Samedi 2 mai 2009
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11:51
Une impression à chaud? Celle d'avoir assisté à un concert unique, varié, dense, et surtout hyper convivial.
Malgré sa personnalité hors normes et son atypicité musicale (deux critères qui vous le savez suscitent forcément notre intérêt, si ce n'est notre curiosité) nous ne connaissions pas Buck 65 avant de le découvrir ce vendredi soir à la Maroquinerie...
Vous nous pardonnerez donc le manque de références quant à la bio/ discographie du bonhomme et comprendrez vite à nous lire combien on regrette de ne pas l'avoir rencontré avant.
Après avoir passé plus d'une heure et demie en sa compagnie, on se dit qu'on a bien du temps à rattraper, parce que Rich Terfry peut bien se targuer d'être l'un des artistes les plus doués et les
plus inspirés d'une scène hip hop hybride et underground (ou növö ou post hip hop, comme vous voulez) allant chercher où bon lui semble des influences en s'enracinant dans le storytelling
traditionnel nord américain.
Buck 65, sur scène, c'est une présence unique, cumulant avec naturel et virtuosité, habileté du mix et du scratch, art de l'éloquence , multipliant mimiques, poses et bon mots avec spontanéité et
un respect absolu pour son public, même s'il ne lui ménage aucune pose pour reprendre son souffle.
Ce qui sidère chez lui et captive d'emblée, c'est sa faculté à mêler les styles pour produire des morceaux qui sans perdre en cohérence empruntent tant à la scansion rap qu'au blues, au rock, au
punk, à la variété ou à la musique de film.
La parole, le récit, sont bien sûr au centre de son travail, Buck 65 est avant tout un grand conteur/chroniqueur burlesque et à contrario des rappeurs west coast, il soigne
particulièrement son phrasé,grave et précis, que des instrumentations samplées riches, tantôt ludiques, tantôt profondes et ambitieuses ,portent avec autant d'énergie que de brio.
Bien loin de se complaire dans un enracinement purement hip hop, il est capable de se lancer dans des morceaux véritablement chantés dignes des compositions Danny Elfman pour les films de Tim
Burton (on pense notamment à celles de Nightmare before christmas, avec leurs envolées lyriques et intonations funèbres)
Le Mac de Buck 65 est un véritable coffre à jouets, une caverne d'Ali Baba renfermant l'oeuvre d'un artiste touche à tout et hyperproductif.
C'est avec une acuité et une intelligence incontestables qu'il dépasse les clichés et les frontières.
Si le corps frétille, l'intellect est flatté et convaincu.
Les zygomatiques aussi, car Buck 65 regorge d'humour, ne cessant de plaisanter avec son public, comme par exemple lorsqu'il lui propose de voter pour la meilleure reprise qu'il pourrait faire en
jouant à un blind test dont le lot est un pack de jambon et en singeant tour à tour Iggy Pop, Léonard Cohen ou Jimmy Somerville... ou qu'il lui fait partager une de ses trouvailles, un rap composé
par Brian Wilson des Beach Boys.
Livrant une véritable performance tenant autant du concert que du one man show, Buck 65 nous a simplement fait jubiler de bout en bout et lorsqu'il nous dit qu'il espère revenir vite en France, on
croise les doigts avec lui, déjà impatient, à peine l'avoir quitté, de le retrouver pour de nouvelles aventures.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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