Carhaix-Plouguer, un dimanche aux vieilles charrues 19/07/2009
En raison du décalage horaire avec la Bretagne, le report du concert nous est parvenu avec beaucoup de retard.
Les vieilles charrues, un des plus gros festivals d'été en Bretagne. Je ne connais pas encore cette manifestation
très populaire, la faute à une programmation pas toujours très alléchante et à une météo souvent hasardeuse.
Dimanche matin, je décide de faire le voyage jusqu'à Carhaix Plouguer pour rejoindre des connaissances là bas,
désireuses sans doute de s'encanailler au contact de la jeunesse locale.
Je prépare le kit de survie: ciré, mouchoirs, monnaie, pulls, boules quies, biographie de Francis Cabrel et grigris
divers pour me protéger de l'humidité ambiante.
C'est parti pour un long voyage automobile sur les nationales du centre Bretagne, qui traversent quelques charmants
villages pittoresques comme Guingamp et Callac. Sur la route les panneaux annoncent la couleur, 'Breizh atao', 'breton soit fier de toi' 'Crêperie des Korrigans', 'Au fier Filtzméen', et un
autre plus inquiétant; 'Festival des vieilles charrues, risque de bouchons'. J'arrive à proximité de Carhaix, au niveau du parking est, et je me gare dans le champ bien guidé par l'armée de
bénévoles .
Mon parking sera donc le parking E3, pour est trois, ça promet quand à l'importance et à la taille du truc. Là je ramasse mon barda et je me prépare à marcher tranquillement jusqu'à l'entrée (comme dans les autres festivals), mais point d'entrée en vue...
Ici on est à Carhaix-Plouguer et l'issue est la marche à pied (longue marche apparemment) , ou la navette en bus.
J'opte pour la deuxième, et je commence donc à faire la queue pour prendre le car. Du coup, je peux m'intéresser un peu à mes camarades de festival, le public qui vient chaque année plus
nombreux. Dans la queue, on a les profs retraités avec les tenues camouflage, les enfants qui vont avec; et on a aussi le festivalier typique avec la tente sur le dos, le camel bag a portée
de main, et des cubitainers remplis de diverses boissons. Le bus démarre, après un court voyage arrivée à la gare, où il ne reste qu'à marcher jusqu'au site (qui se trouve incroyablement près
des habitations).
Sur le chemin, des bars bien remplis, un petit marché alternatif, où on vend de tout, des drapeaux à l'effigie du
Che, au saucisson bio, en passant par les très utiles et discrètes pipes à eau géantes (ça doit être pour la décoration intérieure de la tente Quechua). Le coté cour des miracles est plutôt
drôle.
Après ce quart d'heure de marche, arrivée sur le site, pour la pré-fouille, encore un truc inédit, en fait de
pré-fouille, on a une poignée de types de la sécurité qui regardent vaguement les festivaliers dans le blanc des yeux et qui palpent mollement les sacs, ça doit être un truc pour faire monter
la pression avant d'aller se la donner sur les tubes de Francis Cabrel (oui je n'ai pas encore parlé de la programmation, j'y viens tout à l'heure).
En tout cas pas très efficace la préfouille, il y a encore pas mal de types avec des cubitainers à la main. Encore un
peu de marche et j'arrive au site, c'est immense, plein de gens dans tous les sens. Nouvelle fouille nonchalante à l'entrée et je suis dans le site, deux grandes scenes et une plus petite
isolée, des bars dans tous les sens et des restaurants. Sur la grande scène un groupe joue vaguement une world music d'ascenseur, et c'est tout. Pas vraiment la profusion musicale à
laquelle on peut s'attendre sur un festival aussi important, juste l'impression d'avoir payé (cher!) sa place pour entrer dans un bar en plein air, où il est plus important de réussir à
entrer en douce de l'alcool que d'approcher les artistes.
