Mardi 28 avril 2009
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16:30
Un singulier phénomène, une personnalité ébouriffante, une spontanéité un peu cabotinante, Frida Hyvonen, accompagnée ce mardi soir de sa batteuse (accessoirement danseuse de
claquettes) et de sa guitariste/violoniste nous a livré dans la formalité et les lustres du Théâtre Marigny un véritable show plein d'esprit, généreux, remarquable de justesse dans le décalage et
la capacité à instaurer une complicité avec un public assis -et il faut le dire refroidi par l'accueil pète-sec du théâtre.

Musicalement, mais ça nous le savions déjà, c'est juste... Parfait...
Impossible de ne pas adhérer pleinement aux mélodies somptueuses, richement instrumentées et portées par des textes à l'écriture très narrative, vraisemblablement auto biographiques, d'une grande
sincérité, petits morceaux de vie illuminés par ce mécanisme d'orfèvrerie instumentale (tant dans les lignes rythmiques que dans les arrangements) et portés par le piano en majesté et par la voix
assurée, mature et pleine d'aplomb de Frida Hyvonen, rappelant à bien des égards celle de Debbie Harris.

Si l'on vous parle de Blondie, ce n'est pas juste une question de décoloration capillaire...
Il a y non seulement cette force dans le chant, mais l'univers d'Hyvonen parait très marqué par le son 80's, mais aussi par son extravagance (dans le bon sens du terme), se tournant par moment du
côté de la comédie musicale et de la variété de qualité.
Et, là où beaucoup prennent le parti pris de l'intimité et de la (fausse ) pudeur revendiquée, la suédoise, elle, opte pour une certaine emphase, non pas par excès d'orgueil, mais bien au
contraire, parce qu'elle est vraie et naturelle et que c'est dans sa folie douce qu'elle trouve la manière de s'exprimer au mieux.
Ceux qui ne connaissent sa musique que sur disque/mp3 sont sans doute très surpris de nous lire.
Il est vrai que l'écoute de Silence is Wild ne suggère pas nécessairement la facétie.
Album rare, il consacre une pop où alternent ballades déchirantes et fulgurances lyriques, pleines d'émotions, de mélancolie souvent, malgré quelques morceaux plus envolés, entrainants et légers.
Un disque puissant parce qu'à la fois libre et poignant, plein d'ambition.
A lui tout seul, il est déjà une sacré claque.
Mais, Frida Hyvonen n'est pas qu'une song writteuse talentueuse et une pianiste fantastique, c'est une bête de scène, un vrai caractère.
Elle vit à fond son concert, s'en donne à coeur joie, laisse court à ses lubies et fantaisies, elle hennie, siffle, se lève de son piano pour faire de la corde à sauter, discute avec le public dans
un improving french charmant.
Ses acolytes, vêtues comme elle d'académiques de danseuses accessoirisés de tissus mordorés, donnent le la et sont en parfaite adéquation avec son espièglerie et sa malice, sans jamais tomber
dans la gaudriole vaine, sans jamais donner l'impression d'en faire trop.
Impétueuse et décomplexée, Frida Hyvonen dessine les contours d'une pop lumineuse, profonde et surtout d'une liberté formidable et fait de ses concerts
non pas de simples récitals mais des moments de vie, simplement enthousiasmants.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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