Nous

Chroniques de concerts

Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 17:42

Avec la mode de la folk planante, on voit passer beaucoup d'instruments insolites, obsolètes, bricolés ou hybrides. Dent May lui a choisi de prendre à contre-pied le cliché du rocker virile avec sa veste en cuir et sa grosse Gibson : chanteur et frontman, il met le ukulele au coeur de sa musique. Il renoue ainsi avec les Beach Boys, influence principale du groupe. Avec son look de premier de la classe coincé et binoclard, on ne pourra pas l'accuser d'être une fashion victim.

Le nom du groupe est un peu ingrat, car si Dent May est accompagné par son fidèle ukulele, il l'est surtout par trois gaillards plus que compétents. Non seulement arrivent à jouer de la pop avec une énergie rock et du rythme, ils assurent aussi des choeurs très réussis (encore une fois l'influence Beach Boys). Les compositions sont simples et élégantes, Dent May n'a pas une voix ravissante mais une fois bien échauffé il nous prouvera par quelques envolées qu'il maîtrise très bien son sujet.

Idéale pour une soirée d'été écrasante de chaleur, la pop élégante de Dent May et de son groupe puise dans le répertoire des fifties radiophoniques, boys bands, crooners, chansons d'amour et même quart d'heure américain, avec même un slow bien trop guimauve. Le line-up est minimaliste (ukulele/guitare sèche / basse / batterie ), la musique est nettement enrichie par les choeurs. Toutefois leurs morceaux les plus rock et les plus rythmés restent de loin les plus intéressants sur scène. En tout cas, ça groove bien, et encore une fois les anglo-saxons donnent une bonne leçon de pop à la scène française, nous rappelant qu'on peut faire des morceaux très énergiques et mélodiquement riches avec deux bouts de ficelle et pas mal de boulot d'écriture. Leur public est au rendez-vous, et les deux premiers rangs sont composés de groupies.

Si on apprécie la qualité de leurs compositions, c'est justement la richesse mélodique, la préciosité et cette obsession pour les chansonsettes d'amour qui, pour nous, plombera un peu leur performance. Car s'il joue clairement la carte du romantique, Dent May franchit parfois la ligne du ridicule en voulant en faire trop. Un peu de retenue et de sobriété n'aurait pas nui au résultat final. D'autant qu'en voyant ce sosie de Woody Allen danser avec son ukulele, on se demande s'il croit vraiment à son personnage de crooner enamouré... Dent May et son équipe ont beaucoup de talent, mais ils pourraient apprendre quelques trucs d'un Jack Johnson ou d'un Ben Harper.
Par Peter K. - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 13:26
En voyant arriver sur scène, après un interminable changement de plateau du à une lourde machinerie à installer, on voit mal comment le duo canadien Junior Boys, flanqué pour l'occasion d'un batteur hardeux vêtu d'un t-shirt Iron Maiden va remplir le contrat d'une électro pop romantique et fine ainsi que stipulée sur les annonces du concert. Chemise à carreaux et allure d'acteur de buddy movie pour l'un, look et attitude ultra testostéronée pour l'autre.
On s'attend plus à du gros son lourd et qui tâche. Pourtant, il suffit que Jeremy Greenspam commence à chanter pour que le "l'habit ne fait pas le moine" trouve une illustration parfaite.
Aussi ouaté que dansant, fondamentalement ancré dans des racines très 80's, marqué par des arrangements soignés et une certaine fluidité, le son des Junior Boys fait dans la dentelle et tisse des morceaux en demi teinte, positivo mélancoliques, prompts à nous bercer dans la torpeur estivale.
Un cocon en effet que ces morceaux constituent.
Accueillants et familiers, quoique sans grande originalité, on se plaît un moment à se laisser porter par des morceaux au groove ralenti, sans à coup, enveloppants, assez typiques d'une white (wasp?) disco FM, travaillée et propre sur elle.
Lisse, quoiqu'osant une certaine forme de lyrisme dans des envolées de falseto alternant avec des instants de suavité, le chant a quelque chose de précieux, classieux mais ne parvient pas à susciter l'émotion.
On admire la cohérence de l'ensemble, le soin porté au détail, la minutie des compositions, la joliesse du tout. Mais au bout de quelques morceaux, le coup du revival 80's un rien guimauve (on en vient à tisser des comparaisons avec Jimmy Sommerville, c'est dire) lasse et ce ne sont pas les quelques blagues prononcées entre les chansons qui donnent du pep's à l'ensemble. On voudrait que ça décolle, on voudrait moins de superficialité et davantage de ressenti... Malgré quelques nappes électroniques plus puissantes, on reste au niveau de la mer (oui, voilà, les pieds dans le sable, plage pour habitants de marina tropézienne sirotant cocktails au curaçao)
A trop flirter avec le kitsch romantique, Junior Boys l'étreint, l'embrasse (et se roule dans le sable avec lui). Ca a beau être bien joli, presque élégiaque, cette sucrerie synth pop finit par écoeurer plutôt que d'accroître notre gourmandise. On n'attendra pas les rappels. Pour citer Desproges,  "il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche: quand on en abuse, ça fait mal au coeur. ".
Au jeu de la bluette électronique, on vous recommande bien plus l'autrement plus talentueux et investi, James Yuil.
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 10:55
Au plus profond de mon subconscient, un chat énorme avec des phares vissés sur la queue s'apprête a dévorer mon élevage de chevaux nains, je me réveille en sursaut, hélas un peu tard pour sauver mes amis équins. C'est l'heure du petit déjeuner de festivalier, riche en sucres lents et en sucres. Aujourd'hui grosse journée avec concerts non-stop de 16h à 4h, avec deux sites, le palais du grand large et le fort de St Père.

