Nous

Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 09:59
Alors que les températures se décident enfin à monter et que l'on s'autorise à penser aux vacances, on a trouvé la B.O idéale de nos escapades et amours estivales en la musique pop folk livrée ce jeudi soir par Fairguson.

Tranquillement mais assurément, avec autant de naturel que de sobriété, le combo nous invite à l'évasion.

Aller simple vers la Californie, les virées en voitures décapotable sur de longues routes ensoleillées, les promenades sur la plage, un coucher de soleil sur une mer qu'on vient de quitter après une journée de surf, un ciel étoilé admiré main dans la main, les pieds dans le sable, la peau qui sent le monoï et le sel.

Impossible de croire qu'ils sont français tant cela sonne américain...
Le son chaleureux évoque d'emblée Grandaddy sans pour autant tomber dans la redite.
On pense aussi, en termes d'ascendance,  à Wilco ou aux Flamming Lips, et puis bien sûr aux Beach Boys...
Mais le cordon ombilical est bien coupé et Fairguson n'est pas du genre héritier copieur/colleur et trouve dans nombre d'arrangements une dimension post-folk très actuelle.

Un charme à la fois intemporel et original, aussi brut que gracieux, aussi familier qu'inventif.
Le grain de la voix, les choeurs, le rendu des guitares qui oscillent entre tendresse et force, celui des synthés qui tendent tantôt vers le lyrisme tantôt vers le ludique, la jolie maîtrise rythmique... tout contribue à nous offrir une musique enveloppante dans laquelle il est bon de se laisser porter et pourquoi pas chavirer.

I wanna be lost with you again, chantent-ils, et nous, c'est avec une certain plaisir que l'on s'abandonne et se perd dans leurs mélodies doucement mélancoliques, subtilement romantiques.

Ce qui est assez remarquable chez Fairguson, c'est la modestie dont ils font preuve, tant musicalement que scéniquement, timides, un peu peut-être, mais quand d'autres s'égarent dans l'esbroufe vaine, ce parti pris nous ravit.
Ce n'est pas qu'ils se la jouent lo-fi, économie de moyens à tout prix, non, c'est qu'ils font preuve d'un art certain pour le dosage.
Simplicité ne voulant pas dire simplisme, leur son est riche, terriblement bien construit, mais cela coule tellement de source que l'on ne perçoit pas les ficelles qui font fonctionner leur machinerie bien huilée.

Fairguson nous a offert un concert dont on est ressorti apaisé, libéré des tensions de la ville, un bol d'air pur gulf streamesque qui nous donne envie de faire nos bagages, d'apprendre à prendre notre temps et de tomber amoureux.


Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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