Mercredi 19 août 2009
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Avec la mode de la folk planante, on voit passer beaucoup d'instruments insolites, obsolètes, bricolés ou hybrides. Dent May lui a choisi de prendre à contre-pied le cliché du rocker virile avec sa
veste en cuir et sa grosse Gibson : chanteur et frontman, il met le ukulele au coeur de sa musique. Il renoue ainsi avec les Beach Boys, influence principale du groupe. Avec son look de premier de
la classe coincé et binoclard, on ne pourra pas l'accuser d'être une fashion victim.
Le nom du groupe est un peu ingrat, car si Dent May est accompagné par son fidèle ukulele, il l'est surtout par trois gaillards plus que compétents.
Non seulement arrivent à jouer de la pop avec une énergie rock et du rythme, ils assurent aussi des choeurs très réussis (encore une fois l'influence Beach Boys). Les
compositions sont simples et élégantes, Dent May n'a pas une voix ravissante mais une fois bien échauffé il nous prouvera par quelques envolées qu'il maîtrise très bien son sujet.
Idéale pour une soirée d'été écrasante de chaleur, la pop élégante de Dent May et de son groupe puise dans le répertoire des fifties radiophoniques, boys bands, crooners, chansons d'amour et même
quart d'heure américain, avec même un slow bien trop guimauve. Le line-up est minimaliste (ukulele/guitare sèche / basse / batterie ), la musique est nettement enrichie par les choeurs. Toutefois
leurs morceaux les plus rock et les plus rythmés restent de loin les plus intéressants sur scène. En tout cas, ça groove bien, et encore une fois les anglo-saxons donnent une bonne leçon de pop à
la scène française, nous rappelant qu'on peut faire des morceaux très énergiques et mélodiquement riches avec deux bouts de ficelle et pas mal de boulot d'écriture. Leur public est au rendez-vous,
et les deux premiers rangs sont composés de groupies.
Si on apprécie la qualité de leurs compositions, c'est justement la richesse mélodique, la préciosité et cette obsession pour les chansonsettes d'amour qui, pour nous, plombera un peu leur
performance. Car s'il joue clairement la carte du romantique, Dent May franchit parfois la ligne du ridicule en voulant en faire trop. Un peu de retenue et de sobriété n'aurait pas nui au résultat
final. D'autant qu'en voyant ce sosie de Woody Allen danser avec son ukulele, on se demande s'il croit vraiment à son personnage de crooner enamouré... Dent May et son équipe ont beaucoup de
talent, mais ils pourraient apprendre quelques trucs d'un Jack Johnson ou d'un Ben Harper.
Par Peter K.
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Publié dans : Chroniques de concerts
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