Sur la scène marque-de-téléphone, un groupe de folk ambiance la foule du dimanche à St-Malo, on croise la grande cantatrice Radite (artiste parisianorennaise) devant la scène qui nous explique qu'elle est encore très perplexe après avoir vu My Bloody Valentine en vrai mais que tant qu'il font quelque chose en laquelle ils croient il faut les respecter. Après le micro intermède folk, direction le palais du grand large, qui est le deuxième 'grand' site du festival où ont lieu des concerts et des conférences l'après-midi. La salle est en fait une sorte de grand amphithéâtre, où le public est assis (et il ya des boutons sur les accoudoirs, sans doute pour piloter le vaisseau spatial).

Sur la scène, des machines et des éléments de batterie, le matériel du premier groupe, le duo de Brooklyn, Telepathe (se prononce telepati).
Les deux filles arrivent sur scène, look 80's, et elle commencent leur set, un mélange de drone de shoegazing et d'électro. Elles ont un gros son et elles chantent toutes les deux avec des voix de souris, qui se croisent et se répondent. Elles enchainent très vite les morceaux, sans pause, je suis bien bercé par leurs voix et leurs rythmiques répétitives.
Dans un état second, je vois cependant un étrange petit bonhomme avec une casquette et un sac à dos s'agiter dans les coulisses, on en reparlera tout à l'heure.

Le concert passe assez vite, pour le dernier morceau, n'y tenant plus une des filles demande au public de se lever pour danser un peu, ce que le public fait assez volontiers car leur chanson finale est plus dansante.

Dés la fin du concert, les techniciens s'affairent pour installer le matériel de Gang Gang Dance le dernier groupe. Le petit bonhomme des coulisses est survolté et semble diriger le placement des instruments selon un plan établi, il virevolte autour de la scène essaie de soulever des retours (mais abandonne rapidement en manquant de périr écrasé).

Un émule d'Eric Serra installe sa guitare, qui est branchée sur de gros synthétiseurs en racks, on va avoir droit à de la guitare midi, ô joie. Il y aussi une batterie avec des pads et un mur de synthés pour compléter le tableau. Le groupe entre sur scène, la chanteuse et le batteur font des étirements, tels des coureurs de 400m. Le concert commence par un très longue intro bruitiste, puis le morceau commence, belle surprise, le mélange de rock et d'électro des américains est super efficace, et on tape tous du pied en rythme.
Début du deuxième morceau, le petit bonhomme de tout à l'heure revient sur scène avec son ticheurte sur la tête, le grand Cornholio, il fait le tour de la scène pendant que le groupe joue et semble les bénir tous (il doit être là pour apaiser Poséidon, qui demande des âmes fraîches pour son goûter). Puis visiblement fatigué, il s'assoit à coté de la batterie pour méditer. La musique de Gang Gang Dance est très inspirée par les musiques tribales et primitives, très percusive, on comprend pourquoi la chanteuse et le batteur ont fait des étirements, une sorte de shoegazing tribal, de la bonne musique de hippies quoi. Les morceaux s'enchainent rapidement, toujours très répétitifs et hypnotiques. Après avoir disparu de scène pendant un petit moment, le grand Cornholio, qui est en fait le 'conseiller spirituel' du groupe revient sur scène muni d'un drapeau confectionné au moyen d'un manche de balai et d'un rouleau de sac poubelles et entreprend une chorégraphie inspirée par les ballets chinois pendant toute la fin du concert et pendant le rappel.

On quitte rapidement les lieux pour retourner sur le site principal pour la suite des concerts de la journée. En arrivant sur les lieux, Bill Callahan est déjà en train de jouer, l'ex smog, enchante le public avec sa voix de baryton tristounet, le temps de faire fouiller ma besace, de rentrer sur le site, et de faire un peu de pub pour NFT, le concert s'achève déjà.

Le temps de se préparer et c'est l'arrivée sur la scène d'Andrew Bird, roi de la pop mélodique de l'écurie Fat Possum. Et au niveau pop, on est pas déçu:  c'est riche et luxuriant, si l'album était un peu ennuyeux la prestation live est parfaite. Le groupe est content d'être là et les chansons tubesques s'enchainent. On comprend rapidement que Mr. Bird porte bien son nom de famille, c'est un véritable virtuose du sifflet, Micheline Dax a trouvé son successeur pop! Pour compléter le  tableau, il y a un batteur avec un tête de precheur mormon ou quaker (ou en tout cas l'idée qu'on peut s'en faire), un roadie costaud à moustaches et surtout un Leslie, le fameux haut parleur rotatif. Le concert s'achève et on a passé un très bon moment avec Andrew et sa joyeuse bande de potes, une parfaite préparation pour Dominique A.

