Après une première journée un peu en deçà de nos espérances, l'équipe joyeuse de Not For
Tourist se lève de bon matin, pleine d'espoir pour cette deuxième journée de la route. Après un petit déjeuner frugal, nous allons dans Saint-Malo pour voir ce qui se passe en dehors du
fort.
Nous croisons d'abord sur notre chemin, à côté du casino, la scène marque-de-téléphone pour
les jeunes musiciens.
Ce sont les franciliens de Hold your horses qui s'y collent, de la pop de popin avec
batteuse à mèche intégrée et sourire colgate et chanteur à la voix de Garou (j'ai rien trouvé de mieux comme comparaison). On reste pour deux trois chansons, c'est sympathique mais encore un peu
trop maladroit et approximatif pour déclencher les passions (après vérification ce n'était pas leur premier 'gros' concert, on peut mettre tout ça sur le dos du temps breton ou du public malouin
réputé très difficile).
On se dirige alors vers la plage du Bon-Secours, où on peut écouter de la musique en se
prélassant sur le sable. Sur place, un groupe commence à jouer, c'est The Patriotic Sunday et c'est très très bien. De la belle pop mélodique et riche comme on aime. Un peu à l'étroit sur la
bande de sable, je décide d'aller faire la planche au large pour mieux profiter de la musique, la morsure du froid est adoucie par les jolies mélodies et je passe donc un très bon moment dans
l'eau.
Retour sur la plage et c'est le moment de partir, direction le fort, après la pause Junkfood syndicale.
Arrivée dans les files d'attente du festival, on entend au loin St Vincent qui termine son concert, ça à l'air pas mal mais nous avions besoin de notre apport en calories pour pouvoir assurer la soirée.
Les techniciens débarrassent la scène pour faire de la place pour le groupe suivant,
Papercuts, un groupe de San Francisco, que je ne connais pas.
Le concert commence, de la jolie jolie pop, parfaite pour le coucher de soleil sur le fort de St-Père. Le groupe est composé exclusivement de pandas, le panda 1 chante et joue de la
guitare, un autre joue de la basse, et il y a aussi un panda guitare et clavier et un batteur. Je suis vraiment conquis pas les jolies chansons du groupe, ainsi que le public, typiquement le
genre de groupe attendu à la Route du Rock.
Devant moi, une
fille avec la parfaite panoplie de l'indie wannabe (wayfarers ou pour les moins argentées copie, chaussures en toile qui puent, jean slim, et accessoire) brandit son lomo flambant neuf et
entreprend de prendre en photo des cailloux poussiéreux et le jean de sa copine (qui a un trou a un endroit stratégique) en gloussant et en singeant Chloé Sévigny (elle, je ne sais pas si elle a
fait du bien à la mode indie pop ou si elle est le plus grand fléau que la Terre ait porté, coupable d'avoir -mal- inspiré des hordes de wannabes). Lassé de voir toutes ces artistes en herbe, je
décide d'aller boire une bonne bière au bar VIP; ça tombe bien c'est open bar Jack Daniels, qui nous rappelle cependant que boire c'est pas bien, ou plutôt que boire trop c'est
mal.
Assis sous le soleil qui disparaît, je me prépare à voir les formidables écossais de Camera
Obscura.
Ils arrivent sur scène visiblement très
contents d'être là et le concert commence. De la belle pop lumineuse et joyeuse, sur scène une chanteuse guitariste, une
autre au clavier, un duo de basse et guitare au top, très appliqués. Un batteur jovial et un percussionniste très chic complètent la joyeuse bande de Glasgow.
Je passe un très bon moment avec Camera Obscura, c'est vrai que
c'est un peu sucré et un peu tarte par moment, mais parfois l'overdose de sucre est bien agréable. Le concert se finit un peu trop tôt à mon goût et je me promet d'essayer de les revoir en tête
d'affiche.
Le public s'agite, The Kills arrivent sur la scène. Sur scène le duo reptilien commence
très fort, du bon rock a guitare.
Ils ne sont que deux, et on a l'impression d'avoir affaire à un
groupe complet, rien à voir avec le son creux des Ting Tings; là on a un gros son, une présence scénique incroyable. Le duo fonctionne très bien, ils se répondent, s'observent, se jaugent, on a
l'impression de voir deux fauves dans une cage. Je passe un très bon moment en leur compagnie, même si au bout d'un moment, on peut se lasser, car la structure des morceaux, dictée par la boîte à
rythmes peut être un peu répétitive à la longue.
