Dimanche 24 mai 2009
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C’est une belle soirée de mai qui sent bon l’été, et tout le monde est content de profiter de la “terrasse” au bord du
canal, d’autant qu’il fait encore presque jour. Le public n’est pas pressé de s’empiler dans une salle sombre, et ce n’est pas la faute du groupe.
Ce sont les Aeroplanes qui ouvrent la soirée : duo électronique sans guitares,
chanteur ou batteur, ce sont deux claviéristes accompagnés parfois d’une boîte à rythme minimaliste.
Sur scène on trouve pour une petite fortune de matériel analogique : pas d’ordinateurs portables ici, que du lourd à l’ancienne. Ils cherchent à sonner comme les pionniers des synthétiseurs,
fortement ancré dans l’electro allemande de Kraftwerk ou Mellotron.
Le résultat est sympathique mais répétitif et assez vite lassant. Si les deux comparses font montre d’une excellente maîtrise de leurs claviers (pas de samples ici !), le résultat ressemble quand
même beaucoup à du réchauffé d’electro allemande mille fois rabâché. La salle à moitié pleine leur réserve un bon accueil.
Les amateurs apprécieront la technique, les autres iront faire un tour au bar.
La soirée est décidément placée sous le signe de l’analogique pur et dur et des sons électroniques à l’allemande (pensez 1970’s et krautrock), et l’impressionnant déploiement de hardware
vintage annonce clairement les intentions de Turzi et de son rock industriel qui se
veut sans concession.
Le groupe est connu pour refuser les étiquettes et se revendique du rock psyché mais c’est bel et bien à un set de rock industriel que nous allons assister, plutôt un bon à-priori.
Tout d’abord, le son est dicté par l’omniprésence du matériel électronique qui donne aux morceaux une forme figée, froide et très répétitive.
Le batteur guide des montées en intensité et ça ne manque pas de patate, loin s’en faut.
Mais le tempo reste fixe, trop fixe, et le résultat est très moderne et très synthétique, loin des variations rythmiques et mélodiques du rock psyché. Car le rythme est toujours le même, on attend
en vain un break, une surprise, quelque chose… au lieu de ça, des morceaux en formes de grandes introductions de cinq minutes.
Ensuite, aussi inutile que ridicule, un écran géant sur lequel sont projetés des images de synthèse imitant des logiciels de simulation de l’armée, stéréotype éculé d’une musique industrielle prise
au premier degré.
Cet écran symbolise le sens convenu du scandale préfabriqué de Romain Turzi, tout comme sa fausse obsession du religieux (comme si ça allait nous choquer ou nous intéresser d’entendre le Notre Père
sur fond de bruits électroniques… puérile).
Le son est plutôt bon, intense, travaillé, mais la voix est inaudible. Malgré les prouesses de la section rythmique, on en vient à souhaiter que ces morceaux qui montent si fort et si vite
mènent quelque part.
Une foule importante de fans en transe savoure visiblement ce set en forme de produit formaté : oui, décidément, c’est de la musique industrielle.
Mais n’est pas Genesis P-Orridge qui veut.
Par Peter K.
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Publié dans : Chroniques de concerts
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