Dimanche 22 février 2009
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Dire que Catherine Watine est une "grande dame", dire qu'elle impose le respect n'est en
rien une ruse stylistique polie pour évoquer son âge.
C'est simplement le constat qui s'impose lorsqu'on la voit et qu'on l'écoute sur scène accompagnée de ses musiciens.
Aussi élégante et charismatique que confondante de naturel et de malice, elle livre un son désarmant de splendeur, fascinant et captivant, à la fois mélancolique et lumineux.
Inclassable, aussi, conviant le sombre du blues, la force du rock, l'intensité bouleversante et planante du trip hop, la magie des sonorités orchestrales et la simplicité et la pureté des
home-percussions, sa musique séduit par sa singularité et son inventivité.
Elle révèle des plages d'harmonie envoutantes, portées par des cordes cisélées et oniriques, et parfois un piano poétique et gracieux, tout en s'autorisant des envolées puissantes où s'expriment
avec justesse les guitares électriques.
De sa voix sur le fil, entre chant,parole et murmure, dans un anglais charmant parce que peu assuré, Catherine Watine trouble et séduit, touche profondément.
Étrangement, alors que l'on pourrait parler aussi bien de Marianne Faithfull que de Portishead ou d'Archive, on pense à Bashung, pour cette capacité à émouvoir dans une sobriété de façade sous
laquelle se cache un remarquable talent à faire cohabiter des éléments hétéroclites, à offrir des arrangements harmoniques et orchestraux soignés et classieux et à osciller entre désespoir et
optimisme.
Toute en finesse et en subtilité, Watine nous a livré un de ces concerts dont on ressort différent, à la fois apaisé et au bord des larmes, frissonnant. Un moment rare, suspendu.On la
remercie...
A ceux qui s'étonneront de ne pas lire de report du concert de Faiguson qui
suivait celui de Watine ce samedi soir au Divan Du Monde, nous répondrons bêtise crasse et bornée de videurs violents...
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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