Vendredi 14 août 2009
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16:31
Une heure du matin, retour après le traditionnel verre d’après concert. Direction l’ordi pour jeter ce qui sera l’ossature
de cette chronique, celle du concert d’Oneida à Glaz’art.
Des frissons me parcourent encore l’échine, la fièvre est toujours là, les battements de mon coeur se sont à peine calmés...
C’est que le combo new yorkais a cette faculté rare d’instaurer de manière quasi
immédiate un effet de transe qui perdure bien après un concert puissant, ravageur et hypnotique qui sait mettre en suspend les facultés analytiques du cerveau pour happer directement les aires du
sensible et de l’imagination. Un concert auquel on assiste les yeux tantôt écarquillés, tantôt mis clos, le corps enfiévré, traversé de spasmes épileptiques incontrôlables.
Oneida, c’est un peu la preuve que ce n’est pas tant dans l’analyse que dans le ressenti que l’on décrit au mieux un concert, que l’effet global produit sur le corps et l’esprit importe souvent
davantage que le décorticage systématique du son.
Mais nous ne sommes pas là pour rendre uniquement compte de nos affects et la musique, complexe et singulière, d’Oneida mérite qu’on s’y attarde - au delà de ses pouvoirs psychotropes...
Et là, ça tient de l’exercice de chimie tant le résultat est dense mais ô combien passionnant.
Si des affiliations aux Liars, à Animal Collective, à Health voire à Grizzli Bear pour la fusion oxymorique du primal et du raffinement, du bruitisme et du cisélé sont possibles, Oneida tire un son
bien à lui hybridant avec un malin plaisir krautrock, noise, indie rock, post rock, indus, spoken word, world, beats électro et free jazz.
Expérimentale, souvent violente et sauvage, mais pourtant souriante et délaissant toute posture arty, la musique d’Oneida explore, invente, réinvente, contorsionne, trouble et impressionne. Aussi
jouissive qu’oppressante, elle est menée avec un brio et une énergie instrumentales remarquables et dans un vrai travail de composition même dans les morceaux les plus bestiaux.
La batterie, les claviers et les synthés assurent un rôle majeur, laissant aux guitares et aux voix une fonction d’accompagnement secondaire. En effet, la force de frappe du groupe tient pour
beaucoup à ses rythmiques qui tabassent sans pour autant jamais céder à la facilité, organiques et chamaniques et à ses claviers fulgurants, hypnotiques et schizophrènes.
Le chant, qui passe d’un musicien à l’autre, est souvent cri, hurlement dément et incantatoire et quoiqu’en arrière fond, il contribue au sentiment d’aliénation organisée
qui domine.
Organisée, parce que sous l’apparence d’un malstrom sonique, Oneida réussit, en plein oeil du cyclone, à trouver des motifs mélodiques bruts mais non moins accrocheurs sans pour autant tomber dans
le moindre conventionnalisme.
Le résultat est fou, foudroyant et prend aux tripes.
Le public ne s’y trompe pas, il danse, d’un danse ravagée et hallucinée, complètement acquis à la cause du groupe qui se déchaîne, emporté autant qu’inspiré, sur scène.
Un grand moment de free rock un rien psychédélique, et c’est formidable
Par laure dasinieres
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Publié dans : Chroniques de concerts
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