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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 13:26
En voyant arriver sur scène, après un interminable changement de plateau du à une lourde machinerie à installer, on voit mal comment le duo canadien Junior Boys, flanqué pour l'occasion d'un batteur hardeux vêtu d'un t-shirt Iron Maiden va remplir le contrat d'une électro pop romantique et fine ainsi que stipulée sur les annonces du concert. Chemise à carreaux et allure d'acteur de buddy movie pour l'un, look et attitude ultra testostéronée pour l'autre.
On s'attend plus à du gros son lourd et qui tâche. Pourtant, il suffit que Jeremy Greenspam commence à chanter pour que le "l'habit ne fait pas le moine" trouve une illustration parfaite.
Aussi ouaté que dansant, fondamentalement ancré dans des racines très 80's, marqué par des arrangements soignés et une certaine fluidité, le son des Junior Boys fait dans la dentelle et tisse des morceaux en demi teinte, positivo mélancoliques, prompts à nous bercer dans la torpeur estivale.
Un cocon en effet que ces morceaux constituent.
Accueillants et familiers, quoique sans grande originalité, on se plaît un moment à se laisser porter par des morceaux au groove ralenti, sans à coup, enveloppants, assez typiques d'une white (wasp?) disco FM, travaillée et propre sur elle.
Lisse, quoiqu'osant une certaine forme de lyrisme dans des envolées de falseto alternant avec des instants de suavité, le chant a quelque chose de précieux, classieux mais ne parvient pas à susciter l'émotion.
On admire la cohérence de l'ensemble, le soin porté au détail, la minutie des compositions, la joliesse du tout. Mais au bout de quelques morceaux, le coup du revival 80's un rien guimauve (on en vient à tisser des comparaisons avec Jimmy Sommerville, c'est dire) lasse et ce ne sont pas les quelques blagues prononcées entre les chansons qui donnent du pep's à l'ensemble. On voudrait que ça décolle, on voudrait moins de superficialité et davantage de ressenti... Malgré quelques nappes électroniques plus puissantes, on reste au niveau de la mer (oui, voilà, les pieds dans le sable, plage pour habitants de marina tropézienne sirotant cocktails au curaçao)
A trop flirter avec le kitsch romantique, Junior Boys l'étreint, l'embrasse (et se roule dans le sable avec lui). Ca a beau être bien joli, presque élégiaque, cette sucrerie synth pop finit par écoeurer plutôt que d'accroître notre gourmandise. On n'attendra pas les rappels. Pour citer Desproges,  "il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche: quand on en abuse, ça fait mal au coeur. ".
Au jeu de la bluette électronique, on vous recommande bien plus l'autrement plus talentueux et investi, James Yuil.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
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