Nous

Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /2009 09:48
Ils étaient tous là pour eux.
Enfin, pas tous mais bien la majorité.
Ils sont d’ailleurs arrivés certainement tous ensemble d'Auvergne pour leur montrer ce que c’est qu’un public de fidèles adorateurs.
Et puis enfin, les voilà ! Au complet, pas disséminés au sein des groupes amis du label Kütu folk Record (non moins talentueux).
Le bourdonnement de la salle s'est alors arrêté net.
Car d'emblée, il y a cette conscience que quelque chose va se passer, que la profondeur de leur musique ne peut émerger que d'un silence solennel, que le calme des volcans doit être palpable, même à Paris, même à côté du Café Charbon.
Pourquoi ? Parce que The Delano Orchestra nous offre des morceaux sobres, épurés, souvent très sombres -mais paradoxalement aussi clairs et gouleyants que de l'eau de roche.
La voix d’Alexandre Derek Delano n'est jamais poussée ou mise en avant, bien au contraire, elle respecte trop les instruments qui l'accompagnent - les cuivres notamment, qui sont en quelque sorte ses cordes vocales quand il faut crier.
Pour les plus romantiques d'entre vous (et il y en a), ces murmures aériens, intimes, orageux sont un très bel écrin pour partir direct s'embrasser (un volcan s’éteint, un amour s’éveille).
Ce qui se passe en écoutant jouer The Delano Orchestra est très simple: vous êtes plongés dans leur film, à mi chemin entre l'Islande (on pense parfois à Sigur Ros ,si il faut comparer)(mais le faut-il?)(parce que alors il y a aussi Vic Chesnutt pour le dépouillement crié) et leurs lacs auvergnats.
Parler de film n'est pas anodin, tant l'impression est forte que l'univers créé s'accompagnerait si parfaitement et naturellement d'images.
Et oui, vous êtes forcément ailleurs quand vous écoutez leurs mélodies torturées, leur atmosphère vaporeuse et leurs arrangements plus que soignés. Surtout ce qui est vraiment admirable, c'est la discrétion absolue avec laquelle tout cela est fait. Le groupe se met en retrait pour laisser le public se concentrer sur leur musique.
Delano Orchestra a réussi hier soir à nous donner un magnifique aperçu de ce qu'un folk introspectif peut provoquer sur la psyché humaine (oui pas moins). Ces garçons, avec leur port de tête très humble, nous donnent irrésistiblement envie de venir nous installer à vie dans leur salon les écouter nous parler de leur histoires. Ou plutôt, soyons chauvins, on leur souhaite de transporter leur région partout dans le monde. C’est plus que mérité.
Par Ariane David - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : Parlons Zic !
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