Le temps d'une galette saucisse, et c'est au tour de Dominique A, seul sur la grande scène d'affronter le public. Il est seul Dominique, avec sa guitare, ses pédales, ses machines et sa voix profonde. 'Comme un beau diable pailleté sur scène' il enchaine ses chansons impeccables, sa guitare comme seul accompagnement. Le set est impressionnant de maîtrise technique, il jongle avec les effets et les pédales. Une chanson à retenir, Manset, je ne sais sur quel album elle est mais elle m'a bien scotché. Il finit son set, trop trop court par le silence des oiseaux, fabuleuse chanson, une version dansante, mes pieds se dérobent sous moi et je danse avec un air béat au milieu de la foule.

Retour sur terre, le temps de philosopher en buvant un excellent fanta, les fanta de festival sont toujours meilleurs que ceux du travail ou du fastfood.

Déjà Grizzly Bear arrive sur scène, un de mes concerts les plus attendus du festival, leur disques de pop très sophistiquée sont excellents, leur dernière prestation scénique il y a trois ans à la route ne m'avait pas vraiment convaincu, même si leur présence scénique pendant le concert de Franz Ferdinand était bien distrayante. Le concert commence, on sent que c'est bien, on a envie d'adorer, mais on s'ennuie... Je n'arrive pas à me concentrer sur la musique, pourtant ils ont l'air bien sympathiques ces ours là. Mais une nouvelle fois, il vaut mieux écouter leur disques que les voir en concert. Même si ils ont plein d'arrangements bizarres, même si ils racontent des anecdotes de beuveries, même si ils jouent d'une harpe celtico-étrange à clavier. Une petite déception donc, mais au vu de la qualité du week-end, c'est pas insurmontable.

C'est la fin du festival, la foule est plus clairsemée, les mines fatiguées. Au loin sur la scène, on voit les techniciens qui installent le matériel de Simian Mobile Disco, un gros tas de machines, des haut-parleurs et des rampes de lumières, avec néon multicolore et stroboscope intégré. Les Simian Mobile commencent leur set, première constatation, ça tabasse ! Gros gros son, et les stroboscopes aveuglent tout le monde, ça doit être des modèle spéciaux anti émeute... Les deux gars sur scène tournent autour de leur totem de machines avec l'air de s'amuser follement, au moins c'est un live électro pas statique, pas des nerds collés derrière leurs laptops... La fatigue commence à se faire sentir, et les oreilles bourdonnent un peu. On danse encore un petit peu et arrive le moment de dire au revoir au fort du St Père. Retour vers le parking, en échangeant les impressions sur cette édition. En voiture, une nouvelle rencontre avec la maréchaussée, la dernière du weekend, mais cette fois ci ils ont eu l'air plus convaincus par mon 'bonsoir messieurs', du coup pas de tutoiement et un 'c'est bon'. Dans mon lit, je me dis que la route du rock c'est quand même le meilleur festival du monde, et je m'endors en pensant à des maîtres de FengShui vêtus de pagnes en train d'agiter des banderoles à la gloire de Grizzly Bear.
Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 09:42

Après une première journée un peu en deçà de nos espérances, l'équipe joyeuse de Not For Tourist se lève de bon matin, pleine d'espoir pour cette deuxième journée de la route. Après un petit déjeuner frugal, nous allons dans Saint-Malo pour voir ce qui se passe en dehors du fort.


Nous croisons d'abord sur notre chemin, à côté du casino, la scène marque-de-téléphone pour les jeunes musiciens.


Ce sont les franciliens de Hold your horses qui s'y collent, de la pop de popin avec batteuse à mèche intégrée et sourire colgate et chanteur à la voix de Garou (j'ai rien trouvé de mieux comme comparaison). On reste pour deux trois chansons, c'est sympathique mais encore un peu trop maladroit et approximatif pour déclencher les passions (après vérification ce n'était pas leur premier 'gros' concert, on peut mettre tout ça sur le dos du temps breton ou du public malouin réputé très difficile).


On se dirige alors vers la plage du Bon-Secours, où on peut écouter de la musique en se prélassant sur le sable. Sur place, un groupe commence à jouer, c'est The Patriotic Sunday et c'est très très bien. De la belle pop mélodique et riche comme on aime. Un peu à l'étroit sur la bande de sable, je décide d'aller faire la planche au large pour mieux profiter de la musique, la morsure du froid est adoucie par les jolies mélodies et je passe donc un très bon moment dans l'eau.


Retour sur la plage et c'est le moment de partir, direction le fort, après la pause Junkfood syndicale.


Arrivée dans les files d'attente du festival, on entend au loin St Vincent qui termine son concert, ça à l'air pas mal mais nous avions besoin de notre apport en calories pour pouvoir assurer la soirée.

