Samedi 21 février 2009
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Entre virtuosité créative et aliénation totale, les américains de 31 Knots, découverts pour ce vendredi soir au Café de la danse, nous ont livré une prestation furieuse, frénétique, emprunte autant de
rage que d'esprit clownesque/ carnavalesque, radicale, imprévisible et insolente.
Bouillonnante d'inventivité, brouillant les pistes et sautant d'une référence à l'autre, leur musique saisit et affole par sa schizophrénie, sa fougue et sa puissance.
En servant de manière théâtrale un son post-rock original tour à tour fébrile et énergique, maladif et emporté, bancal et virtuose, le trio californien surprend, fascine et captive par sa
singularité, son refus des normes et des contraintes, son côté maniaque et psychotique.
Touche à tout sans complexe, leur son (et leur art de la scène) évoque à certains égards Of Montreal, mais ce dans des inclinaisons plus radicalement rock, et sans le côté grand guignolesque, et
convainc par sa sagacité et son intelligence.
Si la technicité, le travail et la maîtrise sont indéniables, on a pourtant l'impression que 31 Knots marche à l'impro, comme inspirés par des voix venues d'on ne sait où et rapidement leur
concert, d'une grande intensité, prend des allures de messe païenne chaotique, où le lyrisme se confronte sans cesse à l'urgence et à l'impétuosité, à l'instar des déroutants et empressés
changements de costumes, habillages/déshabillages du chanteur et guitariste Joe Haege.
Malgré leur côté déglingué, leur hétérogénéité et leur intempestivité, leur compositions, où de plus en plus les touches électroniques prennent avec efficacité la
place des guitares nerveuses des précédants albums, trouvent une forme de cohérence, atypique certes, mais non moins évidente.
L'invention et l'audace ne font jamais figure de simples exercices de styles et la complexité des morceaux à la fois bruitistes et mélodiques font de 31 Knots un des groupes les plus intéressants
de la scène indé, à voir impérativement sur scène pour en savourer la personnalité surprenante et inclassable.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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