Mardi 30 juin 2009
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Le mois de juin, ses apéros à rallonge sur les quais. Où on s'assoit par terre autour d'une bonne bouteille et des bouts
de saucissons.
Juin, c'est aussi beaucoup de bons concerts potentiels.
Ce soir, je pars d'un pas décidé à la salle mythique de Paris, l'Olympia là où jouent les artistes les plus crédibles
du monde.
Et ce soir c'est soirée rock (et héroic fantasy apparemment) , avec les ébouriffés de Mars Volta. Un groupe polymorphe qui existe depuis plusieurs années et qui mélange plusieurs styles de musique
allant du punk-rock à la salsa, alléchant donc... Je regarde sur internet les horaires, 19h... Ok, bon il va bien y avoir une de ces premières parties de qualité dont les grandes salles ont le
secret, donc je prends le temps d'un goûter frugal et je pars tout doucement vers les capucines.
Arrivée sur place, la sécurité m'accueille gentiment, je regrette presque les gars de la flèche d'or du coup. On me fait signer un papier comme quoi je vends mon âme à la Mars Volta et à son armée
de diablotins si je veux prendre des photos pendant le concert, je propose à l'ouvreuse de signer avec mon sang aussi et de réciter des mantras à la gloire de Belzébuth, elle semble réfléchir un
peu, puis me dit que le stylo devrait suffire.
Je gagne donc le sticker photo, qui me donne un bonus d'armure contre les gars un peu trop zélés de la sécurité. Je m'avance muni de mon sésame, et là un gars me dit que je ne peux pas aller dans
les gradins, je le regarde étonné et décide d'obéir en voyant la flamme sombre de ses yeux. Il ajoute « et puis les photos c'est fini ce soir », je feins de ne pas écouter, et il répéte
que vraiment les photos c'est fini. J'opte pour une retraite prudente vers la fosse. Un peu déçu, j'entre dans la salle, il y a la clim' c'est déjà ça de gagné.
Il fait noir, je m'avance un peu pour mieux voir. Sur scène on voit les deux chevelus du groupe: Omar Rodríguez-López et le chanteur Cedric Bixler-Zavala accompagnés d'un bassiste, de deux types au
claviers et d'un batteur des années 80. Et ils jouent du rock. Enfin à la première écoute, les morceaux sont très longs et on s'ennuie ferme.
Mais au moins la recette est éprouvée, j'ai l'impression d'assister à Guitar Hero le jeu vidéo, mais en live; deux, trois riffs pour lancer le bouzin, et après le batteur et les deux zozos qui font
une base rythmique, et puis le chanteur qui prend des poses mystérieuses (ça doit être lui qui prend les âmes des gens), et le guitariste qui se lance dans son solo. Tout ça répété à l'infini et
étirable à volonté.
Au bout de quelques morceaux je commence à me lasser. Même les ondulations cliché de Cédric me laissent de marbre, et en fermant les yeux j'ai l'impression d'entendre les Scorpions.... Je décide de
m'accrocher un peu, et je me dis que je vais essayer de prendre une photo en loucedé; profitant du noir dans la salle.
Et là, impossible de prendre une photo, les pouvoirs sataniques du groupe empêchent toute mise au point sur eux et sur la pellicule on ne voit que des filaments de lumière et des paysages de
montagne. Très troublé, je me dis que cette musique n'est sans doute pas pour moi, et je décide d'aller écouter un peu de folk aux disquaires pour me remettre de tout ça.
Encore un morceau qui passe, et je quitte la salle sans regrets, j'ai manqué mon rendez vous avec Mars Volta ce soir, mais peut être que plus tard, je saisirais les sombres nuances de leur art et
je pourrai rester jusqu'au dernier riff rageur.
Par Stéphane Gueguen
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Publié dans : Chroniques de concerts
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