe, lui, ne change jamais : improviser sans laisser refroidir l'ambiance! Pour ce faire, le public impose thèmes et contraintes aux comédiens, qui auront alors un temps de réflexion incroyablement long de... 5 secondes.

Dans le cadre de Festival des Ideos à la Bellevilloise, Fabien Touchard convoque en "duel" improvisé Jean-Baptiste Doulcet, étudiant lui aussi au CNSMDP dans les classes d'improvisation au clavier, d'écriture et d'accompagnement chorégraphique. Les deux pianistes se répondront, joueront ensemble, ou se relayeront ; la difficulté et l'attrait du relais étant de continuer la musique que l'autre a commencé en prenant sa place, sur un même clavier, et sans que la rupture soit audible. Puis ce sera à des danseurs du conservatoire de répondre aux improvisations des pianistes. Ils investiront les différents espaces du lieu de concert, en brisant la barrière de la scène.

 Jeudi 20 août
Gros programme ce soir au Nouveau Casino avec:

Overground qui se forme en 2007, de la rencontre d'un Parisien longtemps exilé aux Etats Unis et d'un musicien qui écume les scènes Rouennaises et Parisiennes. Après leur collaboration au sein de DTSM, (Révélation Rock 2006 de la Sacem), Sam Blond (chant, clavier) et Julien Revel (guitare, chant) sont rejoints par Alex Turrel (basse) et Simon Doucet (batterie). Ils tissent avec leurs voix une fibre sombre et sensuelle, leur son : Dark and Sexy. A la recherche d’un horizon encore inconnu : The Overground Overground flirte avec le dark and sexy sound entre rock et blues progressif. Pink Floyd rencontre Buckley dans le garage de Lanegan. Dans leur jardin poussent des fleures Velvetiennes. Des voix troublantes, des mélodies hypnotiques où l’on navigue entre ciel et terre ainsi qu'une formidable présence scénique qui leur valent d'être remarqués lors de leurs concerts et de réaliser la musique du film de Francis Grosjean, No Life.

Apres un premier Ep enregistré à Brooklyn au New Noise Sound, une première tournée outre atlantique qui les emmène de New York à Boston jusqu'à Los Angeles, quelques concerts remarqués à Paris, The Queen Mab enregistrent aujourd'hui leur premier Lp à Berlin au cœur de l'Est réinventé. Influencer par le soul et le blues autant que par le punk des Misfits et des Cramps, Juanita et Julien se retrouve près à enflammer chaque scène de leur son et de leur extravagance. God save the fuckin’ Queen Mab.

The Wootz est un duo rock composé d’Isabelle & Emmanuel. Le groupe réside à Paris et vient d’enregistrer son premier album « Elizabeth » à San diego (Californie). Chez The Wootz, le rock se compose de sonorités brutes, parfois agressives, les riffs sont évidents, les guitares efficaces. En puisant à l’essence même des pionniers du rock (The Velvet Underground, The Who, The Stooges, Led Zeppelin, The Beatles…), The Wootz se lance dans une renaissance du genre en proposant un son vintage sur des morceaux organiquement imprégnés du XXIe siècle tout en étant d’une simplicité atemporelle. Les textes sont le reflet parfait de la musique : les mots sont simples, mais véhiculent des idées universelles. Un duo original et plein d'énergie à découvrir sur scène

Des rappeurs mais autrement, des hommes en colère mais pas seulement à Glaz'Art avec:
- LA CANAILLE fait partie de ces irréductibles de la rime qui restent obstinément scotchés à l’idée que le rap doit avant tout servir une cause, proposer un discours de révolte, d’espoir et de lutte.
- LYRE LE TEMPS, c’est d’abord le rêve de trois passionnés de musique. Bien que chacun des protagonistes arbore une couleur musicale différente, ils partagent le même intéret pour les grands genres qui ont influencé le XXème siècle en particulier le jazz.


Soirée Old school techno au batofar présenté par l’équipe de FWD : BACK IN TOWN  .