 


 

Les techniciens débarrassent la scène pour faire de la place pour le groupe suivant, Papercuts, un groupe de San Francisco, que je ne connais pas. Le concert commence, de la jolie jolie pop, parfaite pour le coucher de soleil sur le fort de St-Père. Le groupe est composé exclusivement de pandas, le panda 1 chante et joue de la guitare, un autre joue de la basse, et il y a aussi un panda guitare et clavier et un batteur. Je suis vraiment conquis pas les jolies chansons du groupe, ainsi que le public, typiquement le genre de groupe attendu à la Route du Rock. Devant moi, une fille avec la parfaite panoplie de l'indie wannabe (wayfarers ou pour les moins argentées copie, chaussures en toile qui puent, jean slim, et accessoire) brandit son lomo flambant neuf et entreprend de prendre en photo des cailloux poussiéreux et le jean de sa copine (qui a un trou a un endroit stratégique) en gloussant et en singeant Chloé Sévigny (elle, je ne sais pas si elle a fait du bien à la mode indie pop ou si elle est le plus grand fléau que la Terre ait porté, coupable d'avoir -mal- inspiré des hordes de wannabes). Lassé de voir toutes ces artistes en herbe, je décide d'aller boire une bonne bière au bar VIP; ça tombe bien c'est open bar Jack Daniels, qui nous rappelle cependant que boire c'est pas bien, ou plutôt que boire trop c'est mal.

Assis sous le soleil qui disparaît, je me prépare à voir les formidables écossais de Camera Obscura. Ils arrivent sur scène visiblement très contents d'être là et le concert commence. De la belle pop lumineuse et joyeuse, sur scène une chanteuse guitariste, une autre au clavier, un duo de basse et guitare au top, très appliqués. Un batteur jovial et un percussionniste très chic complètent la joyeuse bande de Glasgow. Je passe un très bon moment avec Camera Obscura, c'est vrai que c'est un peu sucré et un peu tarte par moment, mais parfois l'overdose de sucre est bien agréable. Le concert se finit un peu trop tôt à mon goût et je me promet d'essayer de les revoir en tête d'affiche.

 


 

Le public s'agite, The Kills arrivent sur la scène. Sur scène le duo reptilien commence très fort, du bon rock a guitare. Ils ne sont que deux, et on a l'impression d'avoir affaire à un groupe complet, rien à voir avec le son creux des Ting Tings; là on a un gros son, une présence scénique incroyable. Le duo fonctionne très bien, ils se répondent, s'observent, se jaugent, on a l'impression de voir deux fauves dans une cage. Je passe un très bon moment en leur compagnie, même si au bout d'un moment, on peut se lasser, car la structure des morceaux, dictée par la boîte à rythmes peut être un peu répétitive à la longue. Le concert passe relativement vite, et pour leur dernière chanson, ils annoncent une reprise. Au grand jeu de la cover, le gagnant de ce soir est: Screamin' Jay Hawkins, avec I put a spell on you. Un super choix, et le groupe s'en sort brillament, le show est bien rodé, déplacements millimétrés, regards de braise et danses lascives ; pour résumer, c'est parfait. On est assez soulagés que leur choix ne se soit pas porté sur un vieux classique ringard, genre You rascal you ou autre. Ils quittent déjà la scène devant un public presque chauffé à blanc par leur prestation.


Une petite pause, et on se retrouve dans les premiers rangs pour un des concerts les plus attendus du week-end, Peaches et son nouveau groupe Sweet Machine, un grand moment de classe et de légèreté en perspective. Arrivée du groupe sur scène au son du générique de l'A-Team (agence tout risques) deux individus masqués comme des catcheurs mexicains et habillés de vêtements pailletés (en fait la guitariste et le clavier du groupe) arrivent sur scène en dansant et en sautant partout, bientôt rejoins par le batteur lui aussi visiblement très en forme. Peaches arrive en dernier sur scène, déguisée en je ne sais pas trop quoi (ou plutôt j'ai pas trop envie de savoir). Et le concert commence sur les chapeaux de roues, un mélange de pop synthétique, de hiphop d'électro clash, pour résumer ça envoie du lourd (sic -mon voisin de concert-). Peaches ondule sur scène et change de vêtements (enfin de « justaucorps ») presque à chaque morceau. Au bout d'un moment elle plonge dans le public, et se met debout sur la foule, et continue à chanter juste (malgré les mains curieuses de son fan club), le set est très efficace et tout le monde dodeline de la tête ou tape des pieds. Les changements de vêtements apportent la petite touche variété internationale à la Britney ou Madonna, mais la miss Peaches tient à son originalité. On peut notamment observer un magnifique justaucorps à poils longs intégrés aux manches, et un autre avec des ailes de chauve souris ou est projeté son visage. A un moment, elle demande au public de shaker ses dicks, le type comateux allongé devant moi dans sa couverture de survie bouge vaguement, sans doute un anglophone... Vers la fin après avoir fait enlever les ticheurtes au public, elle demande si on est pas trop déçus qu'elle n'ait pas fait la 'dirty slut' (personnellement après ce que j'avais vu je ne voyais pas ce qu'elle pouvait faire de plus), et là elle monte sur la batterie, demande le noir complet sur la scène et allume une lumière, et déclare 'this is my pussy trick', une petite veilleuse (enfin plutôt une maglite vu l'intensité de la lumière) posée à un endroit stratégique (sur son pubis pour ceux qui ne sont pas bilingues) qui clignote en suivant le beat de la chanson. Elle quitte la scène peut après, on est assez impressionnés par la présence scénique et le show efficace, le concert est passé très vite.


