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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 10:36
Bordeaux peut-il prétendre à être un vivier de combos à la fois gentiment trendy (du genre à être estampillé « découverte » Inrocks et à rameuter une petite troupe de minettes à Ray Ban, frange et panoplie American Appareal) tout en faisant preuve d’assez de caractère, de bon goût et de qualité musicale pour nous convaincre?
Cela semble plus que probable... Après les « sensations » (dont on gage qu’elles n’ont rien d’éphémère) Kid Bombardos ou Adam Kesher, c’est avec un certain plaisir que nous avons découvert ce lundi à la mensuelle Custom du Nouveau Casino, le GRS Club...
Si tout n’est pas (encore) tout à fait probant (quelques incohérences et un petit manque de personnalité - sur la voix masculine notamment ainsi que sur des incursions guitaristiques peu originales), le trio bordelais fait montre d’une belle intelligence musicale en révélant sous des allures de rock indé mâtiné d’électro une électro pop/punk énergique et entêtante.
Alors que le premier morceau joué  nous fait craindre un énième avatar des gloubiboulgas synthétiquement et discoïdement électrifiés construits sur le modèle des Stuck in the Sound, sympathiques mais sans grâce, la suite vient nous asséner que l’on peut exploiter un terrain plus que ratissé sans pour autant perdre en âme et en vigueur.
Alors, nous direz vous, qu’est ce qui fait que le GRS Club parvient à surpasser ses petits camarades? D’abord une section rythmique tout simplement épatante. Si la batterie est symboliquement placée au coeur de leur dispositif scénique, c’est loin d’être un hasard... D’une efficacité remarquable qui sait ne jamais céder à la facilité, elle impressionne par sa capacité à s’imposer comme un élément moteur en révélant des sonorités multiples et contrastées empruntant tant au rock qu’à l’électro, dans toutes leurs variantes qu’à des rythmiques tribales à la manière du punk tropical des Panico. Caisses claires, cymbales, pad étirent la gamme des potentialités et s’en est simplement enthousiasmant.
Ensuite, le synthé, spécifiquement dans les ponts, offre également une large palette, il se fait tantôt grave en s’inspirant du kraut, de la new wave et du shoegaze, tantôt lumineux en livrant d’aériennes et célestes plages ambiancées, tantôt kaléïdoscopiquement dansant et coloré. Toujours très à propos, il trouve parfaitement sa place sans jouer d’effets inutiles.
Si les riffs de guitares n’ont rien de très harmonieux ni de très originaux, ils portent néanmoins avec efficacité un chant mixte qui du côté masculin est somme toute trop classique quoique bien foutu et du côté féminin, est sympathiquement déjanté se rapprochant des groupes d’éléctro punk sud américains comme Lucy and the Pop Sonics.
Quoique (pour le moment) le GRS Club nous ne nous emballe vraiment que sur les passages purement instrumentaux (les voix doivent encore trouver un équilibre et affirmer davantage de construction - pour déconstruire justement et justifier l’estampille « disco punk »), on se dit que l’on tient là un excellent groupe en puissance qui risque d’exploser très vite et en tout cas de dynamiter les dance floors.


Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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