Mercredi 11 février 2009
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Quelque chose comme un mauvais signe flottait sur la prestation des Londoniens de The Chap, ce mardi soir à Mains d'Oeuvres...
Des balances faites au dernier moment, pendant le changement de plateau, un passage du coup assez tardif et surtout l'absence pour cause d'avion annulé, des deux filles du groupe...
Et pourtant, même en sous-effectif, le combo punko pop dada a confirmé sans aucune difficulté l'appréhension que nous avions de lui rien qu'à l'écoute de leur dernier album, Mega
Breakfast, petit bijou d'inventivité, ludique coloré, et remarquablement construit malgré des allures de joyeux bazar rutilant autant qu'impertinent.
C'est que les Chap ont ce talent à nous balader là où on ne les attend pas, et procédent à une efficace, plutôt fun, un peu bancale et jouissive réinvention du rock et de la pop en y mêlant
sonorités électro-discoïdes, funk, soul, R'n B, mais aussi punk ou krautrock.
Expérimenter et démantibuler les influences et les clichés, tout en conservant le soucis de la mélodie et de l'harmonie tel semble être le mot d'ordre de ce power band qui a oublié de se prendre au
sérieux quand bien même il fait déjà figure de groupe culte.
Difficile de ne pas penser, pour l'inventivité, la créativité et la liberté à des groupes comme Animal Collective ou Architecture in Helsinki (avec lesquels ils ont d'ailleurs tourné), mais The
Chap supporte mal la comparaison.
Inclassables... C'est justement ce qui les rend profondément intéressants!
On sent que l'esprit du jeu et l'envie de nous surprendre sans cesse, de nous faire rire et danser les anime, cela dit, si la petite mécanique Chap Pop fonctionne aussi bien, et multiplie
les tubes en puissance, c'est qu'ils prennent un plaisir certain à équilibrer mélodies et rythmiques, mais surtout qu'ils s'amusent visiblement beaucoup à siphonner réfléxion, expérimentations et
explorations avec des aspirations dansantes, entraînantes et catchy à la limite de la pop mainstream.
The Chap est un bouillon effervecent et jubilatoire et on est très impatients de pouvoir les voir jouer en formation complète. En attendant, on continuera d'écouter en boucle leur album, remède
miracle (et bien plus fun que le prozac) pour oublier la grisaille hivernale.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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