Il est 2h30 et on commence à fatiguer un peu, et on a un peu peur de la prestation de Four Tet, qui n'est pas exactement le genre d'artiste qui réveille les morts. Il arrive sur scène, le son n'est pas super, il quitte soudain son laptop et va vers la console retour (le 'live' continue sans lui, c'est ce qu'il y a de bien avec les lives electro, on peut juste passer un cd), il parlemente pendant 5 minutes avec les gars, on dirait Marissa Nadler dans un mauvais jour.


 Finalement il revient devant son laptop et nous livre une prestation scénique toute droit venue de la fin des années 90, un mélange d'air machine et de bleeps surannés qui achève de nous épuiser. Si il faut conseiller Kieran Hebden, c'est en disque et seulement en disque, les prestations live sont très dispensables. On s'échappe du fort et on prend la route, me rappelant des conseils des types des vieilles charrues je pars par les routes de campagne pour éviter les barrages, mais maintenant les gendarmes sont retors, on se fait arrêter au milieu de nulle part par des pandores très polis, qui me demandent si j'ai bu, je répond que ma pinte de la soirée est bien lointaine et que je ne bois en principe que de l'eau gazeuse et du sirop de violette ; pas convaincus ils me font souffler dans la boîte. Résultat négatif, finalement les vacances ne vont pas me coûter cher. Dans mon lit, en m'endormant je rêve de chats qui parlent et de filles en bottes avec des phares au bout des seins, demain je mange pas de churros...

 

 

 

Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /2009 09:32


Saint-Malo à la mi-août, son ciel menaçant, ses backpackers à tente dépliables sur les routes et son festival toujours impeccable. La Route du Rock et son légendaire avenir incertain.

Cette année, encore une édition sans nom ronflant, mais une programmation bien alléchante sur le papier, avec des têtes d'affiche comme Dominique A, My Bloody Valentine, The Kills ou Peaches. Et en plus il fait beau.

 


Après une petite halte à la gare de Rennes pour récupérer mes compagnons de fortune, direction le fort de Saint Père à quelques kilomètres de la ville.


Arrivée sur les lieux; les parkings champêtres nous imposent une petite séance de tout-terrain avec la Fiat 500, ça donne un coté un peu aventure. On rencontre sur le parking les indispensables et précieux Fake lovers can't die qui décident de nous accompagner et de nous faire partager leur science de la musique et du bricolage.


Une petite marche pour aller au stand pour retirer les places, ce qui nous permet de nous familiariser (de nous re-familiariser) avec la faune locale, celle qui va écumer le bar VIP, savant mélange de wannabes soucieux de leur mèche et de leurs chaussures pointues (avec le Lomo ou le numérique en sautoir pour la pose arty) et de vieux habitués des festivals au look de pirates.


Après un petit souci de photo, nous voilà en possession des précieux sésames et c'est le moment de se diriger vers le site. Cette année le site est plus grand, et la zone de fouille se trouve bien avant le fort, fouille qui provoque une bonne file d'attente. Sur le coté, une file d'attente réservée aux Converses, craignant une blague, je décide de l'ignorer et de faire la queue avec la foule des gens en chaussures normales (enfin il y a a coté de moi une fille avec des bottes en cuir montantes; je sais bien qu'il faut se faire beau pour aller au festival mais là ça tient du petit fromage sur pattes).


Dans le fort les Crystal Stilts commencent à jouer leur « petit bijou de rock vénéneux, de pop pour poètes urbains » (j'aime les définitions des magazines, serties de perles d'humour involontaire). En tout cas le set des New-yorkais est bien agréable pour commencer le festival, en sirotant une bière, à coté du grand  Christophe Brault qui donne une interview à un confrère chanceux. Je m'aperçois que je n'ai pas amené de crayon, ça va être dur de prendre des notes... Je prends mon bâton de pèlerin et monte à l'espace presse, niché dans une espace de verdure, et armé de mon plus bel air contrit je demande à l'attachée de presse si elle a un crayon auquel elle ne tient pas; bilan un très beau stylo bille à la gloire d'une banque sponsor du festival.


Armé de mon outil, je suis prêt à commencer à travailler, ça tombe bien puisque le deuxième groupe de la soirée commence à jouer, ce sont les américains de Deerhunter, un groupe fuyant l'orthodoxie (sic) et qui joue avec les contrastes (en conférence de presse, le gars parlait de blues suburbain, ça promet).


 Ce soir pas de contraste, on s'ennuie ferme, et c'est un peu plat. Les mimiques du chanteur effrayant n'y font rien, je n'arrive pas à m'intéresser au concert. Tout à coup au milieu du concert, un bon morceau, le public surpris retient son souffle, un moment de grâce ou bien c'est que l'ingénieur du son s'est réveillé et a commencé à toucher les boutons... Ca reste un bon moyen de se mettre doucement dans l'ambiance du festival. Il y a de la reverb dans tous les sens, beaucoup de bruit pour un bien maigre résultat.  


