Vendredi 20 février 2009
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Allure de grand échalas et élégance désuète mais non moins arty, Jeremy Jay qui fêtait ce jeudi soir la sortie prochaine de son second album Slow dance, consacre avec une maturité confondante
une fusion des styles, des modes et des époques et livre un son hybride, à la fois sobre et dense, léché et dansant,dépressif et non moins léger et coloré.
En confrontant avec naturel, grâce et inventivité, folk et anti folk, pop lo-fi, new wave , glam, disco et romantisme variètoche, il impose un style singulier qui tisse un pont entre fifties,
eighties et aujourd'hui et qui sonne à la fois frais et profond, atemporel et pour le moins terriblement actuel, voire même bien en avance sur la tendance.
On se plaît bien à se laisser captiver et égarer par ses pop-songs impeccables et classieuses, tant empruntes de pudeur et de timidité que de d'envie sous-jacente de faire danser , de séduire et
d'énamourer filles et garçons.
En mêlant spleen nostalgique et appels dance flooresques, il crée un atmosphère qui tient de la boom pour adultes en fin de soirée, de ce moment où l'on commence à être fatigué et embrumé, mais où
l'envie de danser est encore bien présente.
Sa voix qui emprunte des chemins variés et multiplie les références autant à Bowie qu'à Morissey, entre lyrisme, nonchalance et aridité est portée par une étrange combinaison d'arrangements
guitaristiques abrasifs, souvent dépouillés et minimaux et de synthés clinquants et lumineux.
Le mélange des genre chez Jay n'a rien de l'exercice de style, ni de l'empilement foutraque, bien au contraire. La facture globale est même plutôt classique.
Créativité, sens de la cohérence et dosages méticuleux malgré un nihilisme de façade rendent ses mélodies d'emblée irrésistibles, entêtantes et catchy, du genre qui accroche dès la première écoute
et ne lâche plus.
Bizarrement, beaucoup vont sans doute hurler, on se dit que grâce à sa modestie, à l'intelligence de sa musique qui sait trouver de la profondeur malgré une certaine forme de douceur romantique et
dose efficacement morgue et esprit festif, Jeremy Jay réussit là où un Mika, à force de poses forcées et de gimmicks fluos se plante lamentablement.
Jeune garçon moderne version 2000, crooneur pop et chanteur rock, Jeremy Jay est tout cela et sans doute plus ou autre chose et s'affirme comme l'un des artistes essentiels pour un renouvellement
de la pop indé.
Il a suffit de ce concert pour qu'on deviennent fan...
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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