Un peu de nostalgie ne nous fera pas de mal pendant cet été ensoleillé , avec un line up de fou , à l’ancienne : Banditos qui n’a pas joué sur Paris depuis plus d’un an et Lunatic Asylum ( vieux de la vieille du mouvement techno depuis les années 96)

Banditos , duo formé en 1999 par Pierre-Emmanuel Braux et Sébastien Atoch, produit une musique électronique entraînante, mélangeant souvent des échantillons de films, de voix, d’instruments qui marquent les esprits à chacune de leur apparition. La complicité qui règne entre ces deux musiciens transpire  dans leur façon d’amener les sons jusqu’aux oreilles d’un public hypnotisé … caractère, convivialité et passion.
Après 18 maxis , 3 albums et des centaines de dates aux quatre coins du monde ils sont de retour pour notre plus grand bonheur pour une date annonçant leur tournée en novembre de leur 10 ème anniversaire de formation . Retournement de dancefloor assuré !!

Lunatic Asylum : tête d’affiche du milieu rave techno old school , il a été parmi les  premiers à faire de la techno en France et a sorti masse de maxi dès les années 1993 : son titre le plus connu est MELTDOWN , un hymne techno incontournable et considéré comme un classique autant que des morceaux de garnier ou des spiral tribe etc …..
Il nous fera le plaisir de jouer un dj set techno old school comme il pouvait nous fournir en 96.  Avis aux technoïdes nostalgiques.

Pour encadrer cette joyeuse troupe, GEIGER UNIT (les musiciens radioactifs) assurera un live techno dynamique et efficace prônant le nucléaire : Live engagé ou pas ; ça déchire !!!

Aux commandes de la  soirée : les djs Stiff et Jean Knight (aka SOLIMAN + BANDITOS) seront de la partie et tenteront de relever le niveau intellectuel de la soirée.


 Vendredi 21 août
Magnifique soirée folk psyché expé etc... à glaz'art avec
- Mansfield TYA, Il est rare, vague et contradictoire de voir dans la balance chaos et merveilles, pourtant Mansfield.TYA procure bel et bien une sensation de chaleur et de richesse toxiques. L’électrodynamique quantique conduisant à une étrange fissure dans le bord de l’univers !
Carla Pallone a étudié la musicologie classique et la colère de Rome. Elle joue du violon au sein de Mansfield.TYA (et non pas du violoncelle) mais aussi du piano, de la basse, de la batterie et des cordes vocales. Elle dit souvent : « Que ceux qui hésitent entre la tempête et les modalités crèvent ». Elle a des cheveux lisses et un sens profond de l’identité pour échapper à la norme, avec une sensibilité toute baudelairienne.
Julia Lanoë, elle, a navigué entre Nantes, Manchester et Paris-plage. Elle a étudié aux beaux-arts, la nuit, avec humilité. Au sein du duo Mansfield.TYA, elle joue une mesure de douleur intérieure mais aussi de la guitare, du piano, de la basse et de la batterie. La voix de Julia, qui ne cache pas ses fissures prend un malin plaisir à vous donner des frissons dans le cou entre les deux extrêmes.
- Julie B.Bonnie,
Violoniste de Forgette Mi Note, puis chanteuse de Cornu, Julie B. Bonnie avait enregistré son premier album avec un casting de rêve regroupant notamment Sébastien Martel aux guitares, Billy Conway de Morphine à la batterie, et un duo avec Gaetan Roussel. Elle vient de terminer l’enregistrement d’un tout nouvel album composé à la guitare et entièrement produit le maestro psychedelectro Kid Loco. Avec son style d’écriture unique et toujours aussi direct, Julie y parle d’infidélité, de retrouvaille, de lendemain de fête, de la californie, de la vie de pute, d’alcool et d’égoïsme… et nous offre au passage une superbe reprise de Léonard Cohen. Même si elle chante toujours majoritairement en français, on est loin ici des clichés de la chanson française, car ce disque mature assume un folk-rock groovy aux sonorités vintage d’une richesse instrumentale inouïe et d’une justesse singulière.