Après une installation rapide, accompagnée par les mix des Magnetic Friends, DJs résidents de la route du rock,c'est au tour des américains de Tortoise, le groupe mythique de postrock de s'installer sur scène.


Le concert commence et je me dis que je vais aller m'asseoir parce que c'est un petit peu musique d'aéroport hypnotique. Le temps de faire un petite passage au stand galette saucisse (première de la soirée), le tout accompagnée d'une bonne bière, je peux m'installer confortablement pour regarder le concert. Sur scène, le groupe fait le boulot, pas exactement le top de la chaleur humaine, je me souviens du printemps de Bourges en 2001 où le guitariste casse une corde, le groupe avait arrêté de jouer, il avait changé sa corde dans un silence de mort et ils avaient recommencé à jouer à l'endroit exact où ils s'étaient arrêtés.


Le concert s'étire un peu en longueur, mais on reste très impressionnés par la maitrise technique parfaite du groupe. Un dernier morceau parfait, alternant des montées et des moments de calme (sans doute une préparation pour le groupe suivant); et le groupe quitte la scène visiblement heureux d'être là puisqu'ils gratifient même le public de quelques mots.


Après le départ des Tortoise, le public bruisse de rumeurs sur le groupe suivant; visiblement si on s'en tient au ouï-dire, My Bloody Valentine aurai demandé qu'un Airbus A380 et la joyeuse bande des Bandidos de Malmö viennent jouer avec eux sur scène, ils auraient aussi insisté pour que le haut parleurs soient tous capable de souffler une bougie à dix mètres et même ils sont responsables de la non-venue des Horrors parce qu'ils leur ont fait trop peur (j'arrête d'écouter avant d'apprendre qu'ils ont provoqué le naufrage de l'Artic sea). On se prépare pour le concert, bouchons d'oreille, snus (drogue légale suédoise à base de tabac mariné et cuit à la vapeur) et on s'avance vers la fosse où notre courageux photographe va aller. Le groupe arrive sur scène et là, on entend plus rien, c'est super fort, dans nos oreilles protégées par les bouchons, on n'entend qu'une bouillie de basses sans aucune nuance, les voix sont couvertes par la cacophonie ambiante.

 

On reconnaît vaguement les morceaux, mais souvent on a l'impression d'une version instrumentale vitaminée, comme l'excellent When you sleep expédié en trois minutes et limite bâclé. Dans les premiers rangs, le volume sonore est insoutenable, on décide de se replier vers le fond du site; même la le concert manque un peu de nuance. Je me dis que je suis content de bien connaître les morceaux... On a l'impression d'assister à une répétition géante, impression encore renforcée par la séance de harsh noise d'au moins dix minutes à la fin du concert, une soupe de bruit blanc à un volume inouï qui ferait passer Merzbow ou Sunn o))) pour des esthètes de la nuance et de la mélodie (je crois que je préfère ces deux artistes furieux à MBV). Il semble que Kevin Shield après 50 ans ne joue plus une musique définie, il rejoue son oeuvre fondatrice, en la dégradant toujours un peu plus; on peut se demander ce que pourra bien jouer My Bloody Valentine en 2015 au vu la prestation de ce soir, il y a de grandes chances que les concerts ne se résument qu'à des introductions de trois notes avant les bruits de moteurs. Le plaisir qu'on avait à écouter le groupe résidait sur leur capacité à alterner les moments de grâce, ces mélodies célestes entêtantes et les moments de fureur; maintenant la grâce mise de côté il ne reste que la fureur, une fureur hélas entendue mille fois et déjà usée.  


Le temps de se remettre des irlandais soniques. Les A place to bury strangers arrivent, ils sont américains et un d'entre eux est chef d'entreprise, il fabrique des pédales à bruit; c'est pas encore qu'on va entendre des mélodies célestes. Je me prépare donc à « une expérience sensorielle totale© ».


 Le concert commence bien, un bon point, on entend les voix et il y a même des mélodies. C'est du bon rock à guitares, une bonne surprise, gros son, bonnes chansons. Je me dis que le son est quand même très fort cette année, l'effet My Bloody Valentine? Je me promets de regarder un jour la réglementation concernant les nuisances sonores pour les musiques amplifiées. Sur scène, les A place déroulent leur set, on commence à s'ennuyer un peu. Et là, tout à coup, le guitariste commence a fracasser sa guitare par terre et à triturer les boutons de ses pédales à effets, je suis estomaqué par tant d'audace et par cette capacité hallucinante de création du groupe; le coup de la guitare cassée pour meubler un set c'est toujours efficace. La fin du concert est dispensable, tissu de lieux communs et de déjà vu...

