Dimanche 15 février 2009
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11:46
La Saint
Valentin, c'est un peu comme les Mon Chéris (ou l'inverse) c'est rouge, ça donne envie de vomir et, pas de bol, ça revient tout les ans.
Qu'on soit célibataire ou non, ça craint, ne serait-ce qu'un petit peu, et ça sent bon (ou plutôt mauvais) soit la soirée aux chandelles forcée et convenue, soit le plan offensive anti déprime
entre potes britgetjonessiants où on se ramasse à la petite cuillère...
Super!...
Sauf que cette année, le Collectif Animal Chic a eu la superbe, sensationnelle et insolente idée d'organiser LA contre soirée de la St Valentin, Ne soyons pas amoureux! à la
Bellevilloise.
Et nos "Agents provocateurs" préférés ont très joliment réussi leur coup nous offrant une soirée d'une ironie majestueuse, d'un mauvais goût touchant au sublime, d'un mauvais esprit ravageur, le
tout, et ça on ne le répétera jamais assez, servi par un véritable travail de compos et d'arrangements en amont.
Parce que si on déconne pas mal chez Animal Chic, qu'on danse et qu'on boit des coups, on respecte profondément le public, et quels qu'ils soient, ses membres se donnent avec succès la peine
d'offrir un son plus que convaincant, toujours hyper bien foutu malgré un goût affiché pour le non sens, l'absurde et l'(auto) dérision.
Qu'on soit familier ou non de l'univers "sexy, stupid and sophisticated" du collectif , ce fût avec une énorme plaisir, pour nos yeux fascinés et pétillants, nos zygomatiques titillés et nos
oreilles ravies, de voir réunis l'ensemble de ses artistes, qui s'ils s'inscrivent tous dans une tendance électro cabaret déjantée, ont chacun leur propre personnage qu'ils incarnent avec charisme
et intelligence scénique.
Bref, du bohneur en barres à faire exploser les ballons en forme de coeur et à vous faire avaler de travers votre chocolat fourré de cerise confite.
Premier artiste à défier le public, et on le découvrait ce samedi soir pour la première fois, Pygmy Johnson
Lonesome cow boy électro classe, crooner désanchanté à la
voix grave, il prend à contre-pied, entre grincement de dents et émotion, les clichés du sentimentalo guimauve folk song writting pour livrer des chansons mêlant blues, pop, électro, rock et
blue grass.
Entre mélancolie caustique et subtile nonchalance hantée, il nous a fait lever haut les flammes de nos briquets sans nous donner la moindre envie de tomber amoureux!
Puis est venu le tour du "populaire" , extrême et décadent Christ en slip latex noir, Jérémy Malchior.
Il a découvert Madonna, Mozart, Britney Spears, Dorothée, les Rita Mitsouko, les Daft Punk et tant d'autres...
Alors forcement, c'est les chevilles enflées et l'égo énorme qu'il investit la scène accompagné comme il se doit de ses fidèles bonne soeur et catin SM.
Ici, on adore sans réserve cette superstar phénoménale à coté de qui P. Katerine nous semble être un petit rigolo...
Et, quand il reprend à sa sauce le Je t'aime de Lara Fabian, ça se transforme forcément en un Je m'aime asséné à la foule en délire!
Ce qui est génial chez lui ,c'est que dans toutes les positions aussi trashy soient elle, qu'il use des termes les plus grossiers, il sait ne jamais tomber dans le vulgos/rire gras. Il provoque, il
étonne et détonne et c'est jouissif!
Son duo Repeat After
me avec Punkie B. est un régal d'hystérie provocatrice et arrogante. Énorme!
On a ensuite retrouvé la divine Madame
Dame, diva électro clash, bourgeoise sous acide et whisky dont la voix grave exerce un pouvoir de séduction sombre et sans faille.
Éloquente, déchaînée, mais néanmoins terriblement smart, elle a livré une prestation enflammée et enflammante, servie par des arrangements électro subtils. Entre cabaret blues et exubérance
dance-flooresque, la tigresse à collier de perles ne choisit pas et c'est tant mieux.
Elle accroche en libérant une énergie folle.
La force qu'elle déploie pour livrer son titre Recover est simplement remarquable. Son duo avec Pygmy Johnson pour une singulière reprise Leat me be your man tient de la
perle.
Bref, on est décidément fan du groove électro glam et fantasque de Madame Dame.
Last but not least, place enfin au duo Alcaline. composé de Punkie B., électrifiée chanteuse anglophone
hysterico-psychopathe à tendance nympho, improbable hybride de Paris Hilton et de Nina Hagen et du placide et gominé dandy Parker.
Comme à leur habitude, ils ont complètement déchaîné le public de leur électro punk discoïde et glamour, fait de décalage, de provoc et de douce dinguerie sous ecsta.
Un son qui dynamite tout sur son passage, des textes insolents, cyniques et culottés, une présence scénique incomparable et jouissive d'irrévérence et de goût de l'absurde.
Ces deux-là sont sidérants.
Et, il n'y avait bien qu'eux pour pouvoir reprendre sans faute le Love will tear us appart de Joy Division, qui passe pourtant pour nous comme étant LA chanson intouchable.
A la fin de leur set (trop court, forcément, comme ceux des autres), le plateau forum de la Bellevilloise qu'on a l'habitude de voir très calme était juste en feu.
Et nous, on était plus que comblé...
On a complètement oublié cette foutue St Valentin et on est ressorti avec des ailes, prêts à tirer à feu sur le premier Cupidon qui aurait eu la mauvaise idée de passer par là.
Pétitionnons et harcelons Animal Chic pour qu'il nous organise aussi une anti-fête des mères, une anti-Toussaint et surtout un anti-Noël!
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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