Vendredi 3 avril 2009
5
03
/04
/2009
16:15
Elvis, Elvis, Elvis.
Tu partais ce soir déjà gagnant.
L'avantage certainement de ton physique de John Lennon malicieux, de tes boucles folles et de tes petites lunettes rondes. Non en fait, bien sur, surtout cette garantie de retrouver ta voix. Cet
organe qui fait frémir, bien plus sûrement que n'importe quel phallus, les esprits et les corps sensibles.
Ah, oui, c’est vrai, tu n'es plus tout seul, tu es accompagné.
Maintenant, vous faites cela à 4. Bon.
Ainsi soit-il. Le plaisir aurait pu être dilué ou trop complet mais, non car, à ton image, tu as pactisé avec la qualité. Alors, allez, oui, prenez-nous tous les 4.
La salle est pleine, les demandes "affectives" (hum) sont placardées sur tous les fronts. On est là pour en prendre plein les sens, on ferme les yeux, on veut pleurer. Mais ça serait TROP
simple.
Tu sais que tu es attendu sur ce terrain.
Ça commence donc, et voilà, pour l'ouverture, c'est frais, c'est gai, et ça démarre fort comme une fanfare.
Ta voix émerge bien sûr, mais on est happé par tous tes petits amis et leurs instruments délicieusement dégainés : un banjo ici, une trompette par là, un saxo sur celle-ci, un harmonium sur
celle-là.
Sacré vous !
Elvis, ils sont bien tes musiciens, ils sourient, ils s’amusent, ils semblent contents de jouer avec toi. On a envie de vous taper dans les mains. Mais, l'instant d'après, c'est parti. Sans nous
prévenir en plus, salaud.
On te retrouve avec émotion, tel qu'on t'a laissé.
Magistral, fragile. Tu magnétises la salle, tranquillement, sans ostentation.
Mais, pas de " Post Coitum animal triste ", loin s’en faut, le rythme du concert emporte tout sur son passage.
Alors oui, certains peu habitués à te voir endosser des habits de farmer se retrouvent peut-être moins sur tes morceaux plus "country", d'autres, comme votre serviteuse, est frustrée de voir la
pépite «I’ll arrived » raccourcie, vocalisée un ton plus haut, comme si le train effectivement ne nous avait pas encore assez rapproché de toi.
"Shampoo", diamant attendue, en revanche ne loupe pas sa cible. Mais c’est pardonné, bien sur.
La fin du concert est à toi, tu restes seul, tu nous emmènes où tu veux, tu nous fait monter dans tes tours. Et pas un ne manque à l’appel.
Pardon pour cette chronique de femme multi orgasmique mais Elvis c'est un peu ça, il s'infiltre.
Par Ariane David
-
Publié dans : Chroniques de concerts
-
0