Samedi soir à l'international, une nouvelle jolie soirée en perspective après Panico hier.
Ce soir c'est soirée Go Go Charlton and friends (et Lomography, qui pour une raison obscure à essaimé dans tout le bar des fanions à la gloire du Lomo LC-A).
En arrivant au bar, dans la cave, nous avons Wilfried qui joue ses petites
chansons, accompagné par un groupe, où on peut reconnaître les deux My Girlfriend Is Better Than Yours, respectivement au clavier et à la guitare. Wilfried joue de la pop, porte des lunettes
rondes, et chante comme Mathieu Boogaerts (mais en moins bien). Je regarde quelques chansons, et sentant la déshydratation (et l'ennui, oui) me gagner peu à peu (il fait chaud encore), je décide
de passer la fin du concert en haut en charmante compagnie et aussi avec une bière en attendant la suite.
La suite en question à les cheveux propres, des lunettes en écaille, du matériel flambant neuf. Nous avons devant nos
yeux émus, les rennais de The Russian Sextoys, un trio basse, guitare,
batterie. Et à vue de nez, on va avoir droit à du post-punk à pose, en même temps je peux me tromper...
Dés le premier morceau on est fixés, c'est du Post Punk rennais (un style à part entière visiblement).
L'autre face de la Bretagne, après Poor Boy, on a la musique de la capitale bretonne, plus sophistiquée, pleine de tics
et de poses grotesques (on refait ce qu'on voit chez les autres groupes, avec répétitions dans la salle de bain ou le salon familial - et je sais de quoi je parle! - ).
La musique en elle même est plutôt pas mal, c'est super bien fait et bien travaillé, mais ça manque un peu de spontanéité
et d'originalité. Les Russian Sextoys sont très formatés, c'est sage et très appliqué. Mais ils ont visiblement bon goût (ou bien on leur a expliqué que c'était cool de faire une reprise d'un
truc pour branchés) et ils jouent Eisbär, une chanson de Grauzone, un groupe Suisse, l'ancien groupe de Stéphane Eicher, un des porte drapeaux de la Neue Deutsche Welle, mouvement new wave /
industriel allemand. La reprise est parfaite, sans doute le meilleur morceau du set d'ailleurs.
Le public à l'air d'aimer.
D'ailleurs la salle est semble t'il peuplée à 87% de rennais, la foule wannabe de la hype rennaise qui aime les lomos,
les lunettes des années 80 et qui est vraiment trop iconoclaste. Pour montrer son coté punk le groupe joue son morceau de rebelles, "c'est pas un tube mais franchement on aurait trop aimé que ça
en soit un", le sautillant F*** Radiohead, dont je n'ai pas bien saisi les paroles, mais la musique était pas trop mal et plutôt entraînante, une bonne surprise donc. Le problème de ce genre de
groupes c'est le sitôt vu, sitôt oublié; si je n'avais pas pris de notes, il n'y a que la chanson d'Eicher qui me serait revenue en mémoire, malgré un son et un set très travaillés ou en tout cas
bien maîtrisés.
Encore une petite pause dehors et à l'étage car il y a du monde et il fait incroyablement chaud ici.
Sur l'écran on voit le vendeur de la boutique Lomo de Paris monter sur scène pour chanter? Fausse alerte, il semble
annoncer les résultats d'un concours, n'ayant pas joué je décide de ne pas me joindre à la liesse, et de rester encore un peu au frais. Finalement, descente dans l'arène, dans la moiteur de la
salle de concert.
Sur scène les quatre Go Go sont déjà installés, chanteu/guitariste à polo rayé, bassiste à ticheurte wedding present
trempé, et un clavier et un batteur à ticheurte à v-neck. Voilà pour la partie "la mode chez les groupes de musique".
Pour le reste de la super indie pop, new wave, des chanteurs qui se succèdent avec des voix différentes, qui donnent de
nouvelles tonalités à chaque morceau. Ils jouent leur super morceau The Wise Daughter, bien efficace, qui nous fait (me) penser très fort à Bigmouth strikes again des Smiths, mais c'est parfait
pour une cave surchauffée avec une bière à portée de main.
Le morceau suivant commence, d'un coup j'ai envie de me promener dans les montagnes afghanes avec des rangers aux pieds,
d'avoir les oreilles bien dégagées, et d'appeler le 3240; je me demande ce qui se passe...
Je ferme les yeux, je respire doucement, mais mes doigts tremblants essaient de composer le numéro sur mon mobile contre
ma volonté. Et là je comprends tout d'un coup, c'est la musique de la pub pour le recrutement pour les 400 métiers de l'armée de terre...
La chanson Your son (très bien d'ailleurs) a servi pour illustrer le spot qu'on voit dans les cinémas et sans doute à la télévision; vous savez, la pub avec des zooms dans tous les sens avec un winner qui joue au bowling, qui chope une petite nana (qui aime les bowling et les armes à feu), qui fait de la moto à fond et qui s'amuse avec quelques amis en Afghanistan ou en Afrique Equatoriale. Je vois le groupe d'une manière un peu différente du coup. Mais je chasse ces idées de marche forcée et de parcours dans la boue sous le feu ennemi, car le concert continue et le groupe enchaîne les perles pop. Pour résumer, un très bon concert d'un groupe à découvrir qui a sorti d'ailleurs un album "beaucoup schlager" en octobre, la nouvelle bande son des soirées et des voyages en métro?
La soirée n'est pas finie, pour la bière de debriefing on reste dans la cave un peu dépeuplée, puisque des djettes en
robes à rayure s'installent aux platines en compagnie du gars lomographe, et passent des disque de bonne électro pop. A un moment le lomographiste qui était plutôt calme jusqu'ici sort un disque
et le place avec un air mystérieux sur la platine.
Le première mesures de "Wind of Change" de Scorpions retentissent dans la chaleur moite de la salle. On doit avoir les dj les plus 'camp' de tout Paris sous les yeux. Les garçons, guidés par un admirable instinct, mettent en marche leur scanner à choper, pour faire comme le fier militaire au front dégagé de la pub. La chanson se termine sur les tremolos magnifiques de Klaus Meine. Puis le dj reviennent à l'électro pop, pour terminer gentiment la soirée, ouf on a échappé à l'intégrale de la musique douteuse allemande entre Alphaville, Scorpions et Die Prinzen. Fin de la musique à 1h35, et tout le monde est guidé gentiment vers la sortie du bar. Une bien belle soirée.
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