Le concert
passe relativement vite, et pour leur dernière chanson, ils annoncent une reprise. Au grand jeu de la cover, le gagnant de ce soir est: Screamin' Jay Hawkins, avec I put a spell on you. Un super choix, et le groupe s'en sort brillament, le show est bien rodé, déplacements millimétrés, regards
de braise et danses lascives ; pour résumer, c'est parfait. On est assez soulagés que leur choix ne se soit pas porté sur un vieux classique ringard, genre You rascal you ou autre. Ils quittent déjà la scène devant un public presque chauffé à blanc par leur
prestation.
Une petite pause, et on se retrouve dans les premiers rangs pour un des concerts les plus attendus du week-end, Peaches
et son nouveau groupe Sweet Machine, un grand moment de classe et de légèreté en perspective.
Arrivée du groupe sur scène au son du générique de l'A-Team (agence tout risques) deux individus masqués comme des catcheurs mexicains et habillés de
vêtements pailletés (en fait la guitariste et le clavier du groupe) arrivent sur scène en dansant et en sautant partout, bientôt rejoins par le batteur lui aussi visiblement très en forme.
Peaches arrive en dernier sur scène, déguisée en je ne sais pas trop quoi (ou plutôt j'ai pas trop envie de savoir). Et le concert commence sur les chapeaux de roues, un mélange de pop
synthétique, de hiphop d'électro clash, pour résumer ça envoie du lourd (sic -mon voisin de concert-).
Peaches ondule sur scène et change de vêtements (enfin de « justaucorps ») presque à chaque morceau. Au bout d'un moment elle plonge dans le
public, et se met debout sur la foule, et continue à chanter juste (malgré les mains curieuses de son fan club), le set est très efficace et tout le monde dodeline de la tête ou tape des pieds.
Les changements de vêtements apportent la petite touche variété internationale à la Britney ou Madonna, mais la miss Peaches tient à son originalité.
On peut notamment observer un magnifique justaucorps à poils longs
intégrés aux manches, et un autre avec des ailes de chauve souris ou est projeté son visage. A un moment, elle demande au public de shaker ses dicks, le type comateux allongé devant moi dans sa
couverture de survie bouge vaguement, sans doute un anglophone... Vers la fin après avoir fait enlever les ticheurtes au public, elle demande si on est pas trop déçus qu'elle n'ait pas fait la
'dirty slut' (personnellement après ce que j'avais vu je ne voyais pas ce qu'elle pouvait faire de plus), et là elle monte sur la batterie, demande le noir complet sur la scène et allume une
lumière, et déclare 'this is my pussy trick', une petite veilleuse (enfin plutôt une maglite vu l'intensité de la lumière) posée à un endroit stratégique (sur son pubis pour ceux qui ne sont pas
bilingues) qui clignote en suivant le beat de la chanson. Elle quitte la scène peut après, on est assez impressionnés par la présence scénique et le show efficace, le concert est passé très
vite.
Il est 2h30 et on commence à fatiguer un peu, et on a un peu peur de la prestation de Four Tet, qui n'est pas exactement
le genre d'artiste qui réveille les morts. Il arrive sur scène, le son n'est pas super, il quitte soudain son laptop et va vers la console retour (le 'live' continue sans lui, c'est ce qu'il y a
de bien avec les lives electro, on peut juste passer un cd), il parlemente pendant 5 minutes avec les gars, on dirait Marissa Nadler dans un mauvais jour.
Finalement il revient devant son laptop et nous livre une prestation scénique toute droit venue de la fin des années 90, un mélange d'air machine et de bleeps surannés qui achève de nous épuiser. Si il faut conseiller Kieran Hebden, c'est en disque et seulement en disque, les prestations live sont très dispensables. On s'échappe du fort et on prend la route, me rappelant des conseils des types des vieilles charrues je pars par les routes de campagne pour éviter les barrages, mais maintenant les gendarmes sont retors, on se fait arrêter au milieu de nulle part par des pandores très polis, qui me demandent si j'ai bu, je répond que ma pinte de la soirée est bien lointaine et que je ne bois en principe que de l'eau gazeuse et du sirop de violette ; pas convaincus ils me font souffler dans la boîte. Résultat négatif, finalement les vacances ne vont pas me coûter cher. Dans mon lit, en m'endormant je rêve de chats qui parlent et de filles en bottes avec des phares au bout des seins, demain je mange pas de churros...
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