Ce soir c'est soirée pop et voix célestes passage Louis-Philippe, et il semble même que la soirée est sold-out, au vu des gens qui font encore la queue en espérant rentrer.
Entrée dans la salle, les gradins sont bien garnis et des gens sont assis par terre devant la scène, forçant les derniers arrivés à assister au concert depuis le couloir, merci le civisme...
Je me poste à droite de la scène et la première partie commence, c'est le groupe parisien Revolver qui joue, ils sont
trois sur scène assis en rond, deux guitares et un violoncelle et beaucoup de cheveux. Revolver fait de la « pop de chambre » selon eux mêmes.
Effectivement à l'écoute de leur jolies compositions dépouillées à l'extrême et intimistes; on peut trouver les très nombreuses influences du groupe, comme les Kinks, la musique baroque ou Neil Young. Il ne jouent pas très longtemps, mais on est très impressionnés par les harmonies vocales et les compositions du groupe. Même lorsque survient l'heure fatidique de la reprise obligatoire, des reprises en fait, à savoir une chanson qui doit dater au moins du 18e siècle et une chanson obscure des Beatles. Revolver est en plus un groupe pédagogue qui communique et qui explique ce qu'ils vont jouer avec simplicité et humour. La première partie rêvée pour bien entrer dans l'ambiance d'un concert. Il quittent la scène et reviennent jouer une chanson pour que la séparation ne soit pas trop douloureuse.
C'est au tour de Fredo Viola et de ses musiciens de s'installer sur la scène. Fredo Viola est un artiste américain, qui a sorti son premier album l'an passé, The Turn, après quelques singles
remarqués. Les musiciens se mettent en place, il y a un guitariste, un bassiste, un batteur / guitariste et un percussioniste / multi instrumentiste vêtu d'un très beau tablier à poches pour
mettre tous ses jouets sonores. Le concert commence.
Je dois faire une pause pour décrire le public d'hier soir...
A la fin du concert de Revolver, où la plupart des gens sont assis, je me dis que je vais me rapprocher du milieu de la
scène pour mieux voir, quitte à rester debout (en même temps on est pas à la salle Pleyel ou au Stade de France pour voir Indochine). Arrivé à l'endroit visé avec d'autres personnes, les gens
assis au premier rang se mettent à vociférer pour qu'on s'assoie sur le sol, sachant que la salle est pleine comme un oeuf, un type rasé en ticheurte, tongs et lunettes télérama (le pire de ce
qu'on peut croiser en concert) fait des moulinets pour se faire comprendre, comme le groupe commence à jouer on s'exécute tant bien que mal et c'est ainsi qu'on passe tout le concert plié en
quatre par terre. Du coup je suis obligé de prendre les photos en position assise, et je vous promet que c'est pas pratique du tout.
En tout cas sur scène il y a Fredo Viola et il joue tous les morceaux de son album, les harmonies vocales et les
instrumentations live sont magnifiques et le jeu de scène est très au point. Tel un chef d'orchestre chantant Fredo lance les morceaux depuis son laptop et les musiciens suivent, mention spéciale
au percussionniste à tablier, qui chante, se démultiplie pour aller à la batterie, joue du synthé jouet, joue de la harpe bizarre et danse pieds nus sur la scène. En écoutant le disque, je
craignais de ne voir qu'un type chantant accompagné par son ordinateur, je suis plutôt content de m'être trompé au vu de ce qui se passe sur scène.
Les morceaux s'enchainent, ils expriment tous des émotions et des ambiances différentes. Dans le public, l'ambiance est
au top, je suis assis devant un couple de frustrés qui font visiblement leur sortie de la semaine, la fille cheveux courts et haut à pois blancs et le gars en short en jean et tongs, passent le
concert à soupirer à chaque photo prise et à chaque fois que je discute avec ma voisine. La fille est assez agressive, sans doute un professeur de français qui a vu dans une de ses Pravda que
Fredo Viola c'est bien et qu'il faut y aller. Je décide courageusement de les ignorer et de continuer mes petites habitudes de concert. A la fin, le groupe n'a plus de morceaux à jouer... Du coup
il font des versions plus acoustiques de deux de leur tubes pour les rappels, dont l'excellent Original Man.
Après ce concert dans l'étuve du Café de la Danse, on est content de sortir, mais on a les oreilles pleines des jolies mélodies des deux groupes de ce soir, une belle soirée pop pour un lundi parfait, oui ça existe, même après un dimanche soir plein de faux groupes de postpunk et de reprises de MuseNirvanaNoirDéz (cocher la bonne case).
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