Ils nous avaient manqué... Les disquaires font leur rentrée ce soin en grande pompe avec une grosse soirée de 19h à 5h. Au programme:

Des djs, des lives...
Pawn Hearts (Dj set)
http://www.myspace.com/pawnhearts
iamcha (Dj set)
http://www.myspace.com/iamcha
Dorian Darner (Dj set)
http://www.myspace.com/doriandarner
L'Homme Moderne (DJ set)
http://www.myspace.com/lhommemoderne
Boutiques Sonores (Dj set)
http://www.myspace.com/lesboutiquessonores
http://www.lesboutiquessonores.com/
Hold your Horses (Live)
http://www.myspace.com/holdyourhorsesparis
Myself is Dead (Live)
http://www.myspace.com/myselfisdead

Dans le cadre du festival des Idéos à la Bellevilloise, c'est ciné concert avec la projection d'Agents Secrets, D'A. Hitchkock. Bruno Letort, musicien et homme de radio reconnu, propose des adaptations cinématographiques de la collection des Classics Illustrated :
Lancée en 1941 par Albert Lewis Kanter, la collection Classics Illustrated propose l?adaptation en bandes dessinées des plus grands romans de la littérature mondiale grâce au talent d?artistes contemporains. Chaque volume, sublimement illustré et mis en musique, offre une vision personnelle, fraîche et innovante du texte original, tout en restant fidèle à l?esprit de son auteur. Les Classics Illustrated, véritables comics artistiques, ouvrent de nouvelles portes aux joyaux de la littérature mondiale.

BPM Party au Batofar avec:
-
Brooklyn, Les chansons de Brooklyn sont de celles qui font l'effet d'une fontaine de jouvence ; les chansons de jeunes gens qui ont compris, tels des Buzzcocks revitalisés au défibrillateur, qu'il était possible d'unir dans un même élan fougue éléctrique et élégance mélodique et de produire une musique spontanée sans braire des âneries adolescentes. (...) L'album de Brooklyn possède donc tout ce qu'il faut pour que le groupe soit au rock d'ici ce que Cocoon est au folk : un phare
- Minnie Moskovitz, 4 filles, 1 gars. Comme le titre d'une mauvaise série TV, mais non, les Minnie Moskowitz pratiquent une pop acidulée. De la pop sans guitare et sans complexe un mix de plusieurs envies electro rock pop.
- The Shades, cinq garçons qui gravitent entre Paris et la banlieue Est. Après trois ans de travail en groupe, ils rencontrent Bertrand Burgalat et signent sur le label Tricatel. En 2007, ils débarquent dans le paysage rock français avec un EP innocent mais fulgurant. Un an plus tard ils sortent "Le Meurtre de Vénus", concentré d'influences pop, rock et hip-hop. Premier jet et l'occasion pour ces passionnés de musique d'exercer tous leurs désirs sur un long format. Ils préparent actuellement un deuxième album dans les Pyrénées. Les choix seront radicaux.
- The Agency (en DJ set) Tous droits sortis d'un film de Wes Anderson, les Agency pratiquent sur scène un pop sophistiquée. Derrière les platines, ils sautent les barrières et s'affranchissent des codes et passent aussi bien les Beatles que Sourya, Lily Allen que les Libertines. Leur premier single vient de sortir.
 Samedi 22 août
 Très belle soirée, que dis-je?- immanquable soirée que celle proposée par les Boutiques Sonores au Nouveau Casino avec 4 groupes détonnants:
- Cercueil:Il y a bien un dancefloor outre tombe !!! et surtout cette voix féminine, belle et tremblante, conversant avec des claviers fantomatiques.
- Poor Boy: Exploiter brillamment toutes les pistes mélodiques, Poor Boy porte de la souffrance dans son rock mutant mais est surtout la preuve que le rock indé d'ici a de beaux jours devant lui.
- Portradium, Une balade électronica dans des friches sonores encore hantées par l’indus et le post punk empruntant des chemins expérimentaux.
- The Nightcrawler, A l’image de ce « Great Breakfast with Lambshop » Red offre ici la BO parfaite de nos dérives nocturnes.
et en DJ set, Ther y Toma et Peter K. (oui, oui, notre Peter K. à nous ;))


La première rencontre en avril avait donné comme vainqueurs la danse et la bonne humeur. Cette fois-ci ,aux Disquaires,  la nuit entière départagera peut être d'un coté le What The Funk All Stars (What The Funk - Future Basics Radio Show), et de l'autre l'After Clockwork Orange (Aprikubrik, Stan Cru, Micka Nick et Don Seagal), dans une joute où funk, hip hop, disco, breakbeat, electro et rythmes caraïbéens seront les seules armes autorisées.

Dans le cadre du festival des Ideos à la Bellevilloise, Utopia fait son cinéma" est un mélange de musiques éclectiques et électroniques, de B.O et de dialogues de films proposé par Véronique Hubert mis en musique par Wakal. Le tout mixé en direct durant un montage vidéo, rythmé par des comédies musicales, des chorégraphies contemporaines, des intrigues cinématographiques et des vidéos d'artistes contemporains. Wakal: Producteur de musique électronique. Né au Mexique, il passe la première partie de sa carrière musicale dans le rock jusqu?en 1998. Plus tard membre du label Discos Konfort, il publie son premier album "Pop street sound" (2001) mélange de bruits de la rue, voix de personnes, et du chaos de la ville de Mexico mixés aux rythmes dancefloor/ électro/rock. Il va jouer en Allemagne, au Japon, au Jazz Festival Montréal. En 2004, le maxi "Remixes Paisano" (son noise et clickandcuts) est édité par le label Filtro. En Europe il est distribué par Discograph. Plus tard (2006) avec un matériel plus expérimental et lié au cinéma Wakal et repéré au Festival Transmusicales à Rennes et va publier son second album "Desvia Si On Again" distribué et signé par le label français MK2 Music. Il se présente en Live au Festival de Cannes, La Mar de Musicas en Espagne, au Lunas del Auditorio Mexico, au Portugal et en Chine. Actuellement (2009) Wakal tourne la page. Il est sur le point de finir un troisième album, très personnel, au son Narco-Pop-Folk et aux influences Electro, Hip-Hop. Il vient de loin avec ses mélodies pour mixer à Paris ville des émotions caches..

Cinéma au Clair de lune sur la pelouse de reuilly pour assister à la projection de "slogan" de Pierre Grimblat: 

Les amours passionnées et tourmentées d’un réalisateur de films publicitaires en vogue, marié et père d’une petite fille, avec une jeune Anglaise sentimentale. Film mythique de la rencontre de Serge G. et Jane B. (dont Gainsbourg a composé la musique en cette très érotique année 69), Slogan offre un témoignage sur les années 60.



Soireé Clash à Glaz'art où les résidents BEN MEN, OKIN AKANIKO & TARLOUF X, reçoivent ELECTRIC RESCUE boss du label Skryptôm et Erratôm, organisateur des PLAY et Skryptôm party qui nous fera découvrir ses nouvelles productions. GWENDAËL un des artistes innovants de la scène breakbeat française au mix  tech-funk aux influences pointues téléscopant électro, breakbeat et techno. La soirée débutera à 19h00 sur la Plage en entrée libre puis dans le Club de minuit à l’aube.

Oubliez la météo, ce soir le Batofar se place sur la même latitude que Ibiza, Londres, Miami et Berlin pour sa grande fiesta électronique!

Pour cette édition estivale et caliente des soirées “Backstage”, Brian Tuü acceuille les 2Buddies , Fantomette et Arnaud Plage

Que diriez-vous de passer une nuit dans un univers envoûtant de sons et d’images? Atmosphère chatoyante et couleurs chaudes où se rencontrent glace et feu, nature et paysages industriels, sagesse et debauche. L’homme dompte les machines pour le plaisir de vos sens, n’ayez crainte…on s’occupe de vous !!!

 Dimanche 23 août
  Dans le cadre du festival des Ideos à la Bellevilloise, on assiste à une projection Ciné/concert de Moby Dick (The Sea Beast), Film de Milliard Webb (1926) - Musique de Bruno Letort

La musique des Mad Caddies, en concert ce soir au Nouveau Casino,  dépasse les frontières du punk et du ska, c’est un savant mélange de reggae, jazz, rockabilly à l’image du groupe. Aujourd’hui composé de Chuck Robertson, Sascha Lazor, Eduardo Hernandez, Brian Flenniken, le groupe associe banjo, trompette et trombone aux classiques instruments du rock. Après de nombreuses tournées sur tous les continents, 3 albums et un live, les Mad Caddies ont sorti l’année dernière Keep It Going, leur album le plus abouti et le plus emblématique : cette unique combinaison de styles évoque à la fois The Clash, Police et Sublime. Sur la route des dancehalls jamaïcains aux clubs new-yorkais underground, il y a forcément un passage par Paris !


Dernier jour du festival Cinéma au Clair de lune, et last but not least, on assiste ce soir, place René Cassin, en face de l'Eglise Saint Eustache, au film attachant, touchant et souvent brillant de Christophe Honoré, "Dans Paris": Paul est de retour à Paris, anéanti par une rupture amoureuse. Son père et son jeune frère Jonathan l’aident à vaincre son chagrin… Réalisée par Christophe Honoré, une chronique familiale et sentimentale, qui marie, par la grâce de ses interprètes, fantaisie et mélancolie, hommage à la Nouvelle Vague et ancrage dans le Paris d’aujourd’hui.

babelfishh et gaïden se retrouvent aux DiSQUAiRES pour réconcilier le hip hop français et américain. Après un passage remarqué au printemps, l’incroyable et infatigable Babelfishh vient nous offrir son dernier live après une tournée européenne de 6 mois et avant son retour sur le sol américain.
Par laure dasinieres - Publié dans : Suggestions pour la semaine - Communauté : webzine musical
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /2009 17:43
Naïve New Beaters, Chinese Man, Beat Torrent... Le programme de cette soirée de clôture du festival FNAC indétendances donnait le ton d'une certaine gaudriole hype: "bouge ton corps, fais comme si tu étais sur une plage d'Ibiza à cinq heures du mat', have fun baby! "

Nous, le groupe que l'on attendait, c'était le duo belge Soldout placé en ouverture.
Arrivée pour vingt heures pile (on salue au passage les organisateurs et roadies du festival, hypercompétents et ponctuels), le concert vient de commencer...

Un son à la fois froid et glamour, sensuel, électrique et sombre, aussi mature que fougueux nous capte les oreilles: Soldout entame son premier morceaux.
On imagine déjà ceux qui sont venus pour le trio coloré et rigolotement hype NNB tromper leur désespoir dans le whisky coca... On les voit d'ailleurs se regrouper à la scout en attendant que l'orage qui envahit la scène s'apaise...
Le noir est mis et ceux qui réclament de la couleur festive sont déçus...Tant pis pour eux, cette légère maladresse de casting nous fait bien plaisir.

Nous, on est déjà happé, et attiré comme mouches jusqu'au devant de la scène par un son magnétique et enivrant.
Si le duo use des outils électro, synthés, pad & co, c'est pourtant pour produire des morceaux qui bien que marqués par de longues plages synthétiques et des beats toniques, s'ancrent davantage dans une famille rock, lipstick trace, slim noir et t-shirt lacéré, celle de The Kills, par exemple.
Négociation voire combat constant entre aspirations danceflooresques et agressivité punkisante, Soldout peut dérouter par un son qui travaillé et sophistiqué ne se révèle pas moins aride, sec et tranchant.
Des chansons comme des couloirs méandreux et obscurs dans lesquels on court et contre les murs desquels on se cogne et s'explose la tête, parfois illuminés par des refrains accrocheurs et des mélodies catchy.
La violence et l'excitation exaltées sont contrebalancées par le chant assez "propre sur lui", presque trop gentil, de Charlotte. Elle ose le cri, la provoc mais demeure assez sage et contenue. On ne sait pas trop si c'est un défaut ou une qualité. On voudrait sa voix parfois plus sauvage et plus dégoulinante. Mais quand elle hurle "I Don't want to have sex with you" (tiré de leur premier album), on devine qu'elle fait preuve d'un sacré tact pour négocier avec l'art de la provoc' et que ces manières n'ont rien de prévenantes ou douces, et qu'elle est bien habitée par une urgence, une fureur.
David se déchaîne derrière ses machines. Fiévreux et emporté, il ne nous laisse pas une seconde de répit même quand le chant se calme. Les rythmiques produites, dark, complexes, sagaces, sinueuses, touchent autant le corps que l'esprit. On tilte un peu quand il s'attarde sur des sonorités clappements par trop 80s ou sur des casiosounds vains. Cela ne gâche pourtant pas la classe, la force et la profondeur qui émane de l'ensemble...
Ainsi, si la férocité semble parfois un rien trop freinée, si l'on voudrait que cela explose davantage, Soldout ne fait pas dans la dentelle, tranche, lacère et vitupère, nous injecte une forte dose d'adreline (un rien cocaïnée). Quand on aime que la musique nous fasse violence, il est bien difficile de ne pas se laisser convaincre...

photos
gregory derkenne
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 16:31
Une heure du matin, retour après le traditionnel verre d’après concert. Direction l’ordi pour jeter ce qui sera l’ossature de cette chronique, celle du concert d’Oneida à Glaz’art.
Des frissons me parcourent encore l’échine, la fièvre est toujours là, les battements de mon coeur se sont à peine calmés... C’est que le combo new yorkais a cette faculté rare d’instaurer de manière quasi immédiate un effet de transe qui perdure bien après un concert puissant, ravageur et hypnotique qui sait mettre en suspend les facultés analytiques du cerveau pour happer directement les aires du sensible et de l’imagination. Un concert auquel on assiste les yeux tantôt écarquillés, tantôt mis clos, le corps enfiévré,  traversé de spasmes épileptiques incontrôlables.
Oneida, c’est un peu la preuve que ce n’est pas tant dans l’analyse que dans le ressenti que l’on décrit au mieux un concert, que l’effet global produit sur le corps et l’esprit importe souvent davantage que le décorticage systématique du son.
Mais nous ne sommes pas là pour rendre uniquement compte de nos affects et la musique, complexe et singulière, d’Oneida mérite qu’on s’y attarde - au delà de ses pouvoirs psychotropes...
Et là, ça tient de l’exercice de chimie tant le résultat est dense mais ô combien passionnant.
Si des affiliations aux Liars, à Animal Collective, à Health voire à Grizzli Bear pour la fusion oxymorique du primal et du raffinement, du bruitisme et du cisélé sont possibles, Oneida tire un son bien à lui hybridant avec un malin plaisir krautrock, noise, indie rock, post rock, indus, spoken word, world, beats électro et free jazz.
Expérimentale, souvent violente et sauvage, mais pourtant souriante et délaissant toute posture arty, la musique d’Oneida explore, invente, réinvente, contorsionne, trouble et impressionne. Aussi jouissive qu’oppressante, elle est menée avec un brio et une énergie instrumentales remarquables et dans un vrai travail de composition même dans les morceaux les plus bestiaux.
La batterie, les claviers et les synthés assurent un rôle majeur, laissant aux guitares et aux voix une fonction d’accompagnement secondaire. En effet, la force de frappe du groupe tient pour beaucoup à ses rythmiques qui tabassent sans pour autant jamais céder à la facilité, organiques et chamaniques et à ses claviers fulgurants, hypnotiques et schizophrènes.
Le chant, qui passe d’un musicien à l’autre,  est souvent cri, hurlement dément et incantatoire et quoiqu’en arrière fond, il contribue au sentiment d’aliénation organisée qui domine.
Organisée, parce que sous l’apparence d’un malstrom sonique, Oneida réussit, en plein oeil du cyclone, à trouver des motifs mélodiques bruts mais non moins accrocheurs sans pour autant tomber dans le moindre conventionnalisme.
Le résultat est fou, foudroyant et prend aux tripes.
Le public ne s’y trompe pas, il danse, d’un danse ravagée et hallucinée, complètement acquis à la cause du groupe qui se déchaîne, emporté autant qu’inspiré, sur scène.
Un grand moment de free rock un rien psychédélique, et c’est formidable
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 15:13

Découvrir Alexander Tucker sur scène est au départ déroutant.
Discret, presque renfermé, assis seul sur sa chaise au milieu de la scène, on le dirait seul dans sa chambre avec son quatre-pistes et son chat.
Mais devant l'incroyable énergie de sa musique, on se rend compte qu'il est simplement très concentré. Car à lui tout seul ce curieux musicien aux airs de hippie barbu déclenche des phénomènes sonores d'une dimension impressionante.

Ses armes favorites sont l'attirail de la plupart des artistes folk moderne : guitare acoustique, pédale de loops permettant de se sampler et d'empiler les boucles d'instruments et de chant. Ajoutez quelques effets bien connus de l'histoire du rock, distorsions, réverbs et filtres, et on reste en terrain connu.
Mais Alexandre Tucker, ce n'est vraiment pas juste un autre artiste folk qui fait des ballades minimalistes un peu tristes en prenant des poses.

Car avec ces outils à priori banals, Mister Tucker fait purement et simplement de la magie.
Ses mélodies faussement naïves se retrouvent doublées de nappes profondes, avec tellement de feedback que la salle (et nous avec!) tremble.
Sur cette fondation, il jette quelques arches aeriennes, des choeurs étranges, tellement harmonisées et filtrées qu'on ne sait plus d'où elles viennent, voix d'anges fous ou d'enfants de cauchemar.

Quand le volume est tellement fort et que la moitié de la salle se bouche les oreilles, soudain le calme...et une petite mélodie simplissime, sereine, pour quelques minutes de ballade presque Bluegrass.
Mais quand il sort son archet et une sorte de banjo électrique, on sait qu'il mijote encore une recette diabolique. Plié en deux sur sa chaise pour atteindre les boutons de ses pédales, il les manie avec brio et transforme avec une grande précision ses compositions les plus simples en moments de déchainement tellurique.

On se disait que sa manière de composer ses mélodies évoquait tout le spectre de la folk music américaine, on y sent la Bluegrass et la Country. La force de Alexander Tucker est de savoir allier ses racines folk avec une énergie moderne et unique.

 Mais ancore une fois, il est riche en références. Car sa démarche, sa manière d'utilise les effets, en particulier d’user des réverbérations, échos et boucles de feedback ne nous est pas inconnue.

Elle prend ses racines aux sources du mouvement hippie. En effet, le collectif The Merry Pranksters, pères fondateurs du mouvement psychédélique, menés par Ken Kesey, sont les inventeurs de ces effets sonores. Il les inventèrent en bricolant des magnétos à bande et inventèrent le son rock psyché. Ils fabriquaient à la main d'improbables installations en reliant en boucles de nombreux lecteurs de bandes, microphones et hauts-parleurs dont les boucles sonores s'amplifiaient et se distordaient à l'infini (certes ile ne buvaient pas que de l'eau). Parmi eux se trouvaient les musiciens qui allaient devenir les Grateful Dead. (cette histoire est brillament racontée par Tom Wolfe dans son célèbre  "The Electric Cool Aid Acid Test")

C'est cette même énergie créative débridée que nous offre Alexander Tucker, mais avec une maîtrise elle toute moderne. Le résultat est une expérience sonore d'une grande beauté.
Par Peter K. - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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