Vendredi 3 juillet 2009
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Groupe inclassable entre Glam Rock et batcave, le duo Bortek et Kbye lancé en 1986 est aujourd’hui bien plus qu’une survivance branchouille et faussement underground ( comme les Sisters Of Mercy,
dont la reformation fut si décevante ). Phoenix renaît des cendres des cigarettes magiques des Stones et David Bowie, si Jad Wio s’est reformé, ce n’est pas pour vendre des fonds de tiroirs et de mauvais gimmicks, comme en témoignent leur dernier album ( Sex Magik ) et leur
concerts-exposition à la Maison des Métallos les 2 et 3 juillet.
Plus vivant, sensuel, pervers et rock’n’roll que jamais, le duo vient armé d’une équipe de choc et d’une idée audacieuse : dans le cadre d’une exposition inspirée leur univers de rock libertin et
de magie noire (et rose), un concert marathon avec pour set list les morceaux les plus connus de toute leur discographie.
La maison des Metallos est bondée de fans, et la première chose qui marque est la scène : aussi profonde que large, la hauteur de plafond est celle d’un théâtre avec balcons. C’est du coup un
espace bien plus grand qu’une scène classique qui s’offre au groupe. Le groupe est en retrait, et devant sous les spotlights, Bortek a la place d’arpenter, de danser, de faire du trampoline
(sic).
Commençant par Contact plutôt que par Cellar Dreams, Jad Wio s’affirme plus comme entité rock que goth/new wave (le génialissime You’re Gonna Miss Me sera pour la fin)
. Ophélie et Priscilla donnent tout de suite le ton : ils sont très en
forme et on est très vite happés dans leur univers rock fin-de-siècle. La fausse naïveté des textes est totalement assumée, le son est très bon, Bortek excelle en dandy androgyne : c’est parti pour
près de trois heures de grande classe.
Plutôt que de détailler trois heures des set-list, on aimerait vous dire à quel point Jad Wio à su frapper juste et nous émerveiller. Leur univers et riche et cohérent, Bortek tient la salle en
haleine avec des gimmicks qui ne devraient pas marcher, mais c’est le talent qui fait la différence.
Ses textes SM à paillettes ne sont pas écrits pour les bobos qui se débauchent le weekend de 22h à minuit.
Ils sont comme lui le produit d’une culture pour qui la décadence n’est pas un passe-temps mais une exploration de l’âme humaine.
C’est ainsi que Bortek mets son âme à nu pour nous parler de son frère disparu trop tôt ( le bal des Fantômes ), se fait conteur pour enfants pour nous parler de ses démons ( Le Coeur dans la bosse
magnifiquement interprété en acoustique debout au milieu de la foule ) pour l’instant d’après redevenir un showman sans complexes ni vergogne, échappé d’un Las Vegas vu par Tim Burton ( La danse
Démone, digne des Knights of Oingo Bongo ).
Après un entracte d’ à peine 20 minutes c’est encore une bonne heure de set qui nous attend avec des performances, déguisements et une belle montée en puissance alors qu’on passe aux morceaux les
plus récents ( L’avalanche, Les Habitudes n’existent pas, Sauvageune magnifique version de …l’Histoire ( de la libertine Lilith von Sirius ).
Le croisement de cette sincérité avec un rock nerveux et très solidement écrit est une formule magique que les apprentis sorciers auront bien du mal à reproduire.
“ la Ballade de Jad Wiolanski ” : exposition + concerts de Jad Wio à la Maison des Metallos – 2 et 3
Juillet 09
Featuring:
Bortek - Chant, Guitare
Kbye - Guitare, Chant
Nicolas Combes - Batterie
Mitch Pottier - Basse
Fred Parcabe - Guitare
Marie Shot the Moon – Piano
Par Peter K.
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Publié dans : Chroniques de concerts
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