Mardi 6 janvier 2009
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C'est dans un lieu aussi magique que surprenant et chaleureux que nous avons assisté au concert de Treemouth ce dimanche soir.
Avant de vous parler du concert en lui-même, il faut absolument qu'on vous présente le dansoir Karine Saporta.
Situé entre les quatre tours de la BNF François Mittérand, ce chapiteau de bois du début du siècle, une antiquité dénichée dans les Flandres, est, selon les termes de la
chorégraphe, un "magic mirror", proche architecturalement et décorativement du Cabaret Sauvage ou du Palais des glaces du Musée Grévin.
Des parquets en bois, des tentures aux couleurs chaudes, des miroirs, de la circularité de l'espace, tout dans ce lieu évoque la féerie, le charme et la convivialité
des installations foraines ou des cabarets.
Dédié, en particulier à la danse (Karine Saporta est chorégraphe), c'est avant tout un lieu ouvert, ouvert à tous les arts vivants et ouvert au public quelqu'il soit, sans élitisme, ni
insupportable prise de hauteur, dans un esprit d'éclectisme, de diversité et de partage.
Il est habité par l'intelligence, la modestie et la chaleur humaine.
Sa programmation suit cette volonté d'ouverture, en proposant chaque samedi à l'issue du spectacle, un dansoir interactif, moment de danse partagé par tous, où entraîné par des "meneurs de danse"
sur une musique live, le public est invité à entrer dans le mouvement, qu'il s'agisse de danses musettes, brésiliennes, latines, rock ou baroques.
Le Dansoir offre également dans ses rendez-vous récurrents des brunchs littéraires ou artistiques, des rencontres culturelles...
En ce mois de janvier, il s'ouvre aux concerts avec l'intention fervente de faire découvrir les talents actuels dans toutes les formes d'expression musicale, du rock à la chanson, du hip hop aux
musiques du monde, de la chanson aux musiques baroque et classique.
En février, le dansoir fera "son cirque" et en mars, il se fera numérique!
A l'issue de cette première visite, on est simplement et complètement séduit par le lieu et ses visées et on vous invite à le découvrir au plus vite!
Venons en maintenant au concert de Treemouth.
Le quintet post-rock nous a offert un joli moment d'enveloppement sonore en produisant un son intense et onirique mêlant avec une certaine grâce instruments acoustiques et machines, chants et
choeurs.
A travers des mélodies captivantes, ils créent une atmosphère à la fois mélancolique et tempétueuse qui fait appel avant tout à l'émotion, au ressenti, comme une sorte de cocon acoustique dans
lequel on se love.
Portés par la voix chaude et habitée d'Angelo, les arrangements évoquent tour à tour les univers de Mogwai, Syd Matters et Archive, oscillant entre ambiant folk, rock alternatif et trip
hop.
Quelques regrets cependant... Malgré leur force de séduction et la charge émotionnelle qu'ils transportent, malgré la qualité musicale, on peut reprocher à Treemouth un certain manque
d'investissement scénique.
Certes, leur musique ne se prête pas à des emballements de groupe, ni à la grosse rigolade, mais chacun semble jouer dans son coin et s'ennuyer un peu... De fait, leur prestation apparaît quelque
peu désincarnée, ce malgré la prestance du chanteur qui ne parvient pas à fédérer ses musiciens dans ses emportements.
Force est également de reconnaître que leur son, lorsqu'il se veut surprenant par des césures et ruptures se perd et peine à convaincre lorsqu'il voudrait séduire davantage.
Somme toute, ses quelques défauts sont ceux d'un léger manque de maturité dont Treemouth devrait se défaire vite! A suivre, donc...On sait déjà qu'ils seront le 23 avril à l'OPA...
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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