Jeudi 7 mai 2009
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10:18
Artiste aussi attachant que talentueux, Michael Wookey nous a, comme il l'avait déjà fait lors de son passage à l'International à l'automne dernier, tout simplement comblé
de ses folk songs DYT, à la fois mélancoliques et touchantes qu'adoptant parfois un parti pris beaucoup plus baroque, toujours emplies de sensibilité et d'inventivité.
Il est mignon ce garçon, mais au delà de ses allures d'ado timide, il révèle, avec une modestie sans pareille, le talent, osons-le, le génie, à la fois d'un musicien touche à tout bidouilleur que
d'un storyteller vibrant.
Bien sûr, on pense au Beck des débuts. Le looser lo-fi joliment créatif.
Toutefois, c'est bien un univers singulier et tout personnel dans lequel Michael Wookey nous invite à pénétrer.
Un univers à multiples facettes, charmant et grave, ludique et triste, créant d'emblée une belle idée d'intimité et de grâce.
Une fois chaude rappelant les grandes heures de la folk 70's sans pour autant tomber dans la redite, mais aussi et surtout le recours à de multiples instruments/ jouets/ outils (banjo, clavier...,
mégaphone et autres modificateurs de voix), à un sampler hors d'âge.
Homme orchestre aussi minutieux que foutraque, il nous a livré des morceaux aussi insolites que familiers, souvent déroutants et en tout cas inclassables.
Quoiqu'il n'y ait chez lui pas une once d'égocentrisme, on sent qu'il a envie de faire de son live un moment où il se livre, où il nous fait partager ses doutes, ses peines, ses joies avec tant de
subtilité, de gentillesse, de calme et de naturel qu'on ne peut qu'être ému.
Il nous semble que l'on suit le chemin de ses pensées rêveuses.
S'il emprunte parfois le chemin d'une folk lo-fi somme toute assez classique, c'est dans l'usage qu'il fait des samples qu'il séduit sans doute le plus, distillant une ambiance d'intemporelle de
fête foraine qui se serait départie de ses aspects camelots de foire.
Onirique, hors du temps et hors des modes, sa musique prend des allures de coffre à jouets retrouvé dans un vieux grenier et qui fait le bonheur des enfants un après midi de
pluie.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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