Il est 1h45, et je me sens un peu fatigué, les Horrors ayant annulé, je décide après concertation avec mon équipe de faire l'impasse du concert de Snowflakes (je ne sais plus le nom), pour être plus en forme demain. Dans la voiture qui nous ramène à la maison, les oreilles bourdonnantes nous n'osons parler, un peu déçus de notre première soirée de la route 2009. Pour résumer l'impression générale, beaucoup de bruit pour rien (et vivement demain)
Par Stéphane Gueguen - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /2009 17:43
Naïve New Beaters, Chinese Man, Beat Torrent... Le programme de cette soirée de clôture du festival FNAC indétendances donnait le ton d'une certaine gaudriole hype: "bouge ton corps, fais comme si tu étais sur une plage d'Ibiza à cinq heures du mat', have fun baby! "

Nous, le groupe que l'on attendait, c'était le duo belge Soldout placé en ouverture.
Arrivée pour vingt heures pile (on salue au passage les organisateurs et roadies du festival, hypercompétents et ponctuels), le concert vient de commencer...

Un son à la fois froid et glamour, sensuel, électrique et sombre, aussi mature que fougueux nous capte les oreilles: Soldout entame son premier morceaux.
On imagine déjà ceux qui sont venus pour le trio coloré et rigolotement hype NNB tromper leur désespoir dans le whisky coca... On les voit d'ailleurs se regrouper à la scout en attendant que l'orage qui envahit la scène s'apaise...
Le noir est mis et ceux qui réclament de la couleur festive sont déçus...Tant pis pour eux, cette légère maladresse de casting nous fait bien plaisir.

Nous, on est déjà happé, et attiré comme mouches jusqu'au devant de la scène par un son magnétique et enivrant.
Si le duo use des outils électro, synthés, pad & co, c'est pourtant pour produire des morceaux qui bien que marqués par de longues plages synthétiques et des beats toniques, s'ancrent davantage dans une famille rock, lipstick trace, slim noir et t-shirt lacéré, celle de The Kills, par exemple.
Négociation voire combat constant entre aspirations danceflooresques et agressivité punkisante, Soldout peut dérouter par un son qui travaillé et sophistiqué ne se révèle pas moins aride, sec et tranchant.
Des chansons comme des couloirs méandreux et obscurs dans lesquels on court et contre les murs desquels on se cogne et s'explose la tête, parfois illuminés par des refrains accrocheurs et des mélodies catchy.
La violence et l'excitation exaltées sont contrebalancées par le chant assez "propre sur lui", presque trop gentil, de Charlotte. Elle ose le cri, la provoc mais demeure assez sage et contenue. On ne sait pas trop si c'est un défaut ou une qualité. On voudrait sa voix parfois plus sauvage et plus dégoulinante. Mais quand elle hurle "I Don't want to have sex with you" (tiré de leur premier album), on devine qu'elle fait preuve d'un sacré tact pour négocier avec l'art de la provoc' et que ces manières n'ont rien de prévenantes ou douces, et qu'elle est bien habitée par une urgence, une fureur.
David se déchaîne derrière ses machines. Fiévreux et emporté, il ne nous laisse pas une seconde de répit même quand le chant se calme. Les rythmiques produites, dark, complexes, sagaces, sinueuses, touchent autant le corps que l'esprit. On tilte un peu quand il s'attarde sur des sonorités clappements par trop 80s ou sur des casiosounds vains. Cela ne gâche pourtant pas la classe, la force et la profondeur qui émane de l'ensemble...
Ainsi, si la férocité semble parfois un rien trop freinée, si l'on voudrait que cela explose davantage, Soldout ne fait pas dans la dentelle, tranche, lacère et vitupère, nous injecte une forte dose d'adreline (un rien cocaïnée). Quand on aime que la musique nous fasse violence, il est bien difficile de ne pas se laisser convaincre...