Et là, c'est l'arrivée sur scène de la première 'star' de la soirée, Julien Doré... Chanteur télévisuel marketé, mais
certifié un peu fou pour faire peur dans les chaumières. Le groupe de requins de studio s'installe sur scène avec Julien, et sur la scène pour bien montrer qu'on est super iconoclaste, il y a
aussi un vieux poste de TV des années 70 qui fait de la neige, un renard empaillé et d'autres machins du même acabit. Tout ce monde fait du bruit, joue en roue libre une pop FM sans saveur,
mâtinée de Chanson Française (je mets des majuscules parce que c'est un label). Et le petite père Julien s'agite sur scène, éructe, surjoue la folie et la pose de starlette, il polke sur une
reprise forcément décalée des gypsy kings ou d'Alizée (oh ben on s'y attendait pas du tout à celle là). Et pendant 'Lolita', le batteur (sans doute excédé par la molesse et
le manque de présence de Juju) se lance dans un solo au milieu de la chanson, n'y tenant plus je décide d'aller boire une bière, manger une crêpe et d'aller prendre ma dose syndicale de
postpunk (oui maintenant, chaque festival ou concert doit avoir au moins son groupe de postpunk, c'est une règle et si tu es pas content ben tu sors et tu restes chez toi regarder tes film de
geek et écouter ta musique de geek).
Les heureux élus du jour, sont jeunes, méchés et viennent de Quimper avec leurs belles guitares toutes neuves, ils
ont visiblement gagné le concours des jeunes charrues, une sorte de comice agricole où les groupes (jeunes la plupart du temps et amateurs la plupart du temps) participent à un radio crochet
après avoir accepté de se vendre corps et âme à l'organisateur - ce qui fait qu'ils ont la chance de jouer dans la MJC déserte de Noyal sur Vilaine à 13h10, non non c'est pas du vécu ahah
- , où un jury de très grands professionnels de la musique analysent leur prestation et disent qui a gagné.
Donc je vais voir Ze Lumpish, et je vois pour la 123455e fois, un groupe français qui fait du postpunk à accent à
couper au couteau.
C'est pas aussi pénible que
Julien D. mais c'est toujours pas l'extase. Je continue alors mon périple sur le site, pour trouver une galette et une bière, les bénévoles qui tiennent les bars et les restaurants sont très
sympathiques et souriants, en plus pas besoin de faire trois heures de queue pour des jetons, ici on paie avec des vrais sous, et pas cher.
Mes bras chargés de mes précieuses victuailles je reviens vers la grande scène où va jouer le gros nom de ce soir:
Francis Cabrel. Je le vois arriver sur scène sur les écrans géants (je suis à 400 mètres), il n'a plus de moustache, c'est là que je m'aperçois que je ne me suis pas préoccupé depuis très
longtemps de la carrière de Cabrel. Il commence par un tube histoire de mettre tout le monde dans l'ambiance, la cabane du pêcheur. Bon j'aime pas la variété et j'aime pas Cabrel, mais je
dois reconnaître que c'est pas mal foutu, en tout cas ça à l'air plus honnête et plus creusé que Juju l'imposture.
Je suis devant un groupe de petites nanas, qui n'ont pas l'air d'avoir bu plus que de raison (assez rare pour être
signalé-, elles sont accompagnées d'un papa et maman et tous chantent en même temps que Francis, elles connaissent toutes les paroles par coeur, de toutes les chansons... Effet stéréo un peu
pénible à la longue. Pendant ce temps, Francis et son groupe enchaînent les chansons tranquillement, ça parle de falaises, de fleurs, de montagnes; poésie bucolique des années
80.
Le spectacle est impeccable, rien d'improvisé tout est réglé au millimètre, les prises de paroles de la star avec un
: 'Aah Carhaix, les vieilles charrues, le festival qui est déjà plus connu que les artistes qui y jouent' (hein? C'est le scénariste de Drucker qui écrit les textes?). Je ne me souviens pas
s'il a été jusqu' à caresser le breton dans le sens du poil avec un 'Kenavo les amis' ou un 'Da sul e vezan skuizh', mais je pense que c'était prévu dans le script du
concert.
Sur la petite scène, le groupe Zone Libre, a l'honneur de jouer presque en même temps.
