Nous

Dimanche 2 août 2009 7 02 /08 /2009 17:31
Quand Karmastone arrive sur scène, l’impression qui domine est celle d’une colossale hétérogénéité entre les membres du quatuor ce de leurs looks étrangement contradictoires, indie boy, hippie new generation, reggae man (ou fan de skate punk métal) et costard tarantinien.... On craint un peu quant à ce qui nous attend.
Mais, pour le plus grand bonheur de nos oreilles et de nos corps, l’habit ne fait pas le moine, et l’on comprend immédiatement, ce dès les premiers accords, que si l’on a affaire à un groupe qui aime à mixer les influences, c’est pour produire un son qui, tout en maîtrisant ses classiques sur le bouts des doigts, a de l’audace et a su se constituer une identité forte aussi empreinte d’énergie brute, d’esprit bon enfant que d’une sensualité ardente.

Un son à la fois direct et ultra travaillé où le savoir faire se mêle à la fougue développant ainsi un pouvoir d’attraction rare et balaie tout sur son passage.
Pour dire les choses rapidement, Karmastone nous a donné ce samedi soir assez exactement ce que l’on avait envie (besoin ?) d’entendre après les passages des très bons, mais parfois trop légers et manquant un tout petit peu de caractère,  Hold your Horses et Baden Baden, en nous servant des morceaux ultra pêchus, volontaires et francs.

Electrisant pourrait être le mot pour définir de cet alliage téméraire et généreux entre rock 60’s/70’s un peu crasseux, qui sent la bière et la sueur et aime à se tourner vers un psychédélisme soft par des riffs guitaristiques aventureux et brillants, pop indé élégante et versatile, toujours entre ombre et lumière et intonations électro frenchtouchesques.
Les racines 70’s à la Grateful Dead mâtiné de sonorités garage et d’énergie quasi punk sont sans doute ce qui forge l’identité du groupe qui leur rend un hommage efficace et singulier grâce à un grand talent instrumental, guitares et section rythmique en imposent par leur sagacité et leur technique.

Mais le groupe ne s’arrête pas là,  brode sur cette base et lorgne avec efficacité vers un rock alternatif mélangeur à la Cake et s’autorise même de manière surprenante mais rondement bien menée des incursions vers le spoken word hip hop.

Et ce n’est pas tout! Il s’accomplit également, ce de façon magnétique, dans l’art ardu de la ballade, portée par la voix grave, sensuelle, solaire et terriblement attirante du chanteur qui permet aux morceaux les plus « doux » de demeurer puissants et profonds. Sur ces chansons plus calmes, parce que décidément Karmastone ne manque pas de cran, il s’adjoint les services d’une chanteuse lyrique pour un résultat aussi surprenant que séduisant et joliment onirique.
Des plus apaisés aux plus nerveux, chaque morceau transpire de vigueur et d’intensité, dense, imparable, et entraînant.
Sur une scène rock où le conformisme domine, Karmastone fait souffler un vent salvateur et savoureux. On en redemande.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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