photos
gregory derkenne
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 16:31
Une heure du matin, retour après le traditionnel verre d’après concert. Direction l’ordi pour jeter ce qui sera l’ossature de cette chronique, celle du concert d’Oneida à Glaz’art.
Des frissons me parcourent encore l’échine, la fièvre est toujours là, les battements de mon coeur se sont à peine calmés... C’est que le combo new yorkais a cette faculté rare d’instaurer de manière quasi immédiate un effet de transe qui perdure bien après un concert puissant, ravageur et hypnotique qui sait mettre en suspend les facultés analytiques du cerveau pour happer directement les aires du sensible et de l’imagination. Un concert auquel on assiste les yeux tantôt écarquillés, tantôt mis clos, le corps enfiévré,  traversé de spasmes épileptiques incontrôlables.
Oneida, c’est un peu la preuve que ce n’est pas tant dans l’analyse que dans le ressenti que l’on décrit au mieux un concert, que l’effet global produit sur le corps et l’esprit importe souvent davantage que le décorticage systématique du son.
Mais nous ne sommes pas là pour rendre uniquement compte de nos affects et la musique, complexe et singulière, d’Oneida mérite qu’on s’y attarde - au delà de ses pouvoirs psychotropes...
Et là, ça tient de l’exercice de chimie tant le résultat est dense mais ô combien passionnant.
Si des affiliations aux Liars, à Animal Collective, à Health voire à Grizzli Bear pour la fusion oxymorique du primal et du raffinement, du bruitisme et du cisélé sont possibles, Oneida tire un son bien à lui hybridant avec un malin plaisir krautrock, noise, indie rock, post rock, indus, spoken word, world, beats électro et free jazz.
Expérimentale, souvent violente et sauvage, mais pourtant souriante et délaissant toute posture arty, la musique d’Oneida explore, invente, réinvente, contorsionne, trouble et impressionne. Aussi jouissive qu’oppressante, elle est menée avec un brio et une énergie instrumentales remarquables et dans un vrai travail de composition même dans les morceaux les plus bestiaux.
La batterie, les claviers et les synthés assurent un rôle majeur, laissant aux guitares et aux voix une fonction d’accompagnement secondaire. En effet, la force de frappe du groupe tient pour beaucoup à ses rythmiques qui tabassent sans pour autant jamais céder à la facilité, organiques et chamaniques et à ses claviers fulgurants, hypnotiques et schizophrènes.
Le chant, qui passe d’un musicien à l’autre,  est souvent cri, hurlement dément et incantatoire et quoiqu’en arrière fond, il contribue au sentiment d’aliénation organisée qui domine.
Organisée, parce que sous l’apparence d’un malstrom sonique, Oneida réussit, en plein oeil du cyclone, à trouver des motifs mélodiques bruts mais non moins accrocheurs sans pour autant tomber dans le moindre conventionnalisme.
Le résultat est fou, foudroyant et prend aux tripes.
Le public ne s’y trompe pas, il danse, d’un danse ravagée et hallucinée, complètement acquis à la cause du groupe qui se déchaîne, emporté autant qu’inspiré, sur scène.
Un grand moment de free rock un rien psychédélique, et c’est formidable
Par laure dasinieres - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 15:13

Découvrir Alexander Tucker sur scène est au départ déroutant.
Discret, presque renfermé, assis seul sur sa chaise au milieu de la scène, on le dirait seul dans sa chambre avec son quatre-pistes et son chat.
Mais devant l'incroyable énergie de sa musique, on se rend compte qu'il est simplement très concentré. Car à lui tout seul ce curieux musicien aux airs de hippie barbu déclenche des phénomènes sonores d'une dimension impressionante.

Ses armes favorites sont l'attirail de la plupart des artistes folk moderne : guitare acoustique, pédale de loops permettant de se sampler et d'empiler les boucles d'instruments et de chant. Ajoutez quelques effets bien connus de l'histoire du rock, distorsions, réverbs et filtres, et on reste en terrain connu.
Mais Alexandre Tucker, ce n'est vraiment pas juste un autre artiste folk qui fait des ballades minimalistes un peu tristes en prenant des poses.

Car avec ces outils à priori banals, Mister Tucker fait purement et simplement de la magie.
Ses mélodies faussement naïves se retrouvent doublées de nappes profondes, avec tellement de feedback que la salle (et nous avec!) tremble.
Sur cette fondation, il jette quelques arches aeriennes, des choeurs étranges, tellement harmonisées et filtrées qu'on ne sait plus d'où elles viennent, voix d'anges fous ou d'enfants de cauchemar.

Quand le volume est tellement fort et que la moitié de la salle se bouche les oreilles, soudain le calme...et une petite mélodie simplissime, sereine, pour quelques minutes de ballade presque Bluegrass.
Mais quand il sort son archet et une sorte de banjo électrique, on sait qu'il mijote encore une recette diabolique. Plié en deux sur sa chaise pour atteindre les boutons de ses pédales, il les manie avec brio et transforme avec une grande précision ses compositions les plus simples en moments de déchainement tellurique.

On se disait que sa manière de composer ses mélodies évoquait tout le spectre de la folk music américaine, on y sent la Bluegrass et la Country. La force de Alexander Tucker est de savoir allier ses racines folk avec une énergie moderne et unique.

 Mais ancore une fois, il est riche en références. Car sa démarche, sa manière d'utilise les effets, en particulier d’user des réverbérations, échos et boucles de feedback ne nous est pas inconnue.

Elle prend ses racines aux sources du mouvement hippie. En effet, le collectif The Merry Pranksters, pères fondateurs du mouvement psychédélique, menés par Ken Kesey, sont les inventeurs de ces effets sonores. Il les inventèrent en bricolant des magnétos à bande et inventèrent le son rock psyché. Ils fabriquaient à la main d'improbables installations en reliant en boucles de nombreux lecteurs de bandes, microphones et hauts-parleurs dont les boucles sonores s'amplifiaient et se distordaient à l'infini (certes ile ne buvaient pas que de l'eau). Parmi eux se trouvaient les musiciens qui allaient devenir les Grateful Dead. (cette histoire est brillament racontée par Tom Wolfe dans son célèbre  "The Electric Cool Aid Acid Test")

C'est cette même énergie créative débridée que nous offre Alexander Tucker, mais avec une maîtrise elle toute moderne. Le résultat est une expérience sonore d'une grande beauté.
Par Peter K. - Publié dans : Chroniques de concerts - Communauté : webzine musical
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Recherche

Calendrier

Juillet 2010
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus