Mercredi 24 septembre 2008
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C'est dans un monde étrange, à la fois enfantin, fantastique et effrayant que nous convient les toiles de Marlène Mocquet exposées jusqu'au 11 octobre à la Galerie Alain Gutarc.
On est toujours tenté de définir un style, un univers pictural même s'il est singulier par rapport à d'autres. Pour nous, celui de Marlène Mocquet pourrait être le fruit d'une rencontre fortuite
à la tombée de la nuit (et sous champignons) entre Tim Burton, Takashi Murakami et de Hayao Miyazaki.
Ludique, halluciné, énigmatique, obsessionnel.
Plus prosaïquement, et de manière plus critiqued'art-istiquement correcte, d'autres y verront une réunion de Jérôme Bosh et de Gerhard Richter.
Mais qu'importent les comparaisons, car Marlène Mocquet crée un univers bien à elle et sous l'apparence de l'accidentel
et du hasard, fait preuve d'une grande maîtrise. Elle mêle allègrement les techniques pour jouer des effets de matière, de brillance, de glaçage, ou de marbrure.
Ses toiles sont peuplées d'une faune bigarrée, d'êtres étranges, fantasmagoriques, aux yeux toujours exorbités et à la
bouche grande ouverte et évoluant dans un monde flottant, onirique, sans contrainte d'apesanteur.
Chacune d'elle raconte une histoire, une fable faite d'ellipses.
Curieux, le visiteur est capté dans un premier mouvement, puis dans un second, il décortique, explore.
Une petite fille en robe rouge- alter ego pictural de l'artiste, et omniprésente dans ses travaux, scrute aussi ce monde
qu'elle cherche en vain à saisir mais dont elle est aussi actrice.
Allégorie, peut-être, du point de vue de l'enfant ou du jeune adulte qui se retrouvent confrontés à une réalité en
mouvement perpétuel, sur laquelle nul n'a vraiment prise.
Sous le questionnement perpétuel, sous cet état éberlué, point toutefois de discours pessimiste ou apeuré. Un univers
difficile à saisir, déroutant, mais éminemment séduisant et riche.
Une petite exposition (cinq à six grands formats) qui mérite qu'on s'y attarde vraiment en prenant le temps de se plonger
au coeur des saynètes complexes qui s'y jouent sous nos yeux eux-mêmes hallucinés et éberlués. Ne sommes nous pas, nous aussi, cette petite fille en rouge?
Marlène Moquet
Jusqu'au 11 octobre à la Galerie Alain Gutharc
7, rue Saint Claude
75003 PARIS
01.47.00.32.10
Par laure dasinieres
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Publié dans : exposition
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