Zone libre est un groupe de rock français, avec Serge
Teyssot-Gay-De-Noir-Désir; et sur leur dernier album ils ont invité les deux rappers français Hamé (de l'excellent groupe La Rumeur) et de Casey. Et sur la scène, c'est la folie, on
pense au très vieux disque de la BO de Judgment Night qui regroupait des artistes hiphop et des groupes de rock. L'audience est un peu clairsemée mais on assiste à un concert généreux,
enflammé; on est portés par l'énergie débordante et le charisme de la Casey la chanteuse et les riffs impeccables de Serge Teyssot-Gay et de son alter-ego guitariste.
Les morceaux s'enchainent rapidement, et chaque chanson
est un grand moment de bonheur. Je passe donc un très bon moment avec leur rock hiphop militant, mais malheureusement, ils n'ont que très peu de morceaux et le concert semble bien court, mais
je sais que j'aimerai bien les revoir sur scène avec plaisir, et sans doute dans des meilleures conditions que ce soir.
Au loin, j'entends que Cabrel finit son concert triomphant, forcément, et je me dirige doucement vers la deuxième
grande scène pour voir les Ting Tings, avant de reprendre la route.
Les Ting Tings, vus l'an passé à la Route du Rock. Le groupe est un duo: un batteur lanceur de boucles et une
chanteuse «guitariste». L'an passé, le souci des Tings était que occuper une grande scène à deux est une tache souvent insurmontable. Et le manque de richesse sonore, liée au format duo, avec
beaucoup de boucles préenregistré donnaient une impression de playback géant. Et ce soir... Rebelote, le show n'a pas évolué d'un millimètre, les mêmes boucles trop légères, le même playback,
les mêmes tics pénibles (changement de guitare pour faire du playback), et bien sûr la même complicité frelatée avec le public (je crois que prendre en photo ou filmer l'audience ne se fait
plus depuis 2000).
On a évidemment droit aux tubes impeccables sur disque, mais sur la grande scène du festival, tout tombe à plat et on
s'ennuie ferme, on a à peine la patience d'attendre le tube suivant. Pendant ce temps sur la petite scène, l'entreprise de travaux publics ,les tambours du bronx et leur set à base de
chorégraphies, de boucles de trance vintage et de brutalité sur des bidons de fer attirent une foule monstre, un échange de scène avec les éthiques Tings aurait pu être
envisagé.
Il est 23h, fatigué, je décide d'aller reprendre la voiture pour rentrer chez moi. Je sors du site, et là, impossible de me souvenir du chemin emprunté... J'erre quelques instants (une bonne vingtaine de minute tout de même, le temps de me documenter sur les huiles essentielles qui peuvent te foncedé) au milieu des hippies avant de trouver le chemin vers la gare et le graal, la navette pour le parking EST 3. Dans le bus, ambiance bon enfant, avec le fan club de Francis qui pactise avec des festivaliers professionnels (sic), qui expliquent toutes les tactiques pour éviter un contrôle d'alcoolémie, bienvenue dans le Centre-Bretagne... J'écoute attentivement et je prends bonne note de toutes les techniques pour dormir dans le coffre de sa 106, pour rentrer tranquillement dans un festival avec un pack de Kro, et last but not least la technique ancestrale du verre de blanc pour guérir de la gueule de bois. Dans ma voiture, la nuit, sur les routes semi désertes de la Bretagne, je me dis que c'était une première fois plutôt intéressante aux charrues, même si le projet artistique (ou plutôt son absence) et la programmation hasardeuse a de quoi laisser très perplexe.
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Avait lieu hier, organisée par l'
Une certaine obsolescence palpable aussi dans l'usage des machines quand on sait les potentialités sonores d'un simple mac,
sans compter que les effets de sur-ajouts vocaux nous ont parfois donné la pénible impression que F. Andréoud chantait en play-bac... Même si musicalement ce n'est pas tout cela n'est pas
désagréablement, ce live fut vite lassant et nous laisse très dubitatif. On a, en revanche, été fort séduit par le travail de Vjing l'accompagnant... Mais qui n'a pas suffit à nous
convaincre.







