Dimanche 28 juin 2009
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Il est 18h à l'Elysée Montmartre ce samedi...
Finale du festival parisien Emergenza.
On vient de s'enquiller un bon quart d'heure de rock sans grâce servi par quatre ados prépubères à mèche sensiblement très fiers d'eux même. Après le vote à main levée orchestré par un animateur
skyrockien, voici venu le tour d'Edward Barrow et de ses musiciens d'entrer en
scène.
Et là, nous voilà plongés dans un tout autre univers que celui des candidats typiques de ce tremplin musical.
Oubliez guitares hurlantes et chant scandé (et faux)...
Aussi charmant que charismatique, Barrow amène avec lui un son à la fois apaisant et envoûtant où le rock, la folk et la pop se mêlent à des inflexions jazzy, et servi par une
orchestration inspirée et terriblement juste.
D'une voix à la fois suave et profonde, tant puissante que mélancolique, il distille des chansons dont les textes relativement simples et les mélodies offrant de magnifiques envolées lyriques
touchent droit au but: nous émouvoir...
Romantiques, un rien nostalgiques, ses compositions, et quoiqu'elles ravissent notre côté fleur bleue, n'ont rien de guimauve, ni de larmoyant.
Douces, elles n'en pour autant pas mielleuses.
En équilibre sur la corde du sensible, elles ne cèdent en effet pas à la facilité de la pop song pour minettes énamourées parce qu'elle font la démonstration d'un travail d'écriture réfléchi et
mature.
C'est particulièrement à l'écoute de "The Black Tree" que l'on prend mesure de tout le talent de Barrow... Impossible de rester insensible à cette chanson qui évoque toute en subtilité le
deuil.
On se dit qu'on a trouvé en la personne de Barrow une belle incarnation d'un crooner du XXI ème siècle.
Il en a l'élégance, la pudeur, cette faculté remarquable à créer instantanément une atmosphère intimiste, captivante et troublante...
On tombe sous le charme et c'est un peu chancelant qu'on lève le bras à l'issue d'un concert trop court pour voter pour lui.
On quitte la salle apaisé, mais non moins remué et envoûté, prêt à affronter la fureur du boulevard de Rochechouard.
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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