Mardi 7 avril 2009
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Une belle journée de printemps, on se retrouve devant le Trabendo pour assister enfin au concert des Notwist, initialement
prévu en décembre .
Ouverture des portes, déjà pas mal de monde dans la salle, le temps d'une bière et la première partie commence.
Saroos, un groupe émanation de la « galaxie » Notwist, avec un membre de Lali Puna (le batteur, le plus intéressant de Lali Puna évidemment... Ou pas.) Ils jouent environ 45 minutes, une sorte
d'electronica live, stridente avec une basse et une batterie. La première constatation est que le Trabendo fait visiblement peu de cas de la limitation du volume sonore, chaque stridence du groupe
est à la limite du supportable...
Merci les boules quies !
Pour résumer le set de Saroos, un batteur habité (dixit Adeline, musicologue experte en transe et en comptines), un gars qui lance des boucles de bruits ou de voix depuis son sampler, et un
bassiste à gros son...
On mélange et on obtient un clone de Death in Vegas noisy, pas désagréable, mais rapidement pénible. Enfin on peut sauver le morceau avec Alias en guest -during this course- (ce soir c'était sur la
bande sonore, parce que pas de chanteur), mais ça manque quand même un peu de mélodie et d'émotion. Après le set, pause pour les oreilles, le temps que Wolverine, roadie mythique des Notwist,
installe les instruments et la scène pour la tête d'affiche de la soirée.
Il faut décrire le look incroyable de ce gars, il arbore fièrement une double (double!) crête peroxydée sur le crane, qui surmonte une paire de sourcil perpétuellement froncés.
Le noir se fait dans la salle, les gars débarquent sur scène, le choc est rude pour les gens qui s'attendaient à une bande d'éphèbes en slim, non c'est plutôt messieurs Rault, Lechaux et leurs
amis, professeurs de physique au lycée Évariste Gallois de Chatenay-Malabry.
Sur scène nous avons Martin 'Console' Gretschmann aux machines, qu'il pilote au doigt et l'oeil grâce à deux Wiimotes, nous avons Andi Haberl, batteur mitrailleuse ravi et possédé (Adeline a dit «
à ce niveau là c'est plus habité, c'est possédé), nous avons Michael Acher bassiste ondulatoire à mèche folle et nous avons Markus Acher, chanteur à la voix de velours germanique et guitariste à
choucroute (il y a aussi un gars qui joue de la guitare, sans doute le prof de français).
Le set commence par une jolie version de Boooone less, petite perle du dernier album, ça commence bien ! Et là, le sample bien connu de Pick up the Phone...
Le souffle court, je me hausse sur la pointe des pieds pour profiter à fond de ce grand moment.
Et je ne suis pas déçu, une version magnifique avec des fulgurances rock brutes. Les morceaux des deux derniers albums du groupe s'enchainent dans un set énergique, qui réussit l'équilibre entre
les délicates créations sonores de Martin Gretschmann, la section rythmique impeccable (la mitrailleuse humaine et le gros son de Michael Acher) et les fulgurances noise de Markus Acher à la
guitare. A un moment, le groupe se lance dans une version vitaminée de Neon Golden, tube de l'album éponyme, le morceau se termine dans un feedback géant, tout doucement, on commence à entendre un
sample martyrisé de pilot, « of different cars and trains », et on se dit que le groupe va nous faire son combo spécial Neon Golden / Pilot avec passage dub et mélodies entrainantes, on n'est pas
déçus, le groupe se lance dans une interprétation magnifique de leur tube, alternant les moments électroniques expérimentaux et le refrain pop fédérateur « Could be enough if only he's the pilot
once a day. ».
Le public est conquis, chaque morceau déclenche des salves nourries d'applaudissements, et des cris d'enthousiasme (il y en a même deux derrière moi qui chantent les paroles et les mélodies -oui
oui les mélodies-).
Là, on se dit qu'on écouterait bien le concert toute la nuit (on a des bouchons d'oreille donc on peut...) et c'est la fin, enfin la fausse fin des concerts, vous savez quand ils font semblant de
partir pour revenir après. Ce soir c'est fête, généreux, les musiciens reviennent deux fois pour quelques morceaux bonus, qui prolongent encore la magie encore un peu. Le set s'achève sur une
pointe d'humour germanique quand Markus se plante dans les paroles de la dernière chanson, un dernier salut du groupe et c'est vraiment terminé. Les génies de la sono nous balancent un ersatz de
salsa à fond pour nous faire partir plus vite de la salle, avec le niveau sonore d'un A380 au décollage ou de l'arrivée de la ligne 5 à la place d'Italie...
Du coup on fuit la salle et on se retrouve dehors, les oreilles encore engourdies, mais la tête pleine d'images de professeurs de physique musiciens.
Par Stephane Gueguen
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Publié dans : Chroniques de concerts
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