Mercredi 21 janvier 2009
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S'ils commencent leur set sur des notes très calmement folk, les islandais du collectif à géométrie variable Hjaltalin embrayent très rapidement sur un emballement
musical et vocal pour produire une pop orchestrale cavalacadante où s'entremêlent les influences et cultures musicales.
Hjaltalin, c'est un peu Bambi qui danserait avec le magicien d'Oz sur une musique des Beach Boys, Edvard Grieg qui composeraient des chansons pour l'Eurovision, ou Hansel et Gretel en ménage
à trois avec Beirut.
Tout en puisant leurs racines dans les orchestrations d'un classique anti-romantique harmoniquement et rythmiquement audacieux à la Prokofiev, ils convoquent les standards de la variété 70's-80's
et de la musique de film , le rock , la soul, le funk ou encore la country pour les cristilliser en un majestueux, rieur et jubilatoire mélange des genres que la maîtrise instrumentale et l'écoute
mutuelle empêchent de se transformer en fourre-tout gradiloquent mais stérile.
En jouant de décalages rythmiques, d'effets crées par l'association d'une voix féminine très soul jazzy et d'une voix masculine rocailleuse entre rock et blues, de clins d'oeil tantôt
subtils tantôt plus appuyés au son chamallow des comédies musicales 50's ou des BO de films Disney, ils créent un univers où l'on se rit des conventions, quelque chose de loufoque et joyeux et
pourtant techniquement très abouti.
Souvent, les guitares et le violon, portés par un jeu de batterie efficace, un clavier en majesté et l'usage surprenant mais pour le moins convainquant d'un cors français, s'échauffent et se
déchaînent pour engendrer des arragements oscillant sans cesse entre musique foraine, effervescence balkanique, frénésie des danses folkloriques alcoolisées au brennivin...
On est enthousiasmé par cet effet paradoxal de bric à brac sacrément bien construit, par la folie douce et l'énergie qu'ils distillent, leur spontanéité et leur joie de jouer.
Les plus réticents auront succombé à l'issue de leur rappel, une reprise dansamment funkeuse et singulière de l'Anamour que le grand Serge n'aurait pas reniée.
Hjaltalin nous réjouit parce qu'il offre une musique vivante, cordiale et fédératrice, entraînante et intelligente.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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