Samedi 21 février 2009
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Urgence, spontanéité, fougue et fureur de jouer, dosage insolent de dissonances et autres violence sonores et de bon sens
mélodique, les parisiens (oui, parisiens, on a du mal à le croire!) de Jordan
réunissent tous les ingrédients pour se positionner comme un (si ce n'est LE) combo essentiel pour les amateurs de sensations indés directes et singulières, du genre qui consacre un avis de grand
vent à la fois violent et rafraîchissant sur le rock français chanté en anglais qui trop souvent se borne à singer ses modèles et ne parvient pas à imposer sa propre personnalité.
En livrant un son frontal mais non moins entraînant, qui combine avec justesse (ce qui ne signifie ni rigidité, ni fadeur) immédiateté et triturages post-punk et efficacité power pop en y mêlant
sonorités électros sobres et dansantes, le trio guitare, synthé, batterie a su emporter notre adhésion pleine et entière, ce malgré des conditions acoustiques réductrices (on aurait aimé un volume
plus élevé, mais soit... on en devine pour autant le tact et la force d'attraction de leurs morceaux...)
Les voix éraillées, j'm'en foutistes, la guitare nerveuse, saturée ou plus aiguisée et le jeu de batterie tendu et puissant trouvent un contrepoint plus léger, une aération, dans arrangements de
synthé aussi ciselés qu'emprunts d'une évidente frénésie, permettant à Jordan de balancer des bombes sonores un rien skizo, débridées, aussi détraquées que catchy, inclassables et entêtantes, qui
dynamitent les catégories conventionnelles et nous explosent en pleine figure pour mieux nous accrocher.
Aux frontière du harcore (lourdeurs des textes politisés en moins), Jordan assène des morceaux bruts, pas forcément très carrés instrumentalement, mais c'est justement dans ces débordements, cette
impolitesse, ces imperfections qu'ils semble s'épanouir le mieux.
Et, au delà de leur son détonnant et brillant, Jordan, c'est aussi un groupe de scène comme on les aime, d'une aisance et d'un naturel confondant, dont la prestation respire la franchise et le
plaisir d'être là. On a l'impression qu'ils jouent comme si c'était la première mais aussi la dernière fois, donnant tout... S'il y a dans leur jeu une certaine maturité, on se réjouit de les voir
s'agiter, d'investir complètement et sans faux semblant, grands ados joueurs et passionnés.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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