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Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 11:25
« Le meilleur groupe du Monde » selon les ... inrokenuptibles (sic), les Roken is Dodelijk affichent un goût prononcé pour la dérision et la (plus ou moins) private joke...
Promenez vous sur leur Myspace et prenez le temps de lire les textes déroulants, cela vous donnera une petite idée de l’humour réjouissament improbable de ce combo lillois dont le nom signifie « fumer tue » en flamand, ce qui en ces temps de terrorisme anti tabagisme tient du savoureux pied de nez...
Cela fait plus d’un an que l’on entend parler d’eux et on les avait, malgré notre curiosité taraudante et l’écoute régulière de leur page,  jamais vus en live...
Quand un groupe traîne avec lui une réputation de goguenardise, on a toujours un peu peur de tomber sur une sympathique bande à Basile dont les blagounettes ne font que s’efforcer de masquer l’indigence musicale. Or les Roken nous ont prouvé ce lundi soir au Nouveau Casino que l’on peut à la fois s’offrir le luxe d’être second degré tout en livrant une pop quasiment exemplaire, léchée, ample et inspirée.
C’est que si leur set est émaillé de nombreuses facéties, il s’impose surtout par des morceaux tous potentiellement tubesques aux arrangements soignés et à l’orchestration minutieuse. Derrière l’humour, l’amour, donc, celui du travail bien fait, celui de chercher ce sans jamais être putassier, à séduire le public... Et ils y parviennent non sans panache les bougres... alternant avec un certain bonheur (partagé) les genres, oscillant entre post folk électrifiée, rock 70s, intonations groove soul, ballades shiny ou mélodies mélancoliques.

De fait, ils échappent à toute référence évidente, rappelant selon les instants des formations aussi diverses que Grandaddy, The Spinto Band, UB 42, Sufjan Stevens, Arcade Fire ou Schools of Seven Bells... Vaste panorama, donc, ce qui évidemment suggère un kaléïdoscope d’émotions suscitées, de la festivité au romantisme, de la chaleur au replis, de la tristesse à l’enthousiasme, de l’envie de se trémousser dans une salle surchauffée à celle de courir nu (ou pas) dans les bois...
Combinant ainsi précieux art de la dérision, énergie scénique, finesse des compositions, Roken Is Dodelijk convainc aisément. Alors que chez beaucoup, l’usage d’instruments jouets et de synthés n’assure qu’un rôle de gage de contemporanéité et font figure d’enluminure inutile, chez eux, savamment dosés , ils sont à leur juste place et appuient avec autant d’efficacité que de subtilité une instrumentation plus « classique » et une voix masculine aussi sensuelle que rauque renforcée par des choeurs mixtes tantôt aériens, tantôt fougueux.
Le chanteur est tout aussi à l’aise comme meneur inspiré et sympathiquement charismatique que comme entertainer un rien barré et touché par une grâce étrange.
Si l’on aimerait parfois que leur morceaux soient un peu moins calibrés, on n’en est pas moins complètement séduits et il nous tarde déjà de les retrouver au festival des attitudes indépendantes en Octobre prochain.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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