Jeudi 12 février 2009
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Touchant de sincérité adolescente, enfantine presque, un peu timide et d'apparence nonchalante, François Virot est aussi, confusément, emprunt d'une sorte de sagesse de vieillard, de celui
qui a appris à se dire: j'en ai vu et écouté des groupes, c'est cool, mais moi, je sais que tout seul avec mon imagination et ma guitare, je peux bien me lancer et braver ma trouille de la
scène.
Et comme il a raison le garçon!
S'il n'a pas l'air bien assuré, s'il semble assez surpris par le public fourni et réjoui qui l'accueille et l'acclame, il a néanmoins l'audace des fous, de ceux qui osent explorer, livrer les
sonorités qui les titillent, multiplier les pieds de nez aux canons, aux contraintes prémâchées de la pop et du rock.
Et Virot vole libre, et haut, (re)définissant les contours d'une folk instinctive et organique, forte d'un chant qui sort des tripes, quitte à miauler, hululler sans pour autant geindre, heurter
l'oreille peut-être mais captiver toujours et d'un toucher de guitare fascinant d'audace et de singularité, très technique mais comme complètement spontanné.
D'aucun qualifierait son style d'expérimental... Si cela veut dire qu'il vit sa musique comme une expérience, alors oui, c'est le mot.
Il marche à l'instinct, à l'instant, ressent tout, tréssaille, grimace, il a ce côté brut, presque sauvage qui le range dans la famille des Animal Collective ou l'assimile à un José Gonzales un peu
barré et tête brûlée.
Parfois joyeux, souvent mélancoliques, en tout cas pleins de violence et de tensions, tantôt retenues, tantôt libérées, les morceaux de Virot sonnent le glas d'un song writting folk formaté,
lassant à force, mais dont la fadeur et la facilité semblent convaincre les programmateurs des petites salles parisiennes.
Virot n'a de cesse de nous titiller, et aussi plein de fraîcheur et d'inventivité mélodique que de vigueur rythmique, il distille un son aussi sincère que dense, à la fois trivial et
sophistiqué.
Si deux ou trois morceaux un chouya trop grungy nous ont un peu déçus, il est vrai, on est sans réserve acquis à la cause de cet oiseau rare, qui a, en plus, la grâce (c'est si rare!) de ne pas se
prendre au sérieux.
Et, quand il reprend le Dancing Queen d'ABBA (et même si U2 en a fait une version assez proche), on est sous le charme de ce garçon aussi déroutant, un peu frustre et farouche que
chaleureux et généreux.
Il ne cherche pas à plaire à tout prix, et c'est sa force